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Plaques animées MOLTENI

Posté par Patrice Guerin le 30 décembre 2016

Molteni plaque 3 Tableau mécanisé grosse caisse

En 1843, le catalogue de la maison MOLTENI & Cie ne consacre qu’une seule page aux lanternes magiques, sous l’intitulé “Articles pour étrennes”. En plus de la lanterne carrée en fer blanc déclinée en 9 dimensions avec ses douze bandes de vues sur verres aux tailles correspondantes, on y trouve des « fantasmagories de toutes dimensions avec grand assortiment de tableaux simples et mécaniques ». C’est la première et seule indication de “tableaux mécaniques” à l’époque.

Prix-courant de la manufacture d'instruments d'optique et de mat  Catalogue Buron page 40 – 1844

En 1844, le catalogue de la Maison BURON présente lui aussi une page illustrée consacrée aux “peintures sur verre pour la fantasmagorie”. On y voit 4 visuels (repris par MOLTENI en 1859) et surtout une “indication des sujets de quelques tableaux” dont les images représentent principalement des sujets de fantasmagorie : têtes et squelettes, sorcières, monstres, diables et même une none sanglante et une marmite infernale.

Molteni plaque 1  Catalogue Molteni page 93 – 1859

Il faut attendre le catalogue général J. MOLTENI & Cie de 1859, intitulé “Machines et Instruments de précision” pour avoir quelques précisions concernant les vues animées et surtout une première représentation visuelle… identique à la page de BURON datant de 1844 ! A cette époque, il existe des tableaux pour fantasmagorie sans mouvement, avec fond noir et cadre en bois noir et des tableaux mécanisés à un seul, voir deux, trois ou quatre mouvements, qui peuvent être réalisés avec “peintures fines” ce qui multiplie le prix par 1,25 environ. A cette époque, un “tableau à mouvement, peintures fines” peut valoir de 72 à 120 frs pièce suivant la complexité du système.

Molteni plaque 4Molteni plaque 6Tableaux mécanisés acrobate à cheval et parapluie

Ces tableaux mécanisés sont composés d’un cadre en bois noircis parfois sommairement découpé sur le pourtour, à l’intérieur duquel se trouve une vue sur verre finement peinte, avec fond noir.

Voir : Plaque animée Molteni – Vœux 2017

Molteni plaque 5  Tableau mécanisé tambour

Un mécanisme en cuivre, à tirette ou à basculement, permet d’animer la vue avec des mouvements parfois complexes comme on le voit sur la vue du joueur de tambour dont les mains portant des baquettes sont animées en sens inverse.

Molteni plaque 7Tableau animé – Slipping slide clown jonglant avec un nourrisson

Dans les années 1880, ce type de plaque aux mécanismes complexes disparaît au profis de tableaux à mouvement avec cadre en acajou généralement  composé de deux plaques de verre coulissant l’une sur l’autre. En 1866, la catalogue anglais “Magic Lantern : How to buy and how to use it“ présente déjà ce genre de plaque nommée “slipping slide”.

Voir : sujet à venir

 

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Les progrès de la lampe à huile à la fin du XVIIIe siècle

Posté par Patrice Guerin le 23 juillet 2015

Huile 11  Depuis l’antiquité, l’huile végétale a été utilisée comme combustible dans les lampes d’éclairage.

Quelque soit le modèle, les lampes à huile ont toujours connu trois difficultés :
- L’huile était trop visqueuse et montait difficilement dans la mèche par capillarité ;
- la mèche avait tendance à charbonner et à s’éteindre à cause d’une mauvaise combustion :
- l’utilisation dégageait de la fumée et des mauvaises odeurs.

A la fin du XVIIIe siècle, on en est encore à « …des lampions pétillants et crâchants, qui possédaient une ou plusieurs mèches grossièrement tordues buvant une huile extrêmement visqueuse à même le vase, ce qui répandait dans toute la pièce une odeur détestable ! » Il faut attendre les nouvelles théories de la combustion, élaborées par LAVOISIER (1743-1794) dans les années 1770, pour qu’un certain intérêt envers cet éclairage, lié à un besoin accru de lumière se fasse ressentir.

Huile 02  A partir de 1780 plusieurs inventions vont permettre d’améliorer l’écoulement de l’huile et le fonctionnement du brûleur et de la mèche.

Vers 1780, le chimiste français Joseph Louis PROUST (1754-1826) invente une lampe à huile équipée d’un réservoir latéral placé un peu plus haut que le brûleur. L’huile descend naturellement jusqu’au bec par simple effet de pesanteur.

Huile 03  Huile 04  Brevet Argand – Source : archives INPI

En 1782, le physicien et chimiste suisse Aimé ARGAND (1750-1803) invente la lampe à huile à double courant d’air équipée d’une mèche cylindrique et d’une cheminée en tôle. Celle-ci est, paraît-il, « dix à douze fois plus puissante qu’une simple chandelle ». Quelques années plus tard, il fonde une manufacture de lampes à Versoix près de Genève.

Huile 05  Lampe Quinquet murale avec réflecteur plaqué argent

En 1784, le pharmacien Antoine QUINQUET (1745-1803), s’inspirant des inventions précédentes, commercialise une nouvelle lampe connue sous le nom de lampe Quinquet. Elle est équipée d’un réservoir latéral et d’un bec surmonté d’une cheminée en verre. Cette lampe peut être murale ou montée sur une longue tige verticale fixée sur un socle cylindrique.

Voir : Lanterne magique vernie noir

QUINQUET entreprend la fabrication de cette lampe en s’associant avec un ferblantier-épicier, spécialisé dans la vente d’huiles épurées. Parfaitement mise au point, celle-ci restera d’usage courant jusqu’à l’avènement du pétrole dans les années 1860. En 1872, l’abbé MOIGNO précise, dans son livre intitulé “L’art des projections” : « Si l’on veut que la lanterne donne le maximum de lumière, il faut l’armer d’une mèche neuve et sèche, et la remplir d’huile de baleine camphrée chaude ». En 1788, l’épuration de l’huile de colza, par LEROY-DE-LILLE, permet d’obtenir une lumière plus blanche et dépourvue de fumée.

