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Projection d’ombres pour le centenaire de Polytechnique

Posté par Patrice Guerin le 21 août 2014

Polytechnique 01  Dans la cour de l’Ecole, l’élève GLASSER, major de la deuxième division, souhaite la bienvenue à monsieur CARNOT, Président de la République.

« L’Ecole Polytechnique, et, avec elle, Paris et la France, vient de célébrer brillamment durant trois jours le centième anniversaire de sa fondation. » Sur l’initiative de Lazare CARNOT (1753-1823), la création de l’Ecole fut demandée à la Convention le 21 ventôse de l’an II. En ouverture de cette commémoration, une cérémonie s’est déroulée dans la cour de l’Ecole, au cours de laquelle le Président de la République Sadi CARNOT (1837-1894), petit fils du fondateur de l’Ecole et ancien élève lui-même, recevait ses camarades venus lui offrir le livre d’or de l’Ecole « C’est une chance pour les pipos, car cela a augmenté l’éclat des fêtes qui sont données ». Quelques semaines plus tard il sera assassiné alors qu’il sortait d’un banquet organisé à la Chambre de commerce à l’occasion de l’Exposition Universelle.

Polytechnique 02  Le grand amphithéâtre de physique

Après les cérémonies officielles du jeudi 17 mai 1894, la seconde journée fut plus intime et conviviale. « Dans le grand amphithéâtre de physique, neuf cents antiques sont entassés pour assister aux Ombres, spectacle traditionnel donné chaque année à l’Ecole avant l’examen de février. En attendant la séance, ils font un assourdissant tapage en chantant les vieux refrains. A deux heures et demie, le général ANDRE accompagnant LECOQ-PACHA, un antique en grand uniforme de général de division de l’armée turque, fait sont entrée et la séance commence. Après un compliment de bienvenue dit en fort jolis vers par un conscrit, monsieur PAQUET, qui suivra peut-être la route tracée par Armand SILVESTRE, les pitaines puis les professeurs défilent sur la toile en débitant un petit boniment ou en chantant quelque couplet dans lequel ils se blaguent eux-mêmes. A six heures tout est fini et les élèves actuels sont remerciés de leurs concours qu’ils n’avaient pas ménagé ; tout ayant, dans cette journée, été combiné, agencé, dessiné, projeté, récité, joué ou chanté par eux.  »

Voir : Le spectacle des Ombres à l’Ecole POLYTECHNIQUE

Polytechnique 03  Polytechnique 04  Polytechnique 05  Polytechnique 06  Programme du Centenaire – Collection Archives de Polytechnique

Pour la troisième journée, plus de six mille personnes sont invitées au gala du Trocadéro. « Lumière, fleurs, musique, poésie, spectacle, toilettes et uniformes, bal et cotillon, tout cela était si varié, si achevé, si parfait, que, de neuf heures du soir à cinq heures du matin, on eût vécu comme dans un rêve, si d’assez violents courants d’air n’avaient rappelé trop fréquemment les spectateurs à une cruelle réalité. »

A l’entrée de la galerie circulaire, chaque dame reçoit un programme dessiné en couleur par la femme d’un antique, madame de TAVERNIER, qui a été très heureusement inspirée. « Au-dessus des vieux bâtiments de l’Ecole, une Gloire ailée, unissant dans sa main droite le drapeau de la France et celui de l’Ecole sur lequel on lit “Pour la Patrie, les sciences, la gloire”. Au premier plan, un polytechnicien dans son costume de 1794, bien amusant ma foi, serre la main à un élève de 1894. Près d’eux, la célèbre poule aux œufs d’or. Dans le lointain, le Trocadéro aux fenêtres lumineuses. Au verso, le plan du palais ; l’indication des quatre vestiaires, de la salle à manger où on soupera, de la petite salle de bal où on ne s’amusera pas moins que dans la grande, des quatre buffets, etc. »

Polytechnique 07  Le bal qui suivra la projection

« Comment décrire la grande salle, celle où va avoir lieu le spectacle, en attendant le bal ? Du plafond pendent, au milieu des lustres et des candélabres, treize couronnes de fleurs. Des guirlandes multicolores ornent les galeries. » Les milliers de spectateurs, parmi lesquels de nombreuses très jolies femmes, sont prêts à applaudir chaque tableau de l’Epopée.

Après l’ouverture de “Callirhoé”, on passe à l’exécution d’une cantate spécialement écrite par Armand SILVESTRE, le délicieux poète dont l’Ecole s’honore. « Puis soudain la salle s’obscurcit. Un immense cadre, ayant sept mètres de long sur sept mètres de large, est seul éclairé. Des compositions de messieurs CLARIS, GUERRIER, HELBRONNER, etc. mises sur verre et agencées par monsieur CARPENTIER, l’ingénieur modeste et si fécond dont le renom est universel, vont retracer une partie de l’histoire de l’Ecole, si longue qu’il a fallu l’abréger. La projection est faite avec une grosse lanterne électrique installée sur le baldaquin recouvrant la tribune officielle, qui est savamment manipulée par monsieur MOLTENI. Les dessins de monsieur Louis BOMBLED (1862-1927) sont surtout applaudis. » L’artiste et illustrateur a représenté au trait ou en couleur, parfois avec des transformations, de nombreux tableaux dont voici quelques exemples.

