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Projection d’ombres pour le centenaire de Polytechnique

Posté par Patrice Guerin le 21 août 2014

Polytechnique 01  Dans la cour de l’Ecole, l’élève GLASSER, major de la deuxième division, souhaite la bienvenue à monsieur CARNOT, Président de la République.

« L’Ecole Polytechnique, et, avec elle, Paris et la France, vient de célébrer brillamment durant trois jours le centième anniversaire de sa fondation. » Sur l’initiative de Lazare CARNOT (1753-1823), la création de l’Ecole fut demandée à la Convention le 21 ventôse de l’an II. En ouverture de cette commémoration, une cérémonie s’est déroulée dans la cour de l’Ecole, au cours de laquelle le Président de la République Sadi CARNOT (1837-1894), petit fils du fondateur de l’Ecole et ancien élève lui-même, recevait ses camarades venus lui offrir le livre d’or de l’Ecole « C’est une chance pour les pipos, car cela a augmenté l’éclat des fêtes qui sont données ». Quelques semaines plus tard il sera assassiné alors qu’il sortait d’un banquet organisé à la Chambre de commerce à l’occasion de l’Exposition Universelle.

Polytechnique 02  Le grand amphithéâtre de physique

Après les cérémonies officielles du jeudi 17 mai 1894, la seconde journée fut plus intime et conviviale. « Dans le grand amphithéâtre de physique, neuf cents antiques sont entassés pour assister aux Ombres, spectacle traditionnel donné chaque année à l’Ecole avant l’examen de février. En attendant la séance, ils font un assourdissant tapage en chantant les vieux refrains. A deux heures et demie, le général ANDRE accompagnant LECOQ-PACHA, un antique en grand uniforme de général de division de l’armée turque, fait sont entrée et la séance commence. Après un compliment de bienvenue dit en fort jolis vers par un conscrit, monsieur PAQUET, qui suivra peut-être la route tracée par Armand SILVESTRE, les pitaines puis les professeurs défilent sur la toile en débitant un petit boniment ou en chantant quelque couplet dans lequel ils se blaguent eux-mêmes. A six heures tout est fini et les élèves actuels sont remerciés de leurs concours qu’ils n’avaient pas ménagé ; tout ayant, dans cette journée, été combiné, agencé, dessiné, projeté, récité, joué ou chanté par eux.  »

Voir : Le spectacle des Ombres à l’Ecole POLYTECHNIQUE

Polytechnique 03  Polytechnique 04  Polytechnique 05  Polytechnique 06  Programme du Centenaire – Collection Archives de Polytechnique

Pour la troisième journée, plus de six mille personnes sont invitées au gala du Trocadéro. « Lumière, fleurs, musique, poésie, spectacle, toilettes et uniformes, bal et cotillon, tout cela était si varié, si achevé, si parfait, que, de neuf heures du soir à cinq heures du matin, on eût vécu comme dans un rêve, si d’assez violents courants d’air n’avaient rappelé trop fréquemment les spectateurs à une cruelle réalité. »

A l’entrée de la galerie circulaire, chaque dame reçoit un programme dessiné en couleur par la femme d’un antique, madame de TAVERNIER, qui a été très heureusement inspirée. « Au-dessus des vieux bâtiments de l’Ecole, une Gloire ailée, unissant dans sa main droite le drapeau de la France et celui de l’Ecole sur lequel on lit “Pour la Patrie, les sciences, la gloire”. Au premier plan, un polytechnicien dans son costume de 1794, bien amusant ma foi, serre la main à un élève de 1894. Près d’eux, la célèbre poule aux œufs d’or. Dans le lointain, le Trocadéro aux fenêtres lumineuses. Au verso, le plan du palais ; l’indication des quatre vestiaires, de la salle à manger où on soupera, de la petite salle de bal où on ne s’amusera pas moins que dans la grande, des quatre buffets, etc. »

Polytechnique 07  Le bal qui suivra la projection

« Comment décrire la grande salle, celle où va avoir lieu le spectacle, en attendant le bal ? Du plafond pendent, au milieu des lustres et des candélabres, treize couronnes de fleurs. Des guirlandes multicolores ornent les galeries. » Les milliers de spectateurs, parmi lesquels de nombreuses très jolies femmes, sont prêts à applaudir chaque tableau de l’Epopée.