Huile 12 Huile 15   Huile 14 Brevet d’invention N°140 du 4 brumaire an IX

Le 4 brumaire an IX (26.10.1800) l’horloger Guillaume CARCEL et le négociant Louis CARREAU déposent un brevet d’invention de 5 années « pour lampe nouvelle quils appellent« Lycnomena«  ». Pour cette invention, CARCEL obtient en 1854 un prix de l’Académie des Sciences. Cette lampe servit à FRESNEL pour ses travaux sur les phares et fut utilisée par DUMAS et REGNAULT en 1860 pour les essais photométriques du gaz de la ville de Paris. Le règlement qu’ils établirent resta en vigueur jusqu’en 1920. « La lampe Carcel rendu de grands services en photométriejusquaupremières années du XXe siècleElle fut presque le seul étalon photométrique employé en France et cest elle qui permit de définir la bougie décimale ». (1 bougie décimale = 0,104 unité Carcel).

La lampe Carcel possède un mécanisme composé d’une pompe actionnée par un moteur à ressort que l’on remonte avec une clé située au bas de la lampe. Elle est plus compliquée et plus coûteuse que la lampe Quinquet, mais beaucoup plus esthétique. On verra de nombreux modèles en métal, en bronze, en porcelaine, en verre, etc.

Huile 06Huile 07Huile 08 Lampe à modérateur FRANCHOT

Par la suite beaucoup de lampistes déposent des brevets pour améliorer ce système de lampes à pression : GAGNEAU en 1819, RIMBERT 1826, CARREAU 1834, FRANCHOT 1837. Certaines de ces lampes ont été réutilisées pendant la guerre de 1914-1918, car le pétrole se faisait rare.

Elles sont généralement équipée d’un mouvement d’horlogerie qui met l’huile sous pression afin qu’elle monte jusqu’au brûleur. Celui-ci est équipé d’un côté d’une clé pour remonter le mécanisme et de l’autre côté d’une molette pour régler la flamme.

Huile 09  Petite lampe à huile de lanterne magique

Quelque soit le type de lampe utilisée, son intensité pouvait varier du simple au double en fonction de la qualité de l’huile, de la préparation de la mèche et de son réglage en cours de combustion. L’huile devait être de bonne qualité, surtout dans les  les lampes Carcel ou les lampes à modérateurs. On pouvait améliorer le rendement lumineux en ajoutant à l’huile 100 grammes de camphre par litre, ce qui, pour une lampe de 8 à 10 lignes (ancienne mesure de longueur), permettait d’atteindre 13 à 16 bougies. Malgré ces artifices, la luminosité était faible et la chaleur dégagée faisait souvent claquer les plaques de verres sur lesquelles étaient peintes les images.

Huile 10  Fantascope équipé d’une lampe à huile de type Quinquet avec réflecteur parabolique

Les lampes QUINQUET et CARCEL ont été utilisées comme sources lumineuses dans la projection, comme on peut le voir en cliquant sur les liens ci-dessous. Monsieur MOLTENI (voir PORTRAITS) précise, dans son livre “Instructions pratiques pour l’emploi des appareils de projections” : « les lanternes magiques communes sont munies de lampes simples, comprenant un godet en fer-blanc rempli d’huile dans lequel trempent une, deux ou trois mèches, brûlant à l’air libre, sans verre. Elles donnent, en général, plus de fumée que de lumière… Il existe aussi des lampes à double courant d’air, brûlant à blanc. Ces lampes peuvent être à réservoir inférieur ou à réservoir supérieur. »  Et MOLTENI de conclure « pour les personnes qui ne craignent pas d’introduire l’éclairage au pétrole dans leur intérieur, c’est parmi les éclairages ordinaires, celui qui donne le meilleur résultat ».

Voir : Appareils de famille MOLTENI, premiers modèles - Mégascope LEFEVRE ou Lampadorama - Lanterne magique Lampascope - Description et fonctionnement du Fantascope

 

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Projection de phénomènes météorologiques

Posté par Patrice Guerin le 2 décembre 2013

Meteo 01   Catalogue Mazo 1910

Au début du XXe siècle on trouve dans les catalogues des principaux constructeurs de lanternes de projections, de très nombreuses plaques de projection : simples pour conférences, tableaux mécanisés pour spectacles familiaux et pièces d’ombres, doubles pour projection en relief, vues en couleurs chromolithographies ou trichromes, etc.

Voir : Plaques animées et plaques à système pour projection - Les collections de vues pour projection MAZO

 

Meteo 02

Parmi les multiples thèmes proposés, celui des phénomènes météorologiques est particulièrement intéressant. Un coffret en bois contient « les divers effets qu’on peut produire en projection avec un appareil double, ou bien deux appareils placés côte à côte ».

Voir : Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi - Lanternes multiples ou POLYORAMAS

Meteo 03

Le coffret comprend les cinq effets suivants : neige, pluie, lever de lune, arc-en-ciel et éclair, montés dans des châssis plus ou moins mécanisés suivant les besoins.

Meteo 04  Meteo 05  Effet de neige

Ce châssis particulier se compose d’une monture en acajou à l’intérieur de laquelle se trouve un rideau en toile caoutchoutée percé d’une multitude de petits trous. La manivelle du bas permet de dérouler lentement le rideau en cour de projection pour donner l’impression que la neige tombe (trous dans le rideau). Ensuite la manivelle du haut permet de remonter le rideau pour la projection suivant.

Meteo 06  Effet de pluie

Châssis à tiroir est équipé de deux verres, l’un fixe et l’autre mobile, striés chacun en diagonal d’une multitude de traits transparents. Lors de la projection, le déplacement du verre mobile donne l’impression d’une pluie irrégulière par effet de moirage avec la vue fixe.

Meteo 07  Effet de lune

Châssis à levier permettant de déplacer la lune sur un quart de tour environ dans un paysage projeté par le second objectif de la lanterne.

Meteo 08  Effet d’arc-en-ciel

Vue simple montée dans un châssis en acajou représentant un arc-en-ciel peint sur fond noir. Lors de la projection, le système à œil de chat placé devant l’objectif permet de le faire apparaître et disparaître progressivement.