Polytechnique 11  Polytechnique 12  Polytechnique 18  La revue de l’Ecole

Polytechnique 14  BONAPARTE à Toulon

Polytechnique 15  LA MORICIERE à Constantine

Polytechnique 16  Le passage du Danube

Polytechnique 17  CARNOT à Wattignies

Polytechnique 20  L’émouvante retraite de Russie que la neige peu à peu recouvre de ses flocons

Polytechnique 19  CAVAIGNAC en Algérie

Sans oublier PONCELET refaisant la géométrie, BECQUEREL, ALPHAND et BELGRAND les artisans de la beauté et de la commodité de Paris, COURBET en Extrême-Orient, le colonel BONNIER au Soudan, Tombouctou, etc. La plupart des dessins sont articulés et la manœuvre se fait si simplement qu’on se croirait parfois au théâtre. « A maintes reprises, c’est le Président de la République qui donne le signal des applaudissements, madame CARNOT à sa gauche. Il est placé au milieu de ses ministres et de leurs familles, dans une immense loge surmontée d’un dais. »

Sources : Le Figaro du dimanche 20 mai 1894, L’Univers illustré du 20 mai 1894 et Le Petit Journal du 28 mai 1894.

Voir : Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi

 

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Un banc d’optique ancien fabriqué par la Maison MASSIOT

Posté par Patrice Guerin le 13 août 2014

Banc 19  Banc 02  GALILEE et NEWTON

Les premiers instruments optiques apparaissent aux XVIIe siècle pour étudier l’astronomie. En 1609, GALILEE (1564-1642) utilise une lunette grossissante pour observer les astres et en 1671 Isaac NEWTON (1643-1727) se sert d’un télescope particulier composé de deux miroirs. Cependant l’étude de l’optique a commencé dès l’Antiquité. Les notions de rayons lumineux ainsi que les lois de la réflexion sont déjà connues d’EUCLIDE et de PTOLEMEE. Mais il faut attendre plusieurs siècles et le mathématicien et physicien arabe ALHAZEN (965-1039) pour que les lois de la réfraction soient énoncées.

Voir : La lanterne magique dans les cabinets de physique

Banc 03  Planche de physique provenant de l’encyclopédie F. A. Brockhaus à Leipzig – Début XIXe

Au XIXe siècle, plusieurs opticiens fabriquent des appareils d’optique destinés à observer l’infiniment grand (télescope) ou l’infiniment petit (microscope). A partir de 1850, la Maison DUBOSCQ développe des appareils et accessoires destinés à composer des ensembles optiques pour étudier les principaux phénomènes d’optique.

Voir : Introduction aux projections scientifiques

Banc 04  Eléments optiques DUBOSCQ

« Tous mes efforts, depuis quelques années, ont eu pour but la construction d’instruments que je pourrais appeler populaires, car ils sont destinés à produire les expériences sur une grande échelle et devant un nombreux auditoire. Toute cette partie de l’optique expérimentale était à créer, car, depuis l’abbé NOLLET, SIGAUD DE LA FOND et CHARLES, les physiciens avaient abandonné la voie des expériences amusantes, comme étant contraire à la dignité de la science et au but que l’on se propose en l’expliquant aux élèves. » Avant-propos de Jules DUBOSCQ, dans son catalogue  “Appareils d’optique” publié en 1870.

Voir : La maison d’instruments d’Optique et de Précision SOLEIL – DUBOSCQ – PELLIN

Banc 05  Banc 06

Un banc d’optique est un instrument scientifique principalement composé d’une source lumineuse et d’un rail suffisamment long pour y placer divers accessoires d’optique. Ceux-ci doivent être parfaitement alignés et peuvent être déplacés ou pivotés afin d’observer et de vérifier de nombreuses expériences. Ces accessoires peuvent être complétés par d’autres éléments plus mobiles placés sur des supports indépendants.

Banc 07  Banc optique construit dans les années 1930 par la Maison MASSIOT, successeur de RADIGUET & MASSIOT et de MOLTENI

Voir : RADIGUET & MASSIOT successeur de MOLTENI

Banc 08   Banc 09 Lanterne MASSIOT – Années 1930

La lanterne de projection est montée sur une colonne à hauteur variable, fixée sur un socle en bois adapté pour recevoir le rail du banc d’optique. Elle possède un condensateur amovible de 110mm et peut recevoir divers éclairages tels qu’un arc électrique de 15 à 20 ampères ou une ampoule à incandescence de 20 volts, 20 ampères. Pour évacuer la chaleur, la lanterne est surmontée d’une cheminée rectangulaire caractéristique des modèles RADIGUET & MASSIOT. On la trouve aussi avec une cheminée ronde typique des modèles MOLTENI. A l’avant, cette lanterne peut être équipée d’un système optique de projection avec emplacement pour passe-vues et objectif à crémaillère.

Banc 10

Le rail métallique, en forme de U d’une longueur de 150cm, est supporté par quatre pieds à vis réglables. Il est équipé sur le côté d’une règle graduée permettant de positionner parfaitement les divers accessoires d’optique nécessaires aux expériences à effectuer. Celui-ci est équipé de cinq accessoires signés “LEMARDELEY PARIS”, montés sur patins et colonnes standards. Pour la présentation, l’ensemble est installé sur le rail, mais pour les expériences, seule une combinaison de deux ou trois accessoires suffit.

Banc 11  Diaphragme à fente, réglable par vis micrométrique, et diaphragme à trous de divers diamètres dans un disque tournant.

Banc 12  Lentille plan concave de 68mm montée sur disque pivotant.

Banc 13  Miroir convexe et miroir plan, tous deux de 92mm, montés sur disques pivotants.

