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Dance of Ghosts and Death – Danse du fantôme avec la mort

Posté par Patrice Guerin le 5 août 2018

Squelette 1  Dessin de Christiaan HUYGENS (1659). Source : Leiden University Library, HUG 10 f076v

Ce dessin, inspiré de “La Danse de mort”de Hans HOLBEIN (1538), représente différentes attitudes d’un squelette jouant avec sa tête. Il a été réalisé de la main même de Christiaan HUYGENS au XVIIe siècle. C’est la toute première représentation des images qui figureront sur les plaques animées des XVIIIe et XIXe siècle.

Squelette 2  Représentation symbolique d’un spectacle de ROBERTSON figurant sur son caveau au cimetière du Père Lachaise à Paris

Les fantômes, squelettes et autres têtes de mort furent des sujets de prédilection dans les spectacles de fantasmagoriques de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle. Elles firent le succès des spectacles du célèbre physicien ROBERTSON durant la Révolution française.

Voir : Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON

Squelette 3  “Danse du fantôme avec la Mort”, seule représentation connue de ce sujet. Format 10×29,7 cm.

Cette plaque de lanterne magique, intitulée “Dance of Ghosts and Death,est d’origine anglaise et date probablement de 1830-1850. Elle présente trois images d’un fantôme dansant avec un squelette. Fantôme ou personnage en chemise de nuit ? En effet celui-ci est assez jovial en semble bien vivant, contrairement aux représentations de l’époque de la “Danse de la mort” où les mortels sont présentés comme raides et tristes. 

Squelette 4  Cliquer sur l’image pour voir l’animation réalisée à partir des vues de la plaque ci-dessus.

Il convient de préciser que les trois vues figurant sur cette plaque ne permettent pas de faire ce genre d’animation avec une lanterne magique, puisqu’elles sont placées côte à côte sur la même plaque. Il aurait fallu qu’elles soient sur trois supports (tableaux) différents, projetés rapidement par une lanterne triple, pour obtenir cet effet.

Squelette 5  Fable de La Fontaine : La Mort et le Bûcheron

Squelette 6  Fantaisie N°5 : Le magot de mon oncle Greluchet

A la fin du XIXe siècle, le squelette est représenté à de nombreuses reprises sur des plaques de lanterne magique pour symboliser la Mort. Il est moins effrayant que dans les premières représentations car ces plaques sont généralement destinées aux enfants.

Voir : Ghosts Geister & Fantômes in the theater

 

 

 

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Le cône de lumière projetée

Posté par Patrice Guerin le 3 mai 2018

L’art de la projection a une histoire. Elle commence avec la lanterne magique et parcourt les dispositifs plus sophistiqués inventés par la suite, cinéma ou projection vidéo.

Cone 01  Projection d’une horloge. “Oculus Artificialis Teledioptricus Sive Telescopium…” par Johannes Zahn 1685.

La projection véhicule des images, et le projecteur n’y est qu’un moyen au service d’autre chose : l’image projetée.

Cone 02  Représentation de fantasmagorie au début du XIXe siècle d’après Moreau – Paru dans “Le Magasin Pitoresque” de 1869.

Une telle histoire de la projection laisse de côté le fait que, au-delà de son existence transitive, le projecteur a acquis une existence intransitive, une existence qui s’est imposée dans les deux dernières décennies du dix-neuvième siècle, et dont la manifestation a été peu commentée jusque là.

Cone 03  Bon point fin du XIXe siècle.

L’histoire de toute une iconographie du spectacle du projecteur en tant que tel reste à faire. Cette représentation du projecteur, en tant que spectacle sui generis, est celle de trois termes indissociés – à savoir une source, un cône de lumière et une cible. (Tandis que, si le projecteur est considéré comme seul moyen, on s’intéresse, de façon distincte, d’une part à l’objet ou à la scène éclairée, et d’autre part à la technique.)

Cone 04  Couverture de la revue “Mon Ciné” 1923.

Une image type s’est ainsi formée, reprenant de gravure en gravure, ou photos retouchées, un cône de lumière matérialisé par le dessin d’une surface plus claire, voire blanche.

Texte extrait d’un article de Christian Besson in  Alliage, n°75, Nice, 2015 : http://www.besson.biz/projecteur/

Diverses représentations du “Cône de lumière” dans la projection qui son aussi visibles dans l’album “Illustrations et Gravures” (à droite) : Lanterne magique chromos à système - Chromo lanterne magique André HELLE - Chromos lanterne magique enfants - Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON - Le siège de Paris en 1870 - Mégascope LEFEVRE ou Lampadorama - Lanternes de projection et d’agrandissement - Lanterne magique et projections familiales – Toverlantaarn - Chromos fantaisies lanterne magique - Athanasius KIRCHER et la lanterne magique - Emile REYNAUD, le Théâtre Optique et les Pantomimes lumineuses - Enseignement par les projections lumineuses MOLTENI et MEUNIER - ”LE VIEUX STYLE” n°31 extrait de la collection ”LE BON GENRE” - Publicité par les projections lumineuses - Ombres chinoises et silhouettes - Histoire de la Maison de la BONNE PRESSE - Les projections lumineuses dans les églises - Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi - Best Wishes and Greetings with magic lantern - Les projections lumineuses colorées dans la DANSE SERPENTINE - Microscopes solaires de projection - Les projecteurs publicitaires en carton des années 50 - Vues fondantes – Dissolving views - Plaques animées et plaques à système pour projection - La Société d’Enseignement par les projections lumineuses - Le Lampadorama ou Lampascope bilampadaire LEFEVRE - Le MEGASCOPE à l’origine de la projection des corps opaques - Les prismes et l’étude de la lumière - Les projections à l’école

 

 

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Ghosts Geister & Fantômes in the theater

Posté par Patrice Guerin le 6 octobre 2014

« Un fantôme est une image floue, lumineuse, brumeuse et inconsistante, qui paraît flotter au-dessus du sol. Cette apparition est interprétée comme une vision ou une illusion de la manifestation surnaturelle d’une personne décédée. »

Fantome 01Plaque de fantasmagorie – Collection Cinémathèque Française

Depuis longtemps, certains hommes ont cherché à s’approprier ce phénomène, pour obtenir du pouvoir et influencer les foules.