Meteo 09  Effet d’éclair

Châssis à tiroir composé d’une vue fixe représentant un éclair triple sortant d’un nuage et d’une vue coulissante sur laquelle est peinte un masque noir qui permet de masquer ou non l’éclair et le nuage.

Toutes ces plaques sont utilisées dans un petit montage animé présenté ci-dessous :

voir : Petit spectacle de lanterne magique

Meteo 10

En 1910 la boîte complète contenant les cinq tableaux coûte 25fr. mais chaque tableau peut être vendu séparément à des prix variables suivant le mécanisme nécessaire à son fonctionnement. On trouve une description très précise de l’utilisation de ces vues dans ce livre sur la projection.

Meteo 11  Meteo 12  Meteo 13  Meteo 14  “La projection au XXe siècle” par le prestidigitateur ALBER édité par E. MAZO au tout début du XXe siècle.

 

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Plaques animées et plaques à système pour projection

Posté par Patrice Guerin le 26 novembre 2013

Plaque 01  Séance de projection familiale au XIXe siècle

Vers 1725, le physicien hollandais Pieter VAN MUSSCHENBROEK (1692-1761) présente des plaques animées. Une petite manivelle permet de mouvoir, par poulies interposées, une plaque de verre sur laquelle sont peintes les ailes d’un moulin qui tournent devant la tour peinte sur une autre plaque de verre fixe.

Plaque 02  Plaque de fantasmagorie – XVIIIe siècle. Collection Antic-Photo

Il s’agit d’une plaque ou “tableau” de projection fixe, généralement montée dans un cadre en bois qui comporte plusieurs vues permettant de créer une petite animation à l’écran. Ces plaques, combinées à des lanternes doubles ou triples permettaient de créer de véritables spectacles animés bien avant l’invention du cinéma.

Voir : Lanternes multiples ou POLYORAMAS - Vues fondantes – Dissolving views

Plaque 03 Catalogue Mazo – 1908  fichier mov Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Les plaques animées ne comportent pas de mécanisme, il s’agit généralement de deux vues sur verre dont l’une est fixe et l’autre mobile (voir ci-dessous tableaux à tiroir). Les plaques à système sont munies d’un mécanisme : levier, poulie, engrenage, manivelle, etc. Il existe de nombreux modèles de plaques animées.

Plaque 04fichier mov Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Les tableaux “A tiroir” (Slip slides) comprennent généralement un verre fixe qui représente les deux états d’une action dessinée sur fond noir. Le second verre “à tiroir” porte un cache peint en noir ou en papier opaque qui permet d’obturer l’une ou l’autre partie de l’action lorsqu’on le déplace horizontalement. On parle aussi de tableaux à “Caches”.

Plaque 05Muckross abbey – Ireland fichier mov Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Les tableaux à “Longue course” ou “Panoramas mouvants” sont des tableaux à tiroir dans lesquels la plaque mobile représente un élément en ombre chinoise (bateau, barque, voiture, personnage) qui se déplace lentement dans le décor coloré.

Plaque 06  Plaque 07

Il existe même des châssis spéciaux pour “Ombres projectionnées” permettant de faire « défiler sans secousse et d’une façon lente et régulière » une grande plaque de verre (45cm de long) sur laquelle est peinte une succession d’ombres. Celle-ci coulisse à la main ou à l’aide d’une manivelle devant un paysage figurant sur une autre plaque située à l’avant de ce châssis dans un passe vue va-et-vient permettant de la remplacer en cours de projection. Combinées à une lanterne double, ces plaques permettent de créer de véritables spectacles d’ombres, tels qu’ils étaient projetés au cabaret du “Chat noir” au XIXe siècle.

Voir : Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi - Ombres chinoises et silhouettes

Plaque 08La corvée de quartier fichier mov Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Les tableaux “A levier” (Lever slides) sont fait sur le même principe que les tableaux à tiroir. Ils comprennent un verre fixe, généralement rond, fixé dans la monture en bois sur lequel est peint le sujet principal et un verre mobile que l’on fait tourner partiellement à l’aide d’un levier en métal qui dépasse sur le côté de la plaque.

Plaque 09

Les tableaux “A rotation” ou “A engrenage” ressemblent aux tableaux à levier mais permettent un mouvement circulaire plus complet. Ils comprennent un verre fixe, généralement rond, fixé dans la monture en bois sur lequel est peint le sujet principal et un verre mobile que l’on peut faire tourner en permanence à l’aide d’une petite manivelle. Initialement le disque animé était entrainé par une petite corde sans fin entrainé par la manivelle. Par la suite on à préféré un système à engrenage permettant un mouvement plus régulier et évitant le glissement de la cordelette.

Plaque 10  fichier mov  Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Ce type de mécanisme est utilisé pour faire tourner les “Chromatropes”, aussi appelés “Rosaces tournantes”. La plaque se compose d’une vue circulaire placée sur le châssis qui représente un dessin géométrique coloré et une vue mobile pouvant représenter le même dessin ou un dessin complémentaire. Les deux plaques tournent en sens inverse à l’aide d’une manivelle, ce qui crée à l’écran « de très curieux effets de colorations ».

Voir : Les CHROMATROPES de projection

Il existe de nombreuses variantes dénommées “Eidotropes”, “Chromascopes”, etc. Dans l’Eidotropes, par exemple, monsieur WEASTHONE, qui en est l’inventeur, a remplacé les disques de verre peint par des plaques rondes de métal léger ou de carton dans lesquelles il a fait des entailles « permettant d’obtenir des figures géométriques qui se recoupent de toutes manières ».

Plaque 11  Plaque 12  Photograph courtesy of RICHARD WARREN LIPACK (USA)

Les tableaux “Mécaniques” permettent de présenter un mouvement un peu plus complexe que celui d’un tableau à rotation. Une manivelle anime, à l’aide d’une poulie, une silhouette représentant souvent un humain ou un animal découpé dans du métal léger ou de la gélatine colorée. Parfois les membres (bras et jambes) sont mobiles et remuent en fonction de la rotation du corps. ROBERTSON (voir PORTRAITS) avait utilisé ce genre de tableau dans la “danse des sorciers” ou l’on voyait des personnages tournoyer autour d’un squelette.