Banc 14  Banc d’optique LEMOINE

« Cet appareil, très complet, bien que d’un prix raisonnable, est constitué de très nombreux éléments tous interchangeables. Pour les budgets qui ne permettraient pas une acquisition totale en une seule commande, il est possible de procéder par étapes. C’est pour cela que nous avons constitué plusieurs combinaisons complémentaires. » Les organes essentiels permettant la réalisation d’expériences d’optique géométrique sont : un rail muni d’une règle graduée ; de six patins ; de deux porte lentilles avec huit lentilles de différents foyers ; d’un porte miroir avec trois miroirs (plan, concave, convexe) ; de deux diaphragmes, l’un à fente, l’autre à trous ; de trois tiges, d’un porte lampe à douille et de quatre vues (flèche, réticule, quadrillage, divisions). A ces éléments de base il est possible d’ajouter des accessoires pour la photométrie et l’autocollimation, des accessoires pour la polarisation et l’analyse spectrale, des accessoires pour l’interférence et la diffraction, ainsi qu’un dispositif d’éclairage plus puissant avec lanterne sur colonne et source lumineuse à arc ou à incandescence.

Banc 15  Banc 16  Banc 17

Souvent utilisés dans l’enseignement, il est nécessaire de pouvoir disposer d’une variété de supports permettant le montage de diaphragmes, lentilles, miroirs, prismes, etc.  « Afin de réduire les dépenses, la maison MASSIOT s’est efforcée d’en limiter le nombre en unifiant le diamètre des tiges (10mm et 18mm) qui viennent se fixer soit sur un trépied soit sur un patin de banc. »

Voir : Les prismes et l’étude de la lumière

Banc 18 Petit banc RADIGUET & MASSIOT – 1907

En complément de ces bancs d’optique, assez encombrants et onéreux, plusieurs fabricants de lanternes de projection développent, dès la fin du XIXe siècle, des lanternes à l’avant desquelles il est possible de placer divers accessoires permettant d’effectuer certaines expériences. En 1907, RADIGUET & MASSIOT commercialisent une petite lanterne peu onéreuse parfaitement adaptée à la pratiques d’expériences scientifiques telles qu’elles sont décrites dans un livre intitulé “Les Projections Scientifiques et Amusantes”.

Voir : Lorsque l’enseignement des Sciences devient spectacle, par MASSIOT

 

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Le laryngoscope CADIER fabriqué par la Maison MOLTENI

Posté par Patrice Guerin le 23 juillet 2014

Laryngo 01

Le 26 février 1878 le docteur CADIER présente à l’Académie de Médecine un nouveau modèle de laryngoscope, destiné à obtenir un éclairage concentré pour les examens de la gorge.

Laryngo 02

Cet appareil est décrit dans le “Cours de laryngoscopie et de laryngologie” du docteur CADIER, édité en 1879, et dans le “Manuel pratique de Laryngoscopie” du docteur G. POYET, édité en 1883. Il est présenté à la même époque à la fin d’un ouvrage de la Maison MOLTENI qui en est le constructeur.

Laryngo 03  Laryngoscope en cuivre bronzé avec cône garni peau – Collection association des amis du patrimoine médical de Marseille

Ce laryngoscope se compose d’un miroir réfléchissant concave réglable, à l’arrière duquel se trouve un contrepoids pour équilibrer l’appareil.  A l’avant, un objectif conique en cuivre, équipé de deux lentilles, l’une plan convexe du côté de l’éclairage, l’autre biconvexe à l’avant du tube, permet de faire converger les rayons lumineux vers l’endroit à examiner. Un manchon muni de deux tourillons avec pas de vis pour adapter la hauteur permet de placer l’appareil sur n’importe quelle lampe à huile ou à essence minérale courante. Sa simplicité en fait un appareil très mobile et peu onéreux « Il n’est pas plus dispendieux que la plupart des laryngoscopes en usage et permettra ainsi la vulgarisation des études laryngoscopiques. Il pourra également servir à l’éclairage pendant l’examen d’autres cavités telles que le nez ; les oreilles ou le vagin, d’où le nom de “Polyendoscope” qui pourrait aussi lui être donné. »

Laryngo 04

A la même époque, la Maison MOLTENI fabrique un laryngoscope plus puissant, équipé d’un éclairage oxhydrique. Il s’agit d’un appareil totalement autonome constitué d’une boîte à lumière surmontée de la classique cheminée ronde, à l’avant de laquelle se trouve un objectif à long foyer équipé d’une cuve à eau pour absorber la chaleur de l’éclairage. Charles FAUVEL indique dans son “Traité pratique des maladies du larynx” édité en 1876, que « comme éclairage il se sert tantôt d’une simple lampe à huile, tantôt, à sa clinique toujours si obligeamment ouvertes aux confrères, de la lumière oxhydrique avec l’appareil Drummond dans un appareil fort ingénieux qu’il a fait construire par MOLTENI et qui, muni d’un tube d’une longueur de deux mètres, permet à un grand nombre d’assistants de se placer les uns derrière les autres et de voir en même temps ».

Fort semblable aux lanternes de projection de l’époque, cet appareil ne dispose pas d’emplacement pour introduire des vues.