Voir : Fantasmagorie dans l’antiquité - Dance of Ghosts and Death / Danse du fantôme avec la mort

 

Lorsque la lanterne magique fut suffisamment pratique à utiliser et posséda un éclairage assez puissant, de nombreux illusionnistes, tant en Grande-Bretagne, en France, au Japon et dans d’autres pays, montèrent des spectacles de fantômes plus ou moins réalistes.

Voir : Projection de spectres vivants et de fantômes au théâtre

Fantome 2  Affiche de 1885 – Source Royal Polytechnic Instition

Parmi les organismes qui présentèrent des spectacles en Angleterre, la Royal Polytechnic Instition, fondée en avril 1838, fut l’une des premières à utiliser les projections lors de conférences illustrées, de séances d’enseignement populaire ou de spectacles récréatifs. A partir de 1854, son nouveau directeur, John Henry PEPPER (1821-1900) développe l’utilisation de projections lumineuses dans toutes les activités de la Royal Polytechnic Institution. Excellent vulgarisateur, passionné par l’optique, il embauche les meilleurs peintres et lanternistes de l’époque. C’est lui qui présente des spectacles de “spectres vivants” sur la scène du grand théâtre. La Cinémathèque de Paris possède une magnifique collection de plaques de verre peintes à la main provenant de cette institution.

Pour en savoir plus : cliquer ici

Fantome 3

En France, dès la fin du XVIIIe siècle, les spectacles de fantasmagorie de ROBERTSON marquèrent les esprits avant que ce type de représentations ne soit repris, au milieu du XIXe siècle, par quelques magiciens avides de spectaculaire. Puis les théâtres utilisèrent ce procédé pour satisfaire aux demandes d’auteurs ou de metteurs en scène curieux de ces “effets spéciaux” susceptibles de valoriser leurs spectacles.

Voir : Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON

Fantome 4  Fantome 6Livre japonais sur la magie – Vers 1880

Dans ce petit livre japonais, une page est consacrée à la projection de fantômes sur scène.  1 Le sujet à traiter nécessite quelques préparatifs. 2 Vous aurez besoin d’une feuille de verre à travers laquelle on peut voir clairement. 3 Le public ne doit pas être en mesure de voir la feuille de verre. 4 Le public doit être assis derrière la feuille de verre. 5 Utiliser une lanterne magique pour projeter une image de fantôme sur la feuille de verre.

 

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Le MEGASCOPE à l’origine de la projection des corps opaques

Posté par Patrice Guerin le 8 juin 2014

Megascope 11Extrait de “L’Art des Projections” par l’Abbé MOIGNO – 1872

Vers 1780, le physicien français Jacques CHARLES (1746-1823) utilise pour la première fois, dans son cabinet de physique, un appareil destiné à projeter l’image agrandie de corps opaques, appelé “Mégascope”. « Il plaçait les objets au dehors de la pièce obscure de manière qu’ils fussent éclairés par le soleil à l’aide de miroirs plans convenablement placés. Une lentille grossissante fixée dans le volet permettait de projeter l’image agrandie sur un écran. Cette expérience fut reproduite en remplaçant le soleil par la lumière artificielle, et les effets mégascopiques furent tellement en honneur au commencement du XIXe siècle, que non seulement on montrait agrandis des bas-reliefs, des statues, médailles, gravures, etc. mais aussi des personnes vivantes que l’on éclairait avec un plus ou moins grand nombre de quinquets. » En fait il s’agit d’une chambre noire de grande dimension dans laquelle on peut entrer pour observer un objet placé à l’extérieur. D’ailleurs, comme dans tout appareil photographique, l’image projetée est inversée par rapport au sujet placé à l’extérieur.

Voir : Projection de SPECTRES VIVANTS et de FANTOMES au théâtre - Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON

Megascope 12  CHADBURN Optical Mathematical and Philosophical Instrument Makers – 1858 – Cliquer ici

Les anglais nous indiquent que la lanterne pour corps opaques a été conçue par MM. CHADBURN & Sons, opticiens à Sheffield puis à Liverpool (71 Lord Street) “Registred in 1864”, et fut, pendant longtemps, connue sous ce nom.

Sammelband ETH-BIB Rara - L'  art des projections

Ce mégascope, d’origine anglaise, est composé de deux parties. D’une part une lanterne classique en bois qui contient un condensateur ainsi qu’une forte source lumineuse, probablement un chalumeau oxhydrique car les deux tuyaux d’alimentation sont visibles à l’arrière. D’autre part un coffret, lui aussi en bois, équipé d’un objectif achromatique à long foyer « éclairés de cette manière, les rouages d’une montre à secondes en mouvement produisent un effet vraiment merveilleux ».