Voir : Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON

Plaque 13  La danse des nains

Il existe d’autres types de tableaux animés tel que ce tableau “Hydraulique” composé d’une cuve remplie d’eau dans laquelle sont plongés de petites figures en bois représentant des insectes ou de petits personnages légendaires. En pressant sur la poire en caoutchouc on crée des remous qui font tourbillonner ces petites figures de manière tout à fait aléatoire.

De très nombreux thèmes ont été traités en plaques animés afin de donner vie à des spectacles très vivants.

Voir : Projection de phénomènes météorologiques - Petit spectacle de lanterne magique - Les collections de vues pour projection MAZO

 

 

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Lanternes multiples ou POLYORAMAS

Posté par Patrice Guerin le 19 mai 2012

Lanternes multiples ou POLYORAMAS dans Lanternes projection Polyorama-01-108x150 Lanterne triple MOLTENI  Colporteur-115x150 dans Lanternes projection voir : Le colporteur d’images de Renaud PERRIN

La lanterne double ou triple, aussi appelé Polyorama (à ne pas confondre avec l’appareil Polyorama panoptique), ou “biunial” par les anglais, a été conçue pour assurer des spectacles de projection sans “trous noirs” entre les vues “fondantes” (Dissolwing views en Angleterre). Cette technique, connue aujourd’hui sous le nom de “fondu enchainé” a été très en vogue dans les années 1970-1980.

Il existe deux grandes familles de lanternes multiples.

Polyorama-02-125x150  Polyorama-03-124x150  Polyorama-04-83x150  Polyorama-08-129x150  Lanternes : MOLTENI – RADIGUET & MASSIOT – MAZO

Celles sous forme d’une seule grosse lanterne équipée de plusieurs objectifs et de plusieurs éclairages.

Polyorama-06-150x108  Polyorama-07-150x111  Lanternes : MOLTENI – RADIGUET & MASSIOT

Celles constituées par un assemblage de deux lanternes classiques placées côte à côte.

Ombre-12-150x82

Lors de la projection, les vues se superposent sur l’écran pour ne former qu’une seule image. Les lanternes triples permettaient par exemple de projeter un décor ou un paysage avec une lanterne tandis que les deux autres permettent d’enchainer des vues dans ce décor.

Voir : Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi - Plaques animées et plaques à système pour projection - Projection de phénomènes météorologiques - Vues fondantes / Dissolving views - Petit spectacle de lanterne magique

Polyorama-16-102x150  Polyorama-09-97x150  Polyorama-10-94x150

En France, le premier à construire ce genre de lanterne est MOLTENI (voir PORTRAITS), dans les années 1880. Puis on trouve des “modèles français” dans les catalogues édités par MAZO et par la Maison de la BONNE PRESSE.

Voir :Les premières lanternes de projection de la BONNE PRESSEAppareil de projection “Gros Modèle” MAZO

Par la suite, RADIGUET & MASSIOT (successeur de MOLTENI), Paul BAUDIN, etc. fabriqueront aussi des lanternes multiples fonctionnant à l’électricité.

Voir : Projection de décors au théâtre et à l’opéra

Polyorama-11-94x150  La plupart des catalogues de l’époque présente aussi des “Modèle anglais” double ou triple, fabriquées en acajou verni avec dôme et cheminée en tôle russe et accessoires ainsi que les objectifs en cuivre.

Voir : Séance de Lanterne Magique au musée Guimet

Il existe deux systèmes pour obtenir le “fondu” des images, c’est à dire assombrir l’une tandis que l’autre s’éclaire « afin d’offrir un effet très remarquable donnant l’impression que les images se fondent l’une dans l’autre ».

Polyorama-12-97x150  Polyorama-13-101x150

Soit en faisant varier l’intensité de la source lumineuse à l’aide de robinets dissolveurs, s’il s’agit d’un éclairage avec chalumeaux oxycalciques comme on peut le voir sur certains des projecteurs présentés ci-dessus. Plus tard les systèmes électriques à arcs ou à ampoules fonctionneront avec l’utilisation d’un simple rhéostat.

Polyorama-14-150x118Modèle primitif  Polyorama-15-150x93

Soit en équipant chaque lanterne d’un mécanisme, parfois appelé “œil de chat” ou “guillotine”, placé devant l’objectif. Celui-ci permet de fermer graduellement l’un des objectifs tandis que l’autre s’ouvre de la même quantité de lumière.

Dans les années vingt de nouveaux appareils fonctionnant avec de puissantes ampoules électriques vont apparaître pour répondre aux besoins de certains enseignants qui souhaitent projeter des documents transparents ou opaques.

Voir : Lanterne “Universel” de la Maison de la BONNE PRESSE -

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Une séance de lanterne magique chez les Grandpierre

Posté par Patrice Guerin le 4 avril 2012

Une séance de lanterne magique chez les Grandpierre dans Images projetees GrandPierre-01-150x124  Vue provenant de la conférence illustrée n° 252 – Après l’Ecole février 1909

« Le capitaine Grandpierre n’avait que trente-cinq ans lorsqu’une blessure reçue devant Sébastopol le força de renoncer au service. Mais une douce consolation lui était réservée, il devait épouser à la fin de la guerre, Hélène Lebrun, une jeune fille, bonne, aimable et bien élevée qui lui avait inspiré autant d’estime que d’affection…

Le jeune ménage vivait largement et faisait des économies, même après la naissance d’un joli bébé, dont monsieur Grandpierre se promit de faire un maréchal de France ou tout au moins un colonel. Une petite sœur naquit l’année suivante, puis une autre, et celle-ci fut suivie de deux gros garçons… Monsieur Grandpierre, absorbé dans une lecture intéressante, ne faisait attention ni à la mauvaise humeur d’Alfred, le petit dernier, ni aux joyeux propos qui, de temps à autre, rompaient la monotonie du jeu choisi par ses autres enfants.