Laryngo 05  Source Gallica

En novembre 1899, E. LOMBARD, assistant de laryngologie à Lariboisière, présente dans la “Revue internationale d’Electrothérapie” une “lampe électrique à arc pour la laryngoscopie” fabriquée par A. MOLTENI. « L’appareil se compose d’une lampe de projection adaptée pour recevoir une lampe à arc à réglage automatique. Cette lampe est fixée sur un socle et montée sur des colonnes en cuivre. Elle est munie sur une de ses faces d’un condensateur. La distance des deux foyers, conjugués à la lentille est de 18 centimètres. Pour obtenir le déplacement du faisceau lumineux dans toutes les directions, on reçoit les rayons sur un miroir plan incliné à 45°, qui les réfléchit perpendiculairement à leur direction première. Ainsi la lumière peut passer par dessus l’épaule de l’opérateur, qui tourne le dos au miroir. Celui-ci est mobile dans sa monture autour d’un axe horizontal, la monture elle-même pouvant se déplacer dans le sens vertical. Ces deux mouvements sont commandés par une vis de rappel placée à l’extrémité du levier, qui entraine la monture autour de l’axe vertical. Le miroir étant situé à 4 mètres du malade, un faible déplacement de la vis détermine une extension assez considérable du faisceau lumineux. On fait varier l’intensité lumineuse et les dimensions du champ à l’aide de diaphragmes. »

 

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L’APHENGESCOPE ou le Mégascope pour corps opaques

Posté par Patrice Guerin le 4 juin 2014

Traditionnellement la lanterne de projection est destinée à projeter des vues transparentes, sur verre ou sur pellicule souple. Cependant, au XIXe siècle, les vues opaques sur papier telles que gravures de journaux ou de livres, chromolitographies, cartes de visite et tirages photographies étaient beaucoup plus répandues que les vues transparentes. Il était donc très intéressant de pouvoir projeter directement ces documents sans avoir à les transférer sur un support transparent.

Voir : Carte de visite photographique

Aphengescope 01   Aphengescope 02

En 1880/90, voici ce qu’en dit Alfred MOLTENI (voir PORTRAITS) dans son ouvrage  intitulé “Instructions Pratiques sur l’emploi des Appareils de Projection” : « Pour la projection des cartes de visite photographiques (très en vogue dans les années 1860), il n’est pas nécessaire d’avoir un appareil spécial. On se sert fort bien d’un petit mégascope connu dans le commerce sous le nom de “APHENGOSCOPE” (en anglais APHENGESCOPE). Il se compose d’une boîte en acajou de 10 cm de côté qui s’installe sur le devant de la première lanterne venue dont on a ôté l’objectif. La lumière est concentrée sur la photographie par le condensateur, et l’objectif placé à 45° en projette l’image sur l’écran. » Cependant les documents aux tons sombres réfléchissent trop peu de lumière pour donner des images lumineuses sur l’écran.

Aphengescope 03  Aphengescope 04  Aphengescope 05

Afin d’éclairer plus fortement certains documents, on se sert d’un APHENGOSCOPE (ou Chambre Mégascopique) double permettant de bénéficier de la lumière provenant de deux lanternes, grâce aux ouvertures circulaires situées de chaque côté de l’objectif. A l’arrière, deux volets articulés, verticaux ou horizontaux suivant les modèles, permettent de présenter alternativement et sans interruption les documents à projeter.

Aphengescope 06Aphengescope 07  Aphengescope 08  Planches coloriées de l’ouvrage du Dr Eugène BOUCHUT (1818-1891) “Atlas d’ophtalmoscopie médicale et de cérébroscopie”. Source : Librairie Alain BRIEUX cliquer ici

« C’est avec un appareil de ce genre, et en concentrant sur les figures la lumière de deux chalumeaux, donnant ensemble une lumière équivalente à celle de 500 bougies, que nous (Alfred MOLTENI) avons projeté, dans les leçons de M. le docteur BOUCHUT, les planches coloriées de son magnifique “Atlas d’ophtalmoscopie médicale et de cérébroscopie” » (J.-B. Baillière et fils, Paris, 1876).

Aphengescope 09  Aphengescope 10 Ensemble R° et V° avec lanternes MOLTENI

Cependant certains ne semblent pas être de cet avis : « Il existe plusieurs compléments à la lanterne de projection ordinaire que le lanterniste est tenté d’acheter, généralement suite à ​​la démonstration insistante d’un marchand qui n’a probablement jamais vu le dispositif particulier en utilisation. Parmi ceux-ci, il y a l’APHENGESCOPE, accessoire destiné à montrer des objets opaques. C’est un appareil peu pratique, car il est beaucoup mieux et plus facile d’avoir l’objet opaque dessiné ou photographié puis de le projeter comme une simple vue transparente. Dans ce cas la lumière traverse la vue et donne à l’écran une image très lumineuse alors qu’avec l’APHENGESCOPE elle est réfléchie par l’objet, et ce peu de lumière atteint l’écran sans aucune luminosité. » Source : “The Lantern and how to use it” par C. GOODWIN NORTON c/° Hazell, Watson & Viney limited London1901.

Il faut dire qu’au début du XXe siècle il est beaucoup plus facile de reproduire n’importe quel document sur film positif que dans les années 1870/80.

Aphengescope 11  Extrait du catalogue N°89 “Projections Molteni Radiguet & Massiot” vers 1912

Dans ce catalogue on explique que « les petits modèles appelés Mégascopes ou Apédioscopes, qui s’adaptent aux lanternes populaires, servent à la projection des photographies format visite, imprimés, menus objets tels que montre, clef, etc. Les dimensions de l’image qu’on peut obtenir avec un éclairage à alcool ne doivent pas dépasser 0m50. »

Vers la fin du XIXe siècle on commence à trouver des appareils permettant des applications plus étendues, pour les écoles et les facultés.