Megascope 14  Aphengescope avec deux lanternes

Dans les années 1870 « on vend en Angleterre, sous le nom de “Wonder Camera” un appareil beaucoup moins coûteux, qui projette dans les dimensions de la nature vivante, les portraits carte de visite des albums. La figure ci-dessus représente un appareil semblable avec une combinaison de deux lanternes, à laquelle on a donné le nom barbare d’Aphengescope » Abbé MOIGNO.

Voir : L’APHENGESCOPE ou le Mégascope pour corps opaques

Sammelband ETH-BIB Rara - L'  art des projections

Dans son ouvrage de 1872 dénommé “L’Art des Projections” l’Abbé MOIGNO (voir PORTRAITS) indique aussi « Il y a quelques semaines, monsieur Henry MORTON, qu’on pourrait appeler l’apôtre de la projection qu’il pratique sur la plus grande échelle devant d’immenses auditoires dans les plus grandes salles de spectacle du monde entier ( par exemple la salle d’opéra de Philadelphie qui peut recevoir jusqu’à 3500 auditeurs), nous apprenait comment il a simplifié la mise en lumière des corps opaques. Il n’emploie plus de condensateur ni de réflecteur. Il prend pour source de lumière un jet de gaz oxhydrique placé très près de l’objet qu’il doit éclairer. Il dispose en avant de la caisse contenant la lumière et l’objet, une lentille achromatique de 127mm de diamètre et de 538mm de distance focale, de manière à projeter une image bien nette sur l’écran. De cette manière, une main, un mouvement de montre, un mécanisme quelconque, etc. donnent par projection des images saisissantes de relief et de réalité ».

Megascope 16  Megascope 17  Megascope 28

A la fin du XIXe siècle et dès le début du XXe, plusieurs constructeurs proposent des appareils mieux adaptés et plus efficaces pour la projection de corps opaques, afin de répondre aux besoins de l’enseignement qui utilise de plus en plus la projection dans les écoles, les lycées et même les facultés. De plus l’avènement de la carte postale va permettre de fabriquer de nouveaux appareils.

Voir : Cartoscope Panoptic - Un APHENGOSCOPE amélioré - Le Lampadorama ou Lampascope bilampadaire LEFEVRE

 

 

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Plaques animées et plaques à système pour projection

Posté par Patrice Guerin le 26 novembre 2013

Plaque 01  Séance de projection familiale au XIXe siècle

Vers 1725, le physicien hollandais Pieter VAN MUSSCHENBROEK (1692-1761) présente des plaques animées. Une petite manivelle permet de mouvoir, par poulies interposées, une plaque de verre sur laquelle sont peintes les ailes d’un moulin qui tournent devant la tour peinte sur une autre plaque de verre fixe.

Plaque 02  Plaque de fantasmagorie – XVIIIe siècle. Collection Antic-Photo

Il s’agit d’une plaque ou “tableau” de projection fixe, généralement montée dans un cadre en bois qui comporte plusieurs vues permettant de créer une petite animation à l’écran. Ces plaques, combinées à des lanternes doubles ou triples permettaient de créer de véritables spectacles animés bien avant l’invention du cinéma.

Voir : Lanternes multiples ou POLYORAMAS - Vues fondantes – Dissolving views

Plaque 03 Catalogue Mazo – 1908  fichier mov Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Les plaques animées ne comportent pas de mécanisme, il s’agit généralement de deux vues sur verre dont l’une est fixe et l’autre mobile (voir ci-dessous tableaux à tiroir). Les plaques à système sont munies d’un mécanisme : levier, poulie, engrenage, manivelle, etc. Il existe de nombreux modèles de plaques animées.

Plaque 04fichier mov Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Les tableaux “A tiroir” (Slip slides) comprennent généralement un verre fixe qui représente les deux états d’une action dessinée sur fond noir. Le second verre “à tiroir” porte un cache peint en noir ou en papier opaque qui permet d’obturer l’une ou l’autre partie de l’action lorsqu’on le déplace horizontalement. On parle aussi de tableaux à “Caches”.

Plaque 05Muckross abbey – Ireland fichier mov Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Les tableaux à “Longue course” ou “Panoramas mouvants” sont des tableaux à tiroir dans lesquels la plaque mobile représente un élément en ombre chinoise (bateau, barque, voiture, personnage) qui se déplace lentement dans le décor coloré.

Plaque 06  Plaque 07

Il existe même des châssis spéciaux pour “Ombres projectionnées” permettant de faire « défiler sans secousse et d’une façon lente et régulière » une grande plaque de verre (45cm de long) sur laquelle est peinte une succession d’ombres. Celle-ci coulisse à la main ou à l’aide d’une manivelle devant un paysage figurant sur une autre plaque située à l’avant de ce châssis dans un passe vue va-et-vient permettant de la remplacer en cours de projection. Combinées à une lanterne double, ces plaques permettent de créer de véritables spectacles d’ombres, tels qu’ils étaient projetés au cabaret du “Chat noir” au XIXe siècle.

Voir : Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi - Ombres chinoises et silhouettes

Plaque 08La corvée de quartier fichier mov Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Les tableaux “A levier” (Lever slides) sont fait sur le même principe que les tableaux à tiroir. Ils comprennent un verre fixe, généralement rond, fixé dans la monture en bois sur lequel est peint le sujet principal et un verre mobile que l’on fait tourner partiellement à l’aide d’un levier en métal qui dépasse sur le côté de la plaque.