GrandPierre-02-99x150 dans Lanternes magiques  GrandPierre-03-105x150 dans Projecteurs jouet

La porte s’ouvrit doucement, et un inconnu s’arrêta sur le seuil. Sa haute taille, ses yeux brillants, ses dents blanches dont un teint de mulâtre faisait ressortir l’éclat, son costume de velours noir constellé de broderies et son chapeau pointu, orné de rubans aux vives couleurs, annonçaient une profession bizarre et une origine étrangère ; toutefois son visage disparaissait presque entièrement sous d’épais favoris et une longue barbe noire.

chromoenfants08.vignette  Voir : Chromos lanterne magique enfants

Berthe et Anna eurent un petit mouvement de frayeur, mais Louis et Henri battirent des mains, avant même que le nouveau venu eût prononcé, d’une voix vibrante, ces mots qu’ils attendaient :

- « Lanterne magique ! Pièce curieuse ! Demandez, mesdames et messieurs. Voici la lanterne magique du signor Verdini.
- « Oh ! Papa, papa, fais-nous voir la lanterne magique » dirent à la fois les deux fillettes.
- « Il y a si longtemps que tu nous as promis de nous donner ce plaisir quand l’occasion s’en présenterait » poursuivit Louis, l’ainé des enfants.
- « Entrez, signor Verdini, et placez ici votre merveilleux instrument » dit monsieur Grandpierre.
- « C’est justement ce qu’il me faut, si vous me permettez d’ouvrir la pièce contiguë. Je me tiendrai sur le seuil et je ferai défiler mes tableaux sur le rideau que je vais placer en face. »

soleil-lune-300x79 Plaque peinte à la main – XIXe

« Attention, mesdames et messieurs » dit le signor Verdini « Voici d’abord monsieur le Soleil qui sort de son lit de nuages et qui s’avance majestueusement… Il est suivi de madame la Lune au pâle visage qui éclaire les nuits d’une lumière douce et paisible… » Les enfants battirent des mains. De jeunes paysannes couronnées de fleurs et portant des guirlandes formaient une ronde sur l’écran à laquelle les sons d’un orgue de Barbarie servaient d’accompagnement… Les personnages, d’abord très distincts, grandirent en s’effaçant graduellement et firent place à une scène différente…

- « Si vous le permettez, mesdames et messieurs » reprit l’italien, dès que l’orgue eut cessé de faire entendre ses airs les plus joyeux « nous terminerons cette première partie de la représentation en vous faisant voir les principales villes de l’Europe avec les costumes de leurs habitants. »

GrandPierre-04-150x40  Plaque peinte à la main – XIXe

Voir : Montreurs de lanterne magique

GrandPierre-05b-123x150Lanterne de colporteur. Collection F.B.

Après le spectacle, on s’entretint du merveilleux instrument, et Henri put en expliquer le mécanisme à ses sœurs.
- « La lanterne magique » leur dit-il, « renferme une lumière dont les rayons frappent vivement des figures placées sur une lame de verre. Une lentille grossissante, comme celle d’un microscope, est fixée dans un petit tube qui fait suite à la lame de verre. Cette lentille développe énormément les figures, qui viennent ainsi se projeter sur le rideau. Vous avez dû remarquer que plus ces images grandissent, moins elles sont nettes. »
- « Oui ; mais comment grandissent-elles ? » demanda Berthe. « C’est sans doute le secret du signor Verdini ? »
- « C’est un secret simple ; plus il éloigne son instrument du rideau, plus les tableaux prennent de développement ; mais comme ils deviennent confus, il les remplace par d’autres au moment où ils sont sur le point de disparaître. »

Extrait du livre “La Lanterne Magique” par Eugène ROSARY à Rouen, Mégard et C°, libraires-éditeurs – 1876.

Voir : Lanterne magique et projections familiales – ToverlantaarnLa lanterne magique ou le spectacle amusant

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Une visionneuse publique, la lanterne magique électrique

Posté par Patrice Guerin le 22 septembre 2011

« Depuis quelques années, l’emploi des distributeurs automatiques a pris un développement considérable. On voit un peu partout dans les rues ou les salles d’attente de nos gares, de ces appareils, qui ont le grand avantage de ne nécessiter aucun employé et d’être dignes de la confiance la plus absolue. Ici ce sont des balances qui donnent votre poids, à côté voici des appareils qui vous électrisent ou mesurent votre force, plus loin de petites boîtes vendent à juste prix du chocolat, du nougat ou des flacons de parfums ».

Une visionneuse publique, la lanterne magique électrique dans Brevets et inventeurs LanterneBorne2-150x94  En janvier 1889, Victor BONNET, Hippolyte LISSAGARAY, Armand RICHARD et Alfred RICHARD déposent un brevet concernant un “Mécanisme automatique pour la mise en scène de stéréoscopes, dioramas et lanternes magiques”. Document G.V.

« Les systèmes automatiques ayant rencontré la faveur du public, voici un nouvel appareil montrant aux passants curieux une série de dessins d’actualité en échange d’un gros sou. Ce sont les “lanternes magiques électriques” que l’on voit déjà dans divers points de Paris, au jardin des Tuileries, au Grand Hôtel et dans quelques salles de spectacle ».

LanterneBorne3-138x150 dans Gravures et Chromos  LanterneBorne4-150x135 dans Lanternes magiquesDocument G.V.

Dans le brevet, on peut lire que « la boîte ou l’enveloppe de l’appareil, en bois ou matière quelconque, peut affecter les formes et dimensions les plus variées, et être décorée ou ornementée de toute façon convenable. Intérieurement elle reçoit et supporte tout le mécanisme nécessaire au fonctionnement de l’appareil ». Le schéma ci-dessus à droite montre que les photographies, images, télégrammes  ou autres textes peuvent se placer sur des châssis qui peuvent tourner sur eux-mêmes, plutôt que d’être mis en chapelet les uns à la suite des autres.

lanterneborne1.jpg

  La forme particulière et décorative de la borne permettait de la reconnaître de loin.

« L’ensemble est haut d’environ 2m16. Une console métallique supporte une boîte carrée à pans coupés ; au centre de la face avant se trouve une lentille grossissante de 14 cm de diamètre située à la hauteur d’un enfant de dix ans. Sous cette boîte se trouve un petit cartel indiquant « mettez une pièce de 10 centimes » à côté d’une fente pour glisser la pièce. Au dessus de la lentille se trouve un soleil rayonnant flanqué de deux petits enfants assis, tenant, l’un une pièce de 10 centimes, l’autre une glace. L’électricité est fournie par neuf piles constantes placées dans le bas de l’appareil.