Voir : Un APHENGOSCOPE amélioré

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Les projecteurs Filmoscope de MAZO

Posté par Patrice Guerin le 1 avril 2014

La première version de ce projecteur pour film fixe 35mm, date de 1933. Il est dénommé “FILMOSCOPE AUTONOME”. « Cet appareil est supérieur à la concurrence car il possède un condensateur qui absorbe intégralement la chaleur d’une puissante ampoule de 250w et parce qu’il possède un véritable objectif  interchangeable de 42mm de diamètre. »

Filmoscope 01

La particularité de ce projecteur de petites dimensions est qu’il possède, à la place d’un condensateur classique composé de lentilles en verre, un condensateur particulier sous forme d’un ballon sphérique de laboratoire rempli d’eau, tout comme le projecteur MOLTENI utilisé pour les premières projections cinématographiques.

Voir : Le cinématographe LUMIERE et la lanterne MOLTENI

Filmoscope 02

Le second modèle, sorti en 1935, porte le nom de “FILMOSCOPE N°2 – LE MAXIMUM”. Il emploie une ampoule « trois fois plus forte » que le premier modèle, grâce à un condensateur spécial et plus classique, composé de 2 épaisses lentilles en verre plan-convexe. « C’est l’appareil idéal pour les grandes écoles. Il réalise le maximum de lumière sur le film et le minimum de chaleur. » Le second avantage de cet appareil est qu’il peut projeter quatre formats différents :
-       le film cinéma standard avec image dans le sens de la largeur ;
-       le film 35mm “Leica” avec image “double” dans le sens de la longueur ;
-       le film 4×4 de la pellicule au format 127 correspondant au Vest-Pocket ;
-       le format 4×4 correspondant à l’image simple d’une vue stéréo de Verascope. Dans ce cas les plaques de verre “diapositives” sont projetées à l’aide d’un passe-vues spécial.

Filmoscope 04  Filmoscope 05

Le “MAXIMUM” est un appareil compact, de fabrication soignée, monté sur un socle en bois blanc noirci, portant à l’avant une plaque d’identification. Le corps du projecteur est en tôle vernie noir craquelée, avec une porte se relevant à l’arrière et une petite cheminée fixe, rectangulaire, de forme caractéristique.

Filmoscope 06  Objectif vu de l’arrière

L’ensemble avant, composé du condensateur, du passe-vues avec ses bobines et de l’objectif à crémaillère est en cuivre massif. « Le film 35mm d’images fixes s’enroule très facilement sur les tambours du porte-objectif qui peut s’orienter verticalement ou horizontalement. » Le tube de l’objectif est interchangeable et permet d’adapter la distance de projection et la taille de l’image en fonction de la salle de projection. Le tube standard est de 60mm de foyer permettant d’obtenir une image de 2 mètres de large à une distance de 6 mètres.

Voir : Trousse d’objectifs de projection

Filmoscope 07

A l’intérieur du projecteur, un petit support coulissant, réglable en hauteur, permet de recevoir une ampoule spéciale à miroir pouvant aller jusqu’à 650 watts, avec un filament extrêmement ramassé.

Presentazione standard di PowerPoint

Pour projeter convenablement les vues stéréo 4,5×10,7 ou 6×13, MAZO met au point, à la même époque, un appareil dérivé des précédents, dénommé “STEREETTE”. Il est composé d’un condensateur à très court foyer possédant trois lentilles et d’un objectif de grand diamètre et très lumineux « si l’on veut une belle lumière ». La grande ouverture de l’objectif « permet de projeter sans difficulté les autochromes les plus sombres ». Ce projecteur emploie une ampoule 110 volts de 4 ampères. Il est équipé d’un passe-vues spéciale pour vues stéréo.

Filmoscope 09  Lanternes RADIGUET & MASSIOT et MAZO : voir Lorsque l’enseignement des Sciences devient spectacle

Malheureusement ces petits projecteurs pour formats réduits sont arrivés vingt ans trop tard pour permettre à MAZO de relancer ses activités. De plus ils conservent encore le style des anciennes lanternes de projection alors que de nouveaux modèles sont apparus depuis plusieurs années.

Voir “Chronologie” entre 1930 et 1940.

 

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Le régulateur à arc électrique DUBOSCQ

Posté par Patrice Guerin le 23 mars 2014

Duboscq 101  Lanterne DUBOSCQ avec son régulateur 1er modèle alimenté par une série de piles Bunsen

Dans les années 1870, il n’existe que deux procédés pour produire du courant électrique. Soit en utilisant des piles, soit en se servant d’une machine magnéto-électrique, utilisée à l’époque pour toutes les installations industrielles comme les travaux de nuit, l’éclairage des phares, des navires, des chantiers, etc.

Voir : Les premières piles électriques

Duboscq 102  Lanterne DUBOSCQ avec son nouveau régulateur

Il était donc indispensable d’adapter le régulateur électrique, inventé en France par messieurs FOUCAULT et DUBOSCQ en 1849, à ces deux sources électriques. En effet, lorsque les charbons produisant l’arc électrique sont alimenté par des piles, ceux-ci s’usent dans le rapport de 1 à 2. Par contre, si le courant provient d’une machine magnéto-électrique, l’usure est égale de part et d’autre, puisque le courant est alternatif. Dans le premier cas il faut donc combiner la marche des charbons dans un rapport du simple au double, et dans le second, la rendre égale. Une modification du mécanisme de ce nouveau régulateur permet d’opérer immédiatement le changement des vitesses relatives des charbons.

Voir : Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQ

Duboscq 103   Duboscq 104  Duboscq 105

Dans ce régulateur, les tiges porte-charbons se terminent inférieurement par des crémaillères sur lesquelles agit un mouvement d’horlogerie situé à l’intérieur de l’appareil. Elles sont mises en action par une double roue fixée sur un même axe possédant un nombre de dents dans un rapport de 2 à 1 pour compenser l’usure inégale des charbons lorsqu’ils sont alimentés par des piles. Ce mécanisme permet aussi d’agir sur les deux charbons simultanément afin de monter ou descendre le point lumineux en fonction de la hauteur de l’axe de projection de la lumière.