Plaque 09

Les tableaux “A rotation” ou “A engrenage” ressemblent aux tableaux à levier mais permettent un mouvement circulaire plus complet. Ils comprennent un verre fixe, généralement rond, fixé dans la monture en bois sur lequel est peint le sujet principal et un verre mobile que l’on peut faire tourner en permanence à l’aide d’une petite manivelle. Initialement le disque animé était entrainé par une petite corde sans fin entrainé par la manivelle. Par la suite on à préféré un système à engrenage permettant un mouvement plus régulier et évitant le glissement de la cordelette.

Plaque 10  fichier mov  Cliquer sur l’icône MOV pour voir l’animation

Ce type de mécanisme est utilisé pour faire tourner les “Chromatropes”, aussi appelés “Rosaces tournantes”. La plaque se compose d’une vue circulaire placée sur le châssis qui représente un dessin géométrique coloré et une vue mobile pouvant représenter le même dessin ou un dessin complémentaire. Les deux plaques tournent en sens inverse à l’aide d’une manivelle, ce qui crée à l’écran « de très curieux effets de colorations ».

Voir : Les CHROMATROPES de projection

Il existe de nombreuses variantes dénommées “Eidotropes”, “Chromascopes”, etc. Dans l’Eidotropes, par exemple, monsieur WEASTHONE, qui en est l’inventeur, a remplacé les disques de verre peint par des plaques rondes de métal léger ou de carton dans lesquelles il a fait des entailles « permettant d’obtenir des figures géométriques qui se recoupent de toutes manières ».

Plaque 11  Plaque 12  Photograph courtesy of RICHARD WARREN LIPACK (USA)

Les tableaux “Mécaniques” permettent de présenter un mouvement un peu plus complexe que celui d’un tableau à rotation. Une manivelle anime, à l’aide d’une poulie, une silhouette représentant souvent un humain ou un animal découpé dans du métal léger ou de la gélatine colorée. Parfois les membres (bras et jambes) sont mobiles et remuent en fonction de la rotation du corps. ROBERTSON (voir PORTRAITS) avait utilisé ce genre de tableau dans la “danse des sorciers” ou l’on voyait des personnages tournoyer autour d’un squelette.

Voir : Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON

Plaque 13  La danse des nains

Il existe d’autres types de tableaux animés tel que ce tableau “Hydraulique” composé d’une cuve remplie d’eau dans laquelle sont plongés de petites figures en bois représentant des insectes ou de petits personnages légendaires. En pressant sur la poire en caoutchouc on crée des remous qui font tourbillonner ces petites figures de manière tout à fait aléatoire.

De très nombreux thèmes ont été traités en plaques animés afin de donner vie à des spectacles très vivants.

Voir : Projection de phénomènes météorologiques - Petit spectacle de lanterne magique - Les collections de vues pour projection MAZO

 

 

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Les expériences d’optique de DELLA PORTA

Posté par Patrice Guerin le 28 août 2013

Les expériences d’optique de DELLA PORTA dans Brevets et inventeurs porta-1-119x150

Giambattista DELLA PORTA (voir PORTRAITS) ou Giovanni Battista DELLE PORTA (1535-1615) est un physicien, opticien, philosophe, cryptologue et alchimiste italien. Ses travaux et exposés sur les lentilles passent pour avoir fortement inspiré la fabrication de la première lunette en 1590.

porta-2-105x150 dans Lanternes magiques  Ouvrage “De Refractione optices parte” publié à Naples chez Horatius Salvianus en 1593. Le traité, qui se divise en 9 livres, étudie la réfraction des rayons lumineux quand ils traversent divers corps transparents.

Toute son œuvre témoigne de son goût pour le merveilleux. Il fut le fondateur de l’académie des Otiosi, puis de l’académie des Secrets dont le nom attira les foudres de l’Inquisition. Le pape Paul III la fit supprimer et interdit à DELLA PORTA de se mêler plus longtemps “d’arts illicites”. DELLA PORTA installa dans sa maison un riche cabinet de curiosités. Il en fit les honneurs à de nombreuses personnalités. Il contribue fortement à répandre le goût des sciences physiques et naturelles. On lui doit la découverte de la chambre noire, de nombreuses expériences d’optique.

Voir : La lanterne magique dans les cabinets de physique

porta-3-291x300  Expérience de PORTA

C’est à PORTA que l’on doit l’explication du phénomène produit par un faisceau lumineux pénétrant dans une pièce obscure. « Si l’air de la chambre noir est bien pur et que nous venions à en troubler la limpidité en secouant un linge renfermant de la craie pulvérisée, cette poussière serrée fera écran et nous verrons apparaître un cône lumineux produit par l’éclairage, à l’intérieur de son contour, de toutes les pellicules de craie. »

Dans la pratique, les spectateurs se placent dans la chambre obscure et un opérateur dirige convenablement une nappe de fumée dans le cône lumineux contenant l’image qu’on a eu soin au préalable de redresser à l’aide d’un système de lentilles convenablement disposées à l’ouverture de la chambre obscure. Deux siècles plus tard, ROBERTSON utilisera cette technique pour faire apparaître des fantômes et autres revenants.

Voir : Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON

porta-5-116x150  porta-4-300x224  Extraits d’encyclopédies anglaise et allemande – 1797

Plusieurs planches d’encyclopédies datent du XVIIIe siècle représentent ce principe de projection sur un nuage de craie ou de la fumée.