Chaque jour les dessins sont changés, c’est comme un journal quotidien illustré. Lorsque vous glissez les 10 centimes dans la fente, l’intérieur de l’appareil s’éclaire aussitôt et l’on entend un petit bruit de roues faisant défiler une série de 7 dessins passant de bas en haut, chacun d’eux s’arrêtant le temps nécessaire pour bien le voir. « L’autre jour, par exemple, c’était M. Hertestein sur son lit, la reproduction d’un tableau “Dans les glaces”, un autre tableau de Danforth, un portrait de M. de Vogüé, ceux de MM. de Giers et Gondinet et enfin la catastrophe de Misengrain ».

SOURCE : CNAM – Conservatoire NUMérique
Extrait de La nature, 1er semestre 1889

kinetoscopeedison.jpg A la même époque Thomas EDISON dépose, en octobre 1888, une demande de brevet pour créer un dispositif qui « donnerait aux yeux, ce que le phonographe donnait aux oreilles ». Celui-ci est complété, en mars 1889, par un autre brevet pour un système appelé “Kinétoscope” dans lequel « nous pourrons y voir une pièce jouée à l’opéra comme si nous y étions ! ». Sa rencontre avec Emile REYNAUD, lors de l’Exposition Universelle de 1889 à Paris, lui permet de mettre définitivement au point son invention… une sorte de grosse visionneuse publique dans laquelle on peut voir un film animé de quelques minutes pour 25 cents.

Voir : Visionneuse MONOCLE ou MAGNASCOPE avec plaques de projection MAZO

 

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Brevet d’invention du Fantascope

Posté par Patrice Guerin le 19 novembre 2010

1799 Loi 3  Extrait du Bulletin Des Lois De La République N°268.

Brevet d’invention du Fantascope – ou perfectionnement de la lanterne de Kircher – déposé par le citoyen Etienne Gaspard ROBERT, dit ROBERTSON (voir PORTRAITS) le 27 ventôse l’an 7 (17 mars 1799).

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Extrait des registres des délibérations du Directoire exécutif.

Paris, le vingt sept Ventôse l’an sept de la République française, une et indivisible.

Brevet d’invention établi par la loi du 7 janvier 1791.

Au nom de la République française, une et indivisible,

le Directoire exécutif.

Vû la pétition présentée par le citoyen Etienne Gaspard Robert, professeur de physique, demeurant à Paris, rue de Provence, n°24, dans laquelle pétition il expose qu’il désire jouir des droits de propriété assurés par la loi du 7 janvier 1791, vieux style, aux auteurs des découvertes et inventions en tous genre et d’industrie, et en conséquence obtenir un brevet de cinq année, pour un appareil qui est le perfectionnement

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de la lanterne de Kircher, nommée lanterne magique, et qu’il nomme Fantascope, appareil dont il a déclaré être le perfectionneur et l’inventeur, ainsi qu’il résulte du procès verbal dressé le 7 de ce mois au secrétariat de l’administration centrale du département de la Seine, aux termes de la dite loi en date du 7 janvier 1791.

Vû un mémoire descriptif des moyens et des procédés que le dit citoyen Robert emploie pour l’exécution d’un appareil ainsi que les dessins indicatifs de ces procédés, desquelles mémoire et dessins la teneur et la copie demeureront ci jointes.

Le Fantascope ou perfectionnement de la lanterne de Kircher.

C’est en s’occupant de la recherche d’un mécanisme applicable à la direction des miroirs de Buffon, et qu’il a offerte à l’Institut national en Germinal an 4, que le citoyen Etienne G. Robert, professeur de physique au département de l’Ourthe*, a trouvé le moyen de rendre utile un instrument de physique qui jusqu’à présent n’a paru qu’un meuble inutile dans le cabinet du physicien.

C’est à la lanterne de Kircher, connue généralement sous le nom de lanterne magique, que nous devons le microscope solaire ; c’est à elle aussi que nous devons

* Cet ancien département français a été créé le 1er octobre 1795 suite au vote populaire exprimé au Pays de Liège le 17 février 1793 et a été dissous en 1814.

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Le Fantascope ou perfectionnement de la lanterne de Kircher

C’est en s’occupant de la recherche d’un mécanisme applicable à la direction des miroirs de Buffon, et qu’il a offerte à l’Institut national en Germinal an 4ième, que le citoyen Etienne G. Robert, professeur de physique au département de l’Ourte a trouvé le moyen de rendre utile un instrument de physique qui jusqu’à présent n’a paru qu’un meuble inutile dans le cabinet du physicien.

C’est à la lanterne de Kircher, connue vulgairement sous le nom de lanterne magique, que nous devons le microscope solaire ; c’est à elle aussi que nous devons l’instrument que je nomme Fantascope et qui est le perfectionnement de la lanterne de Kircher.

Encouragé par la protection que le gouvernement accorde aux artistes qui font faire un pas de plus aux sciences et aux arts, je demande pour cinq années l’assurance de cette propriété qui est la récompense des recherches et des dépenses que j’ai faites pour ce perfectionnement.

Cet instrument ainsi perfectionné devient utile aux démonstrations et à l’explication de tous les problèmes d’optique, de dioptique et de catoptrique ; il donne des moyens faciles d’expliquer les illusions de l’optique et les règles de la perspective linéaire et aérienne. Les peintres, les dessinateurs peuvent 

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l’employer pour l’imitation ou les corrections de leurs ouvrages

Construction de l’appareil

J’ai fait construire un appareil (A fig. 1ère) de 5 pieds de haut sur 2 et ½ de largeur et 3 pieds de longueur, en bois de noyer. La partie supérieure est totalement fermée comme une chambre, on y communique par une porte en B. En CCCC au bas de l’appareil sont appliqués de chaque coté deux coulisseaux en buis ayant la forme D (fig. 2) de 2 pouces de long qui servent à reposer l’appareil et à le faire couler « saucriformement” silencieusement sur deux

Fig 1   Fig 2

règles de cuivre qui ont 12  pieds de longueur, ces règles que l’on fixe sur le parquet d’une manière parallèle et surtout bien horizontalement reçoivent les coulisseaux D (fig. 2) ou CCCC (fig. 1) c’est sur ces règles E E que doit glisser mollement tout l’appareil, la partie qui touche les coulisseaux doit être en manche de couteau afin qu’il y ait le moins de frottement comme la fig. 3eme qui montre le profile de la régle qui pourrait aussi se faire en bois très fort.