Duboscq 106

Le courant qui alimente les charbons passe par un électro-aimant qui réagit en fonction de l’intensité du courant. Lorsque la tension faiblit du fait de l’usure des charbons, cela permet d’agir sur le mécanisme d’horlogerie afin de rapprocher les charbons pour obtenir un arc électrique constant. « C’est sur ce principe qu’ont été fondés presque tous les régulateurs de ce genre. » L’association de ces deux mécanismes permet un fonctionnement automatique, sans intervention humaine, durant une longue période.

Voir : L’éclairage à arc électrique pour les décors de théâtres et d’opéras - Les débuts de l’Arc Voltaïque

 

Duboscq 107    Duboscq 108  Cet appareil est identifié “J. Duboscq à Paris – Appareil breveté S.G.D.G. – N°190”

D’après monsieur DUBOSCQ « Ainsi perfectionné, ce nouveau régulateur est rigoureusement apte à toutes les applications de l’éclairage électrique. Il remplit les conditions exigées pour l’application de la lumière électrique aux expériences scientifiques et à l’éclairage des phares, des vaisseaux, des ateliers, des théâtres, etc. »

Duboscq 109  Il existe diverses versions de ce régulateur

Source : “L’éclairage électrique” par le comte Th. Du Moncel – Librairie Hachette et Cie Paris 1880.

Theatre 12  Régulateur DUBOSCQ adapté aux besoins du théâtre pour simuler le soleil levant

Il convient de noter que le matériel fabriqué par la maison DUBOSCQ est principalement utilisé pour des expériences scientifiques ou pour l’éclairage industriel et qu’il est peu employé pour les projections lumineuses. « Aujourd’hui (en 1880) ce système de projections est très exploité commercialement, et, en dehors des appareils de M. Jules DUBOSCQ qui s’appliquent à toutes les expériences de l’optique, il y a ceux de M. MOLTENI qui sont exclusivement réservés à ce genre d’applications. » Quelques applications caractéristiques de la lanterne DUBOSCQ dans ce domaine sont la projection de vues microscopiques lors du siège de Paris en 1870 ou la projection de décors au théâtre.

Voir : Le siège de Paris en 1870 - Les EFFETS SPECIAUX au théâtre durant le XIXe siècle

 

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Séance de lanterne magique au Vatican, devant le Pape LEON XIII

Posté par Patrice Guerin le 2 mars 2014

Vatican 01  “The Graphic” Sepember 21, 1901.

En 1901, le pape LEON XIII (1810-1903) assiste à un spectacle de lanterne magique dans la grande salle du Consistoire au Vatican. En présence des cardinaux et de nombreux membres de l’aristocratie et d’ecclésiastiques distingués, le professeur Orazio MANUCCHI* (1852-1931), présente de nombreuses vues des cryptes et des plus importants monuments des catacombes romaines.

Vatican 02  Vatican 03  Vatican 04  Associazione “Amici delle Catacombe” : 1. Crypte des Papes – 2. Crypte Sainte Cécile – 3. Crypte du pape St Eusèbe.

L’archéologue, baron Rudolph KANZIER, fournit un commentaire tout au long de la projection « Il eût été facile de mêler à la description des catacombes des considérations de sentiment ou de piété. Je m’en suis abstenu. Mon but direct n’était pas d’édifier, mais d’instruire ».

Vatican 05  LEON XIII, pape de 1878 à 1903

A la fin du spectacle, Sa Sainteté remercie chaleureusement les deux hommes pour le plaisir qu’ils lui ont donné.

Source : journal anglais “THE GRAPHIC” du 21 septembre 1901

Vatican 07   Vatican 06  Vatican 08

Dans les années 50, une pochette de diapositives représentant les catacombes, a été éditée par la Commission d’Archéologie Sacrée à Rome. Ces 12 diapositives couleurs sont tirées sur film Eastmancolor Kodak. Aujourd’hui il ne reste que la couleur rouge, les deux autres (vert et bleu) ayant disparu avec le temps ; à moins qu’il s’agisse de vues en noir et blanc qui aient été colorisées en rouge pour donner l’impression de couleur… Peut-être une copie des vues qui furent présentées au Pape LEON XIII en 1901.

En avril 1907, Pie X permet à M. FERON-VRAU de donner une séance de projections dans ses appartements particuliers. Il exprime ainsi sa satisfaction : « Vous m’avez fait passer une heure délicieuse. » Source : “Guide d’action religieuse” Reims, bureau de l’Action Populaire – 1908

Voir : Les projections lumineuses dans les églises

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* MANNUCHI était membre de la Commission pontificale d’Archéologie sacrée et rédacteur à la Bibliothèque du Vatican.  Il publie en 1905 “Le Catacombe Romane”.

 

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Le ZOGRASCOPE et les vues d’optique

Posté par Patrice Guerin le 31 janvier 2014

Zograscope 01      Zograscope 12 A droite modèle avec support de loupe en métal – Collection J.-M.P.

Le zograscope est un appareil d’optique principalement composé d’une lentille convexe et d’un miroir articulé permettant de visionner des vues d’optique. Il apparait au XVIIe siècle dans les cabinets de curiosités. En 1677, l’écrivain allemand Johann Christoph KOHLANS note que l’ajout d’une lentille convexe donne « de la largeur, de la familiarité et de la distance aux images provenant de ma Camera Obscura ».