 

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La projection de photographies en couleurs, procédé TRICHROME

Posté par Patrice Guerin le 4 mai 2013

La projection de photographies en couleurs, procédé TRICHROME dans Images projetees couleur-31-300x182

Dès le XVIIIe siècle, l’art des projections lumineuses ne cesse de se développer, aussi bien devant un public épouvantés ou émerveillés (Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON) que dans les familles les plus populaires par le biais des montreurs d’images de tous poils (La lanterne magique ou le spectacle amusant). Pour rendre ces spectacles les plus réalistes possibles, on colorie à la main les images dessinées ou photographiques (Colorisation des plaques de verre) en attendant de trouver un système permettant de photographier les “vraies” couleurs de la nature.

Voir : Petite histoire des PROJECTIONS en COULEURS - Projecteur trichrome artisanal

 

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Le premier à fabriquer et à commercialiser des appareils trichromes est l’américain Frédéric Eugène IVES (Voir PORTRAITS). Dès 1877 il travaille sur les moyens de prendre et de visualiser des images en couleurs. Le résultat de ses travaux lui permet de mettre au point et de fabriquer dans les années 1895/1900 différents appareils trichromes.

couleur-33-150x128   couleur-47-146x150     couleur-43-150x126 Divers appareils photos, connue sous les noms de “Heliochromoscope”“Kromskop Camera” ou « Chromographe”. Il existe aussi un accessoire pouvant se placer au dos d’une chambre photographique standard afin de faire trois prises de vues d’un même sujet à travers des filtres rouge, vert et bleu.

couleur-34-150x139  couleur-35-150x143 Une visionneuse stéréo en couleur dénommée “Kromskop“, commercialisée à partir de 1895, qui sera suivi par une version monoculaire nommée “Junior Kromskop”.

Voir : Visionneuse stéréo PHOTOCHROMOSCOPE ou KROMSKOP de IVES

couleur-36-300x175  Un projecteur trichrome dénommé “Photochromoscope”. En fait il s’agit d’un accessoire venant se placer à l’avant d’une lanterne de projection ordinaire qui permet de décomposer le faisceau lumineux en trois axes passant par des filtres rouge, vert et bleu, puis au travers de vues en noir et blanc adaptées avant de composer une image colorée sur l’écran.

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En 1898, IVES crée une société en Grande-Bretagne, “Photochromoscope Syndicate, Limited”. Il prend comme assistant Edward Raymond TURNER (1873-1903). Enthousiasmé par le principe additif des couleurs, expérimenté avec le Kromskop, TURNER quitte son emploi l’année suivante pour appliquer ce principe au cinématographie. Il construit et brevète un système de cinéma trois couleurs en 1899.

Pour en savoir plus cliquer ici

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En 1901, une polémique voit le jour entre DUCOS DU HAURON et IVES sur l’origine du procédé trichrome et les moyens mis en œuvre pour réaliser ces images. IVES écrit « qu’il y avait des défauts graves dans chacune des méthodes proposées par M. DUCOS DU HAURON ». Ce à quoi DUCOS DU HAURON répond « ces prétendus défauts ne furent que des erreurs théoriques qui n’eurent pratiquement aucune importance… ». Il faut savoir que les théoriques de DUCOS DU HAURON ont été publiées à partir de 1867, avant qu’il n’ait connaissance des travaux de MAXWELL, sur lesquels s’appuie IVES.

Voir : Petite histoire des PROJECTIONS en COULEURS

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A la même époque, en Allemagne, le Dr Adolph MIETHE (1862-1927) met au point un projecteur trichrome qui est construit par la maison GOERZ.

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Les appareils commercialisés par IVES auront un certain succès durant une dizaine d’années jusqu’à l’invention du système “Autochrome” par les frères LUMIERE, en 1903 et sa commercialisation à partir de 1907. La projection des autochromes « exige souvent une plus grande intensité lumineuse que pour les vues colorisées. Elle nécessite que l’on puisse la modérer suivant les cas, de façon à pouvoir conserver aux couleurs leurs valeurs brillantes ou vaporeuses ».

Voir : Les plaques AUTOCHROMES pour la photographie en couleurs

couleur-45-150x114  Projection en couleurs faite par monsieur Louis GAUMONT à l’Académie des Sciences, le 10 novembre 1919

Le procédé trichrome sera aussi utilisé  au cinéma. En 1911, la Société des établissements GAUMONT dépose un brevet pour la projection cinématographique trichrome.

Pour en savoir plus cliquer ici

En 1932, Herbert KALMUS met au point aux Etats-Unis la caméra Technicolor trichrome.
Pour en savoir plus cliquer ici

couleur-46-150x110 Publicité Kodak – Années 1950

Il faut attendre les années 1950 pour que la photographie couleur entre définitivement dans une majorité de familles par le biais de la fameuse diapositive Kodachrome qui est à l’origine de ces rituelles séances de projection familiales du dimanche après-midi.

 

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Les EFFETS SPECIAUX au théâtre durant le XIXe siècle

Posté par Patrice Guerin le 11 avril 2013

Après que l’on eut découvert les différents “trucs” utilisés dans les spectacles de Fantasmagorie et autres tours de magie, faisant apparaitre des spectres et revenants de l’au-delà, la lanterne de projection est régulièrement utilisée sur les grandes scènes théâtrales, aussi bien en France qu’à l’étranger pour produire de nombreux effets.

Voir : Spectacle de fantasmagorie ROBERTSONProjection de SPECTRES VIVANTS et de FANTOMES au théâtre

Les EFFETS SPECIAUX au théâtre durant le XIXe siècle dans Lanternes projection Regulateur-11-300x183  Opéra “Moïse et Pharaon” en 1860. Effets lumineux sur Moïse et arc-en-ciel

Grâce au régulateur électrique inventé par messieurs FOUCAULT et DUBOSCQ milieu du XIXe siècle, le théâtre peut enfin réaliser des “effets spéciaux” dignes des grandes scènes parisiennes.