Fig 3eme

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Sur le coté le moins large de l’appareil en F (fig. 1) est une ouverture de 8 pouces en quarré dans laquelle doit s’ajuster à demeure un tuyau de même forme aussi en bois et long de 15 pouces (fig. 4) il entre dans la chambre A de 4 pouces, l’intérieur doit être noirci à la détrempe afin qu’il

Fig 4    Fig 5

N’y ait point de réflexions. Dans ce tuyau doit marcher une plaque de cuivre au centre de laquelle peuvent s’adapter des verres d’un foyer plus ou moins long G (fig 5e) à cette plaque est soudée une crémaillère que fait marcher une roue dentée H (fig 4) et celle ci est mue par un bouton qui est en dehors du tuyau, en faisant tourner ce bouton on fait marcher la plaque de cuivre K d’un bout du tuyau à l’autre et conséquemment le verre qu’il porte, de l’autre coté du tuyau en A (fig 6) il doit y avoir une raynure pour pouvoir y ajouter des verres de différents foyers et montés dans des châssis comme B (fig 7).

Fig 6    Fig 7

Deux châssis et deux verres de rechange suffisent pour faire presque toutes les expériences, le premier B contiendra un verre 

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de 20 pouces de foyer et 8 pouces de diamètre, le second contiendra un verre plan convexe de 6 pouces de foyer et 8 pouces de diamètre.

Il faut avoir aussi pour la plaque K (fig 5) deux verres de rechange aussi, un de 6 pieds de foyer même plus et l’autre de 8 à 10 pouces.

Pour éclairer les objets dans l’intérieur de la machine ayez un quinquet à 4 branches B (fig8) et n’ayant qu’un corps pour y placer l’huile qui doit être bien pure.

Fig 8

Pour doubler et tripler la lumière on place des miroirs d’Allemagne qui reposent sur C et sur le dessus du magasin à l’huile D. Ce quinquet s’accroche dans l’intérieur de la chambre tout vis-à-vis de la porte B (fig 1) et de manière que les lumières soyent au niveau du tuyau F (fig 1).

Nota pour pouvoir modifier à volonté l’intensité de la lumière et conséquemment celle de la représentions des objets, il faut ménager une porte en S (fig 1 & fig 4) à l’extrémité du tuyau. Cette porte est en cuivre et se meut dans une coulisse. Cette porte est extrêmement utile pour graduer les objets, elle ne déforme en rien les objets si peu ouverte qu’elle soit elle fait toujours l’effet du diaphragme.

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Dispositions de l’appareil lorsque les objets dont on veut obtenir l’image amplifiée ou diminuée n’ont pas plus d’un pied de diamètre, tel qu’un dessin, une estampe, un bas relief ou un objet d’histoire naturelle

Fig 9

Placer dans la coulisse A du tuyau de la fig 6 ou A fig 9 le châssis B (fig 7) avec son verre de 20 pouces de foyer et dans la plaque K (fig 5) le verre de 6 pieds ou plus de foyer, j’y en mets qui ont 12 pieds de foyer mais alors l’objet est moins amplifié.

Si vous offrez un objet renversé en B (fig 9) et qu’il soit bien éclairé par les quinquets vous obtiendrez son image sur un grand châssis tendu en blanc et ayant 10 à 12 pieds de diamètre quarré, vous augmentez cette image dans les proportions de moitié du tiers de quart, de dixième ou de 20ième avec la plus grande précision : votre échelle des proportions est marquée sur les 2 coulisses D E fig 9, et

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Au moyen du bouton G (fig 9) vous placez vos verres à la distance convenable l’un de l’autre, elle est ordinairement à 6 pouces.

Si les objets dont vous voudriez avoir la représentation étaient beaucoup grand qu’un pied, alors vous supprimeriez le verre de 20 pouces en laissant seul celui du long foyer vous placeriez votre tuyau A à une cloison afin d’avoir plus de profondeur car l’appareil n’ayant que 3 pieds votre objet serait trop rapproché du verre. Vous observez alors d’éclairer le plus fortement que vous pouvez votre objet puisque vous êtes toujours le maître de modérer cette lumière par la plaque de cuivre qui ferme ou élargi le diaphragme H (fig 9) voyez à la fin la note intitulée addition.

Disposition de l’appareil lorsque les objets sont transparents.

Placez à votre coulisse A (fig 6) ou A (fig 9) un châssis C (fig 7) contenant un verre plan convexe de 6 pouces de foyer et dans la plaque K (fig 5) le verre de 8 pouces de foyer ; que votre quinquet n’ait qu’une lumière elle suffira, couvre la d’une gase ou verre dépoli afin qu’elle soit plus homogène, plus égale.

Comme il est difficile de se procurer des verres plans convexes d’un grand diamètre et d’un court foyer, j’ai imaginé il y a 10 ans de les remplacer par deux verres convexes de 8 pouces de

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foyer et placés près l’un de l’autre, alors ils peuvent tenir lieu de verre plan convexe. Si vous placez en A (fig 9) et immédiatement sur le verre plan convexe vos objets transparens tel que je l’indiquerai ci dessous vous obtiendrez la représentation avec une précision d’autant plus sévère que tout l’appareil se mouvant librement sur les coulisses vont donner le degré de l’amplification depuis le minimum jusqu’au maximum désiré. Ajouter à cela que par le moyen du bouton qui fait mouvoir la crémaillère vous ramenez toujours à la distance convenable les verres l’un de l’autre quoique tout l’appareil se meuve, avantage qui sert à expliquer les illusions d’optique et les effets de la perspective.