Voir : La lanterne magique dans les cabinets de physique

Zograscope 02  Zograscope 03  Zograscope 08  Zograscope 09  Zograscope 10

Les premiers zograscopes de salon sont commercialisés en Europe dès le milieu du XVIIIe siècle, offrant un nouveau divertissement de qualité lors des réunions mondaines et dans les familles bourgeoises.

Zograscope 04

L’aberration sphérique sur les bords de la lentille et l’utilisation de perspectives exagérées et de couleurs vives sur les vues perturbent la vision et donnent une impression de profondeur et de relief à une image somme toute fort plate. De plus cette lentille, aussi grosse soit-elle, ne permet de voir qu’une partie de l’image, obligeant l’observateur à « découvrir successivement certaines parties de l’image , donnant ainsi l’impression de se déplacer dans un espace idéalisée et imaginaire ».

Zograscope 05  Vue de l’hôtel de ville de Paris prise de la place

Le développement du zograscope correspond à l’édition des premières vues d’optique, initialement appelée “Perpective” car elles abusaient de cet effet obtenu facilement à l’aide de la Camera Obscura.

Camera Obscura  DELLA PORTA utilisant une Camera Obscura. Voir : Les expériences d’optique de DELLA PORTA

D’abord éditées à Paris et à Londres, puis en Allemagne, ces vues sont vendues à des milliers d’exemplaires. Elles permettent à une population aisée de voyager à moindre frais et de découvrir les merveilles du monde bien avant l’apparition de la photographie puis de la carte postale.

Zograscope 06  Vue de la chapelle St Paul à Edimbourg prise de la place d’Yorck

Les vues d’optique sont gravées à l’eau forte sur cuivre, dans un format horizontal. Le titre apparaît inversé en haut de la gravure afin d’être vu à l’endroit lors de l’observation tandis qu’une autre légende figure à l’endroit sous l’image. Par contre l’image est dessinée à l’endroit si bien que son observation à travers un zograscope muni d’un miroir la fait apparaître à l’envers ! Les vues d’optique sont colorées à la main avec des teintes primaires très vives telles que le jaune, le rouge et le vert. Ces vues représentent généralement des perspectives des principales villes et monuments d’Europe ainsi que des panoramas célèbres ou des scènes historiques.

Zograscope 07  Vue générale de la ville de Venise

A partir du milieu du XIXe siècle, l’apparition de la photographie et des lanternes magiques les feront progressivement tomber en désuétude. « Ce qu’on appelait “Vues d’optique”, c’étaient des images coloriées qu’on regardait à travers une lentille ou un verre grossissant. Le stéréoscope et les vues photographiques les ont remplacées ; mais les musées forains en font encore usage. » F. POUY dans “Le Livre, revue du monde littéraire” 1883. Progressivement ces images bon marché et de grands formats deviendront des tableaux bon marché, découpées et encadrées sous verre avec passe-partout, les rendant inutilisables pour toute observation spectaculaire.

Zograscope 11 Miniature sur porcelaine – Collection J.-M.P.

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La visionneuse LANTERNOSCOPE de MOLTENI

Posté par Patrice Guerin le 19 janvier 2014

Lanternoscope 01

Dans les années 1890, la maison MOLTENI fabrique une visionneuse de table dénommée “LANTERNOSCOPE” pour examiner les diapositives destinées aux projections.

Voir : Histoire de la maison MOLTENI et Cie

Lanternoscope 02

Lors de la séance du 16 mars 1892 au Photo-Club de Paris, son Secrétaire Général Maurice BUCQUET (1860-1921) présente « un lanternoscope construit d’après ses indications par M. MOLTENI. Cet appareil est destiné à regarder les clichés de projections ; il est en acajou verni et muni d’une lentille de 0m10 de diamètre, qui amplifie l’image et lui donne un relief très appréciable… Il permet d’examiner les épreuves, de juger de leurs qualités et de voir quelles sont celles qui, étant trop légères ou trop vigoureuses, doivent être recommencées. »

Cette soirée se termine par une séance de projections d’ombres « très habilement découpées par M. De THIERRY d’après les ombres chinoises de CARAN D’ACHE » présentée par monsieur FOURTIER (voir PORTRAITS).

Lanternoscope 06  Lanternoscope 04  Lanternoscope 03

Modèle avec boîte en noyer ciré articulé sur un pied massif en fonte verni au four et filets dorés, muni de tourillons en cuivre poli et verni. Il est équipé à l’avant d’une lentille convexe à fort grossissement et à l’arrière d’un verre dépoli permettant de diffuser l’éclairage de façon homogène sur toute la surface de l’image.

Lanternoscope 05  Vues “Projections Molteni” provenant d’une conférence sur l’alcoolisme

Ce modèle est équipé d’un passe-vues va-et-vient pour diapositives standard de 8½x10cm. On peut l’adapter pour les formats 8x8cm, autochrome, etc. Comme on n’est pas en situation de projection, les vues sont placées à l’endroit, tête en haut.

Pour voir d’autres visionneuses : Le ZOGRASCOPE et les vues d’optique - Une visionneuse publique, la lanterne magique électrique - Visionneuse stéréo PHOTOCHROMOSCOPE ou KROMSKOP de IVES - Visionneuse MONOCLE ou MAGNASCOPE avec plaques de projection MAZO

 

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Plaques animées et plaques à système pour projection

Posté par Patrice Guerin le 26 novembre 2013

Plaque 01  Séance de projection familiale au XIXe siècle

Vers 1725, le physicien hollandais Pieter VAN MUSSCHENBROEK (1692-1761) présente des plaques animées. Une petite manivelle permet de mouvoir, par poulies interposées, une plaque de verre sur laquelle sont peintes les ailes d’un moulin qui tournent devant la tour peinte sur une autre plaque de verre fixe.