Voir : Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQ

Dans “Faust”, le rayon lumineux qui vient dessiner sur le grand pilier de la cathédrale et le parquet de la scène les contours indécis des vitraux du chœur est issu d’une lanterne de projection. Les effets du soleil levant du “Prophète” de MEYERBEER et d’arc-en-ciel dans “Moïse et Pharaon” de ROSSINI sont dus aux mêmes moyens.

theatre-12-119x150 dans Projections pour SpectaclesSoleil levant

En 1849, l’appareil employé au troisième acte du “Prophète”, pour imiter le soleil levant, se compose d’une lampe à arc portée par un support de bois et munie d’un grand réflecteur parabolique. A l’avant est placé un écran de soie tendu sur un cadre, qui est traversé par un faisceau cylindrique de lumière, formant ainsi une tache ronde représentant le disque solaire. L’appareil tout entier, convenablement masqué par les décors, s’élève lentement derrière l’écran situé en fond de scène, de sorte que l’astre du jour semble monter progressivement au dessus de l’horizon.

theatre-13-300x190Arc-en-ciel

C’est en 1860, dans le premier acte de l’opéra “Moïse”, qu’on applique pour la première fois l’électricité pour produire un arc-en-ciel. Une lanterne équipée d’un arc électrique est placée sur un échafaudage de hauteur convenable, à 5 mètres du rideau et perpendiculairement à la toile qui figure le ciel. Les rayons lumineux traversent d’abord un premier système de lentilles, qui les rend parallèles, puis un écran opaque  découpé en forme d’arc. Ils passent ensuite à travers une lentille biconvexe, qui sert à augmenter la courbure de l’image et à lui donner une extension plus considérable et traversent enfin un prisme placé de telle sorte que les couleurs apparaissent dans l’ordre naturel, c’est-à-dire le rouge en haut et le violet en bas.

Voir : L’éclairage à arc électrique pour les décors de théâtres et d’opéras

theatre-14-124x150   Eclair

Pour obtenir un éclair aussi réaliste que possible, on utilise l’arc électrique formé entre deux charbons placés à l’avant d’un miroir plan. Le charbon supérieur est fixe tandis que l’autre peut être avancé ou reculé selon les besoins. Ce dernier est fixé à une tige de fer doux pouvant pénétrer à l’intérieur d’un solénoïde qui fait partie du circuit placé derrière l’appareil. Tant que le courant ne passe pas, les charbons restent en contact sous l’action d’un ressort qui pousse celui du bas. Si l’on vient à fermer le circuit, le fer doux attiré pénètre à l’intérieur du solénoïde, le charbon mobile recule et l’arc lumineux se forme, puis s’éteint aussitôt. Le charbon inférieur revient au contact, poussé par le ressort et l’appareil est près à produire un autre éclair. L’appareil étant de faible dimensions, il peut être confié à un technicien en coulisse, voir même un figurant sur scène, qui peut l’activer sur une réplique ou un mouvement particulier. Il a fait son apparition pour la première fois, sur la scène du théâtre des Variétés, dans les “Voyages de la Vérité”.

theatre-24-141x150  « Quand Emile secoue sa tôle, Pierre souffle dans sa pipe ! » 1873

Dans certains théâtres, on obtient aussi d’excellents éclairs à l’aide d’un dispositif électrique encore plus simple. On relie les deux pôles d’une source électrique assez puissante, l’un avec une grosse lime un peu usée, l’autre avec un charbon à lumière. En frottant le charbon sur la lime, on obtient à la rupture de chaque contact, un arc électrique dont la lueur correspond à un bel éclair.

Dans les petits théâtres ne possédant pas encore la lumière électrique, on se sert d’une sorte de grande pipe dont le fourneau est rempli par une éponge imbibée d’alcool et saupoudrée de lycopode «  En allumant et en soufflant fortement par le tuyau, on produit dans la coulisse une grande flamme qui illumine la scène un court instant, comme un éclair pendant ».

theatre-22-150x120 Tonnerre  theatre-21-148x150  Vent  theatre-23-94x150 Pluie

Tous ces effets visuels sont renforcés par des effets sonores tout aussi impressionnants. Le bruit du tonnerre est provoqué par un roulement de tambour ou l’agitation d’une feuille de tôle suffisamment souple. Le vent provient d’un double cylindre en papier gris que l’on tourne plus ou moins rapidement ; quant à la pluie on utilise un grand sablier en bois rempli de copeaux de zinc et de morceaux de papier de verre !

theatre-25-128x150  Nouveau théâtre de la porte Saint-Martin à Paris, reconstruit en 1873

Dans les années 1895, monsieur TROUVE emploie au théâtre de la Porte Saint Martin, dans le “Maître d’armes”, un dispositif fort simple et ingénieux. Une petite lampe à incandescence dont le foyer très concentré possède une grande puissance lumineuse est placée à l’extrémité d’une longue tige flexible – une gaule de pêche par exemple – ; un commutateur à pied permet d’allumer ou d ‘éteindre cette lampe très facilement. Il suffit, à l’instant voulu, d’agiter la tige en zigzag, de haut en bas, pour imiter la chute de la foudre sur un lieu précis.

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Lorsque le faisceau lumineux doit suivre un personnage, comme dans “Faust”, “Hamlet”, etc. il est nécessaire d’utiliser une lanterne plus légère, en bois ou en tôle, équipée de lentilles permettant de concentrer la lumière et d’un diaphragme placé devant l’objectif afin d’augmenter ou de réduire l’importance du faisceau lumineux.