Pour faire servir ma lanterne aux démonstrations de physique, d’anatomie, d’histoire naturelle et même de botanique, j’ai imaginé le moyen d’imprimer sur le verre les gravures que l’on trouve dans les livres qui servent à l’explication de les sciences. Voici la méthode.

Manière d’imprimer sur le verre le papier vernis et la baudruche.

Broyez un peu de noir de fumée et un peu de blanc de plomb avec de l’huile dessicative, telle que celle des imprimeurs en taille douce ; frottez-en la planche dont vous voulez obtenir la gravure et imprimez votre objet sur un

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papier fort à la manière des imprimeurs en taille douce et au sortir de la presse appliquez ce papier sur votre verre et passez par dessus le revers de la gravure un rouleau (fig 10) d’un pouce de diamètre et 9 pouces de

Fig 10

Long. Le frottement du rouleau fixe la gravure sur le verre, mais d’une manière presqu’invisible. Vous placez aussitôt votre verre en dessus de la flamme de plusieurs bougies fines réunies, telle que des rats de cave. La fumée noircit tout le verre et s’attache à la gravure. Au bout de quinze jours votre gravure étant sèche, vous emportez votre noir avec du coton et votre verre est imprimé. Pour donner de l’effet, vous rendrez le fond opaque et vos objets ont tout l’effet que vous désirez. Si vous voulez mettre moins de suie imprimez sur la beaudruche ou le papier vernis alors ne mettez pas de blanc de plomb dans votre noir mais du noir d’ivoire, voyez les modèles 1, 2, et 3.

Plan sur lequel se peignent les objets.

Une perfection intéressante et qui devient même indispensable dans les démonstrations, c’est une cloison transparente qui donne le moyen de mettre les appareils dans la pièce

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à côté de manière sue le spectateur n’est pas distrait par les préparatifs, les déplacemens et surtout par le rayon lumineux qui l’éclaire et diminue conséquemment l’effet de l’image 2e en ce que le spectateur, lors que l’appareil est dans la même pièce que lui, ne peut être dans la ligne verticale de l’objet sans arrêter les rayons lumineux.

J’ai fait acquisition d’une boîte de trois aunes de large afin qu’elle n’eut pas de couture et pour la rendre diaphane, j’ai fait fondre de la cire vierge bien blanche dans laquelle je l’ai immergée lorsqu’elle était bouillante, je l’ai clouée à l’instant à l’ouverture faite à la cloison et, passant de proche en proche un réchaud bien allumé, j’ai étendu cette cire qui a donné à ma toile la diaphanité que je cherchois depuis si long temps. Les vernis sont trop transparens, et laissent apercevoir le foyer de la lumière, ce moyen simple que j’ai cherché pendant près de deux ans ne laisse rien à désirer, car lorsque le vernis se détériore par l’hygrométrie de la toile en passant seulement un réchaud allumé elle reprend toute sa beauté. Le premier moyen que j’avois imaginé était tout simplement un vernis de gomme arabique, voyez les modèles 4.

Les perfections que je viens d’ajouter à la lanterne de Kircher la rende un instrument utile : montée de cette manière nouvelle et avec les précisions indiquées, elle peut servir aux artistes pour calquer ou obtenir des effets vrais en y plaçant des bas reliefs qu’on obtient dans toute sorte

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de projections en un seul coup de main, qui fait glisser l’appareil sur ses coulisses et assure les verres à leurs justes foyer par la crémaillère. 2e elle a l’avantage de servir aux corps sans avoir besoin du soleil et remplace le microscope solaire. 3e elle modifie et calcule avec facilité et précision des agrandissements de l’objet par l’échelle sur les coulisses qui supportent l’appareil ; par ce moyen on explique d’une manière facile la divergence des rayons dans des verres concaves ou convexes. 4e La cloison transparente et qui tient toujours l’objet à la même distance du spectateur soit que l’objet soit petit ou amplifié, il n’est pas obligé de se déplacer pour aller chercher le spectre lumineux comme on a toujours fait dans les expériences sur la lumière. 5e Cette immobilité de la cloison est indispensable pour les objets de comparaison ou et pour les artistes lorsqu’ils veuillent tracer, corriger ou calquer, ils peuvent se mettre dans la ligne verticale de l’objet sans faire ombre vers l’objet. Cette disposition d’ailleurs donne la facilité de faire des expériences devant une assemblée nombreuse. 6e le moyen d’imprimer sur verre la beaudruche ou le papier vernis les planches d’anatomie, d’histoire naturelle ou de géographie donne beaucoup de facilité pour la démonstration de ces sciences qui demandent plus que les autres qu’on parle aux yeux pour éclairer l’entendement.

Le citoyen Robert espère qu’on voudra bien lui assurer la propriété de ce perfectionnement à la lanterne de

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Kircher comme étant la récompense des recherches qu’il a faites depuis plus de cinq ans.

Le citoyen E. G. Robert prof. De physique au Dept de Lourte

Addition à la page 6

En faisant cette expérience pour obtenir l’image des corps opaques, j’ai tenté de mettre les chambres obscures à la lumière artificielle et après une infinité d’essais difficiles j’ai vaincu les difficultés par un appareil extrêmement simple. Je cherchois à obtenir l’image d’une personne qui serait debout, de manière qu’elle se présentât dans la même position sur ma cloison transparente. Dans toutes les chambres obscures l’objet se présente renversé ; les verres convexes et les miroirs que j’employois pour redresser l ‘objet absorboit toute la lumière et défformoit l’image.

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Construction

Dans une pièce A se place l’objet à la distance de 15 pieds de la cloison B et vient se peindre sur un prisme C ou miroir de métal, là il se renverse et

Fig 11

vient passer par le verre convexe D dont le foyer doit être en raison du grossissement que l’on désire depuis 3 pieds jusqu’à 5. L’image arrive de cette manière renversée en D se relève au delà du foyer du verre et se peint dans la situation convenable sur la cloison transparente R. Ici faut multiplier les miroirs d’Allemagne pour éclairer l’objet et mettre un diaphragme à la croisière des rayons S.

E. Robert prof. de physique

SOURCE : INPI
Voir : Description et fonctionnement du Fantascope

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