Plaque 02  Plaque de fantasmagorie – XVIIIe siècle. Collection Antic-Photo

Il s’agit d’une plaque ou “tableau” de projection fixe, généralement montée dans un cadre en bois qui comporte plusieurs vues permettant de créer une petite animation à l’écran. Ces plaques, combinées à des lanternes doubles ou triples permettaient de créer de véritables spectacles animés bien avant l’invention du cinéma.

Voir : Lanternes multiples ou POLYORAMAS - Vues fondantes – Dissolving views

Plaque 03 Catalogue Mazo – 1908  fichier mov Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Les plaques animées ne comportent pas de mécanisme, il s’agit généralement de deux vues sur verre dont l’une est fixe et l’autre mobile (voir ci-dessous tableaux à tiroir). Les plaques à système sont munies d’un mécanisme : levier, poulie, engrenage, manivelle, etc. Il existe de nombreux modèles de plaques animées.

Plaque 04fichier mov Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Les tableaux “A tiroir” (Slip slides) comprennent généralement un verre fixe qui représente les deux états d’une action dessinée sur fond noir. Le second verre “à tiroir” porte un cache peint en noir ou en papier opaque qui permet d’obturer l’une ou l’autre partie de l’action lorsqu’on le déplace horizontalement. On parle aussi de tableaux à “Caches”.

Plaque 05Muckross abbey – Ireland fichier mov Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Les tableaux à “Longue course” ou “Panoramas mouvants” sont des tableaux à tiroir dans lesquels la plaque mobile représente un élément en ombre chinoise (bateau, barque, voiture, personnage) qui se déplace lentement dans le décor coloré.

Plaque 06  Plaque 07

Il existe même des châssis spéciaux pour “Ombres projectionnées” permettant de faire « défiler sans secousse et d’une façon lente et régulière » une grande plaque de verre (45cm de long) sur laquelle est peinte une succession d’ombres. Celle-ci coulisse à la main ou à l’aide d’une manivelle devant un paysage figurant sur une autre plaque située à l’avant de ce châssis dans un passe vue va-et-vient permettant de la remplacer en cours de projection. Combinées à une lanterne double, ces plaques permettent de créer de véritables spectacles d’ombres, tels qu’ils étaient projetés au cabaret du “Chat noir” au XIXe siècle.

Voir : Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi - Ombres chinoises et silhouettes

Plaque 08La corvée de quartier fichier mov Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Les tableaux “A levier” (Lever slides) sont fait sur le même principe que les tableaux à tiroir. Ils comprennent un verre fixe, généralement rond, fixé dans la monture en bois sur lequel est peint le sujet principal et un verre mobile que l’on fait tourner partiellement à l’aide d’un levier en métal qui dépasse sur le côté de la plaque.

Plaque 09

Les tableaux “A rotation” ou “A engrenage” ressemblent aux tableaux à levier mais permettent un mouvement circulaire plus complet. Ils comprennent un verre fixe, généralement rond, fixé dans la monture en bois sur lequel est peint le sujet principal et un verre mobile que l’on peut faire tourner en permanence à l’aide d’une petite manivelle. Initialement le disque animé était entrainé par une petite corde sans fin entrainé par la manivelle. Par la suite on à préféré un système à engrenage permettant un mouvement plus régulier et évitant le glissement de la cordelette.

Plaque 10  fichier mov  Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Ce type de mécanisme est utilisé pour faire tourner les “Chromatropes”, aussi appelés “Rosaces tournantes”. La plaque se compose d’une vue circulaire placée sur le châssis qui représente un dessin géométrique coloré et une vue mobile pouvant représenter le même dessin ou un dessin complémentaire. Les deux plaques tournent en sens inverse à l’aide d’une manivelle, ce qui crée à l’écran « de très curieux effets de colorations ».

Voir : Les CHROMATROPES de projection

Il existe de nombreuses variantes dénommées “Eidotropes”, “Chromascopes”, etc. Dans l’Eidotropes, par exemple, monsieur WEASTHONE, qui en est l’inventeur, a remplacé les disques de verre peint par des plaques rondes de métal léger ou de carton dans lesquelles il a fait des entailles « permettant d’obtenir des figures géométriques qui se recoupent de toutes manières ».

Plaque 11  Plaque 12  Photograph courtesy of RICHARD WARREN LIPACK (USA)

Les tableaux “Mécaniques” permettent de présenter un mouvement un peu plus complexe que celui d’un tableau à rotation. Une manivelle anime, à l’aide d’une poulie, une silhouette représentant souvent un humain ou un animal découpé dans du métal léger ou de la gélatine colorée. Parfois les membres (bras et jambes) sont mobiles et remuent en fonction de la rotation du corps. ROBERTSON (voir PORTRAITS) avait utilisé ce genre de tableau dans la “danse des sorciers” ou l’on voyait des personnages tournoyer autour d’un squelette.

Voir : Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON

Plaque 13  La danse des nains

Il existe d’autres types de tableaux animés tel que ce tableau “Hydraulique” composé d’une cuve remplie d’eau dans laquelle sont plongés de petites figures en bois représentant des insectes ou de petits personnages légendaires. En pressant sur la poire en caoutchouc on crée des remous qui font tourbillonner ces petites figures de manière tout à fait aléatoire.

De très nombreux thèmes ont été traités en plaques animés afin de donner vie à des spectacles très vivants.

Voir : Projection de phénomènes météorologiques - Petit spectacle de lanterne magique - Les collections de vues pour projection MAZO

 

 

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