La plupart de ces dispositifs et appareils ont été inventés et mis au point par la maison DUBOSCQ.
Voir : La maison d’instruments d’Optique et de Précision SOLEIL – DUBOSCQ – PELLIN - Le régulateur à arc électrique DUBOSCQ

 

Source de l’article : “L’électricité au théâtre” par Julien LEFEVRE – Paris A. GRELOT éditeur de l’Encyclopédie Electrique – Vers 1894

 

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Projection de SPECTRES VIVANTS et de FANTOMES au théâtre

Posté par Patrice Guerin le 29 mars 2013

L’apparition de spectres translucides et impalpables est un phénomène – réel ou artificiel -  qui existe depuis la plus haute antiquité et fascine les esprits les plus crédules, « Apparition de spectres, Fantômes et Revenants, tels qu’ils ont dû et pu apparaître dans tous les temps, dans tous les lieux et chez tous les peuples » ROBERTSON.

Voir : Fantasmagorie dans l’antiquité

Projection de SPECTRES VIVANTS et de FANTOMES au théâtre dans Projections pour Spectacles spectres-01-300x183  Gravure figurant en frontispice du livre “Mémoires récréatifs scientifiques et anecdotiques” de E.G. Robertson – 1840

Ce type d’illusion a été très utilisé à la fin du XVIIIe siècle et l’on en retrouve des descriptions précises dans les “Mémoires” du physicien Etienne-Gaspard ROBERT dit ROBERTSON (Voir PORTRAITS) qui imagina à l’époque divers spectacles de fantasmagories.

Voir : Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON

Tombé en désuétude quand les stratagèmes de ROBERTSON furent dévoilés, ce genre de spectacle revient à la mode dans les années 1850, lorsqu’un illusionniste, Henri ROBIN (1803-1874), présente sur scène l’image de personnages vivants vivement éclairés à la lumière électrique.

spectres-02-113x150 dans Projections pour Spectacles  Tambour fantôme et Robin – 1852 – Collection Christian Fechner

« Ce fut en 1845 que j’eus l’idée d’une nouvelle invention pour produire ces sortes d’apparitions. Ayant rencontré des obstacles sans nombre à l’exécution, je dus attendre jusqu’en 1847 pour arriver à un résultat satisfaisant. C’est à cette époque que, pour la première fois, je les présentai au public sur les théâtres de Lyon et de Saint-Etienne sous le nom de Fantasmagorie vivante. A mon grand étonnement je fis peu d’effet. Il manquait à ces apparitions pour obtenir l’illusion complète, le perfectionnement que j’y ai introduit depuis. Arrivé enfin à mon but, je les donnai avec beaucoup de succès à Venise, à Rome, à Munich, à Vienne, à Bruxelles, mais comme ces expériences me causaient grand embarras, je me vis forcé de les mettre de côté pendant quelque temps. »

Source Artefake cliquer ici

spectres-03-150x95  Armoire spirite théâtre Robin – 1867 – Collection Christian Fechner

En 1862 Henri ROBIN crée son propre théâtre situé boulevard du Temple à Paris. Cependant ROBERT-HOUDIN précise que le “truc” des spectres fut imaginé en 1863 par M. PEPPER, directeur du Polytechnic Institution de Londres.

Voir : Ghosts Geister & Fantômes in the theater

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En 1863 au Chatelet, cette technique est utilisée dans “Le secret de miss Aurore” puis en 1868, au théâtre de l’Ambigu, des spectres apparaissent lors du dénouement de la pièce intitulée “La Czarine”. Les effets sont réglés par ROBERT-HOUDIN lui-même qui en décrit le processus dans son livre posthume intitulé “Magie et physique amusante” chez Calmann Lévy 1877. « Un savant, M. de Kempelen, dévoué à la czarine, parvient, à l’aide de procédés scientifiques, à déjouer les projets criminels du faux prétendant… et pour achever de le confondre, il annonce qu’il va évoquer l’ombre de Pierre III ».

Pour voir ce livre cliquer ici

spectres-04-300x193  Cette gravure se trouve, entre-autres, dans le livre de MOLTENI “Instructions pratiques sur l’emploi des appareils de projection” et en couverture du livre de Julien LEFEVRE “L’électricité au théâtre” – Collection P.G.

L’acteur, placé sous la scène, reçoit un faisceau lumineux très intense provenant d’une grosse lanterne de projection équipée d’un système d’éclairage à arc électrique. Entre lui et la lanterne se trouve une première glace sans tain inclinée à 45° qui fonctionne comme un miroir et renvoie l’image du personnage sur une seconde glace transparente parallèle à la première qui réfléchit cette image vers le spectateur « bien entendu on dissimule les bords de cette glace au milieu de décors et d’accessoires tels que simulacres de roches ou d’arbres ». La salle doit être plongée dans une obscurité totale pour que l’on ne voit aucun reflet sur le miroir afin d’avoir l’impression que le fantôme est réellement sur scène, comme on le voit à l’arrière de celle-ci.

robert-15-150x103  Spectacle vu par les spectateurs

Dans certain cas, la lanterne se trouve sous la scène et le figurant est placé dans une fosse côté spectateurs. Il n’existe alors qu’un seul miroir sur scène, mais le spectre vu par les spectateurs est alors inversé – de gauche à droite – par rapport au figurant. Dans tous les cas, l’éclairage de la scène est réglé de telle manière que l’on puisse voir simultanément le spectre diaphane par réflexion sur la vitre et les acteurs à travers celle-ci, en ayant l’impression qu’ils sont dans le même espace.

1-fantasmagorie-02-150x97  Dans ce type de représentation, il n’est pas  nécessaire que la lanterne soit mobile car elle ne projette pas une image, mais uniquement un faisceau lumineux

Les puissants régulateurs électriques, dont l’invention est due à monsieur DUBOSCQ dans les années 1850, ont progressivement permis de créer des effets de plus en plus spectaculaires « Le vif éclat de l’arc électrique le rend éminemment propre à fournir sur la scène des théâtres une brillante lumière, susceptible d’être utilisée dans une foule de circonstance ».

spectres-05-206x300  Voir : Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQAutres lanternes de projection DUBOSCQ PELLIN

Par la suite ce procédé a bien souvent été modifié pour produire d’autres illusions d’optique tels que le “Décapité parlant” exhibé pour la première fois en Angleterre par le colonel STODARE et les nombreuses imitations qui en ont été faites comme la “Demie-femme”, le “Buste isolé”, la “Femme à plusieurs têtes”, “Stella” etc.

 

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Projection de décors au théâtre et à l’opéra

Posté par Patrice Guerin le 3 février 2012

Dès le milieu du XIXe siècle, des lanternes de projection éclairées par des régulateurs à arc électrique sont utilisées pour créer des “effets spéciaux” dans certaines représentations à la mise en scène spectaculaire.

Voir : L’éclairage à arc électrique pour les décors de théâtres et d’opéras

Dans les années 1900 / 1930 on utilisait de grosses lanternes de projection dissimulées derrière la toile de fond de scène pour projeter des décors peints ou photographiques. Cela permettait d’éviter le matériel encombrant de certaines mises en scène et offrait la possibilité d’animer les décors grâce à l’utilisation de plusieurs lanternes de projection.

Voir : Boîtes à lumière et projecteurs pour spectacle

Projection de décors au  théâtre et à l’opéra dans Images projetees Theatre-02-75x150  Theatre-01-93x150 dans Lanternes projection

« Dans les années 1920, les décors lumineux sont adoptés par les principaux théâtres de France et de l’étranger, l’Opéra de Paris, celui de Monte-Carlo, de Londres, la Scala de Milan, la Monnaie de Bruxelles, pour ne citer que les plus importants. Ils ont été utilisés dans plus de cent ouvrages divers : “La damnation de Faust”, “La Walkyrie”, “Tannhauser”, “L’Or du Rhin”, “Le Crépuscule des Dieux”, “Quo Vadis”, “Les Contes d’Hoffmann”, “Don Juan”, “Orphée”, Le Roi Lahore”, Hélène”, “Mefistofele” et plus particulièrement dans tous les opéras ou ballets où le fantastique joue un rôle, dans les scènes à apparitions, à transformations lentes ou rapides, à changements à vue, etc ». Source : La Science et la Vie N°61 de mars 1922

Theatre-04-101x150 dans Projections pour Spectacles  Pour illustrer la chevauchée des Walkyries dans le 3e acte de l’opéra “La Walkyrie” de WAGNER, différentes techniques de projections on été utilisées pendant près d’un demi-siècle, soit à Bayreuth, soit à l’Opéra de Paris, soit à Monte-Carlo, etc.

Voir : Projection de la chevauchée des WALKYRIES

Theatre-03-129x150Projecteur sextuple fabriqué dans les années 30 par les établissements Paul BAUDIN constructeur au n°53 rue Vivienne, Paris IIe. Cet appareil a été utilisé à l’Olympia « où il sert à projeter la revue navale de Spithead, avec feux d’artifices ».

Voir : Lanternes multiples ou POLYORAMAS

Dans les années 30, le créateur Mariano FORTUNY Y MADRAZO* (1871-1949) prenait des photos très étudiées afin de servir ensuite de décor pour des spectacles : scène d’orage pour les “Maîtres Chanteurs” de WAGNER, joué en décembre 1931 au théâtre  Royal de Rome, ou encore vues de Grenade pour les décors de “La Vie Brève” de Manuel DE FALLA présenté à la Scala de Milan.

Ces projections de décors ne sont pas sans rappeler les fameux spectacles de fantasmagorie du XVIIIe siècle.

Voir : Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON

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* Mariano FORTUNY Y MADRAZO (1871-1949) fut l’un des artistes les plus créatifs de son temps.

Il est né en 1871 à Grenade, en Espagne. Son père, Mariano FORTUNY Y MARSAL, était un peintre et un collectionneur éclectique de tissus et tapis orientaux anciens, de céramiques et d’armoiries. Celui-ci mourut quand Mariano n’avait seulement que trois ans et sa mère, elle aussi très impliquée dans l’art, décida de déménager toute la famille à Paris où Mariano commença à peindre. En 1889, la famille  déménage pour Venise. Mariano établit son atelier laboratoire dans un magnifique palais vénitien (Palazzo Pesaro Orfei), qui plus tard s’appellera le Palazzo Fortuny, aujourd’hui le Musée Fortuny. Il meurt dans son palais vénitien en 1949 et est enterré dans le Cimetière de Verano à Rome.

Mariano FORTUNY dédia toute sa vie à l’Art : il fut un excellent créateur de vêtements et de tissus, mais il s’est aussi intéressé à de nombreuses disciplines artistiques, telles que le design d’intérieur et la scénographie, la peinture, la photographie, l’architecture et la création de lampes.

Pour plus d’informations cliquer ici

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