Après l’ouverture de “Callirhoé”, on passe à l’exécution d’une cantate spécialement écrite par Armand SILVESTRE, le délicieux poète dont l’Ecole s’honore. « Puis soudain la salle s’obscurcit. Un immense cadre, ayant sept mètres de long sur sept mètres de large, est seul éclairé. Des compositions de messieurs CLARIS, GUERRIER, HELBRONNER, etc. mises sur verre et agencées par monsieur CARPENTIER, l’ingénieur modeste et si fécond dont le renom est universel, vont retracer une partie de l’histoire de l’Ecole, si longue qu’il a fallu l’abréger. La projection est faite avec une grosse lanterne électrique installée sur le baldaquin recouvrant la tribune officielle, qui est savamment manipulée par monsieur MOLTENI. Les dessins de monsieur Louis BOMBLED (1862-1927) sont surtout applaudis. » L’artiste et illustrateur a représenté au trait ou en couleur, parfois avec des transformations, de nombreux tableaux dont voici quelques exemples.

Polytechnique 11  Polytechnique 12  Polytechnique 18  La revue de l’Ecole

Polytechnique 14  BONAPARTE à Toulon

Polytechnique 15  LA MORICIERE à Constantine

Polytechnique 16  Le passage du Danube

Polytechnique 17  CARNOT à Wattignies

Polytechnique 20  L’émouvante retraite de Russie que la neige peu à peu recouvre de ses flocons

Polytechnique 19  CAVAIGNAC en Algérie

Sans oublier PONCELET refaisant la géométrie, BECQUEREL, ALPHAND et BELGRAND les artisans de la beauté et de la commodité de Paris, COURBET en Extrême-Orient, le colonel BONNIER au Soudan, Tombouctou, etc. La plupart des dessins sont articulés et la manœuvre se fait si simplement qu’on se croirait parfois au théâtre. « A maintes reprises, c’est le Président de la République qui donne le signal des applaudissements, madame CARNOT à sa gauche. Il est placé au milieu de ses ministres et de leurs familles, dans une immense loge surmontée d’un dais. »

Sources : Le Figaro du dimanche 20 mai 1894, L’Univers illustré du 20 mai 1894 et Le Petit Journal du 28 mai 1894.

Voir : Spectacle d’ombres artistiques ou le théâtre chez soi

 

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Lanterne d’agrandissement CANTILEVER

Posté par Patrice Guerin le 4 mars 2013

Lanterne d’agrandissement CANTILEVER dans Lanternes projection cantilever-01-150x97

William HUME est un fabricant d’instruments scientifiques situé au n° 1 rue Lothian à Edimbourg en Ecosse. « Monsieur HUME appartenait à la vieille école des expérimentateurs, faisant des expériences pratiques dans plusieurs domaines scientifiques dont la photographie ». C’est ainsi que l’une de ses premières réalisations consista à  éclairer un théâtre avec des lumières électriques alimentées à partir d’un grand nombre de batteries Bunsen.

cantilever-02-81x150 dans Lanternes projection  cantilever-03-82x150  Dans les années 1890, il fait régulièrement de la publicité dans “Transactions of Edinburgh Photographic Society”, bulletin publié depuis 1880. C’est ainsi qu’en novembre et décembre 1890, il annonce son appareil d’agrandissement Cantilever, puis, de janvier à mai 1891, un agrandisseur un peu moins cher dénommé “Nimrod”. « L’amateur qui possède une lanterne pour projections bien construite, pourvue de condensateur et d’objectifs convenables, peut faire des agrandissements sans qu’il lui soit nécessaire d’ajouter quoi que ce soit à son instrument ».

cantilever-04-150x99  cantilever-05-97x150Catalogue Kodak 1894 – Collection G.V.

Dans le catalogue français Kodak, datant de janvier 1894, on trouve différents modèles de la lanterne Cantilever distribués en France par “The Eastman Photographic Materials C° Ltd”, la filiale anglaise de Kodak.

cantilever-06-150x150    cantilever-07-150x150  cantilever-19-123x150Collection G.V.

Appareil d’agrandissement Cantilever adapté pour des applications photographiques, mais aussi pour les dessinateurs et les ingénieurs. Prix pour ce modèle avec condensateur de 21cm : 325 frs.

cantilever-08-300x169  Lanterne Cantilever équipée d’une chambre 9x12cm pour faire des clichés de projection en réduction.

cantilever-09-137x150  Appareil adapté pour les projections scientifiques. Après avoir retiré le soufflet, il est possible de placer, entre le condensateur et l’objectif, différents accessoires de physique ou de chimie : « cet appareil peut démontrer les sections complètes, médicales et chirurgicales du cerveau et des poumons ! »

cantilever-10-150x118  Modèle “Indien” construit pour les climats tropicaux afin d’éviter les méfaits des insectes et de l’humidité. Cette lanterne peut être équipée de condensateurs de 14cm, 21cm, 23cm ou 25,5cm.

cantilever-11-150x92  cantilever-12-150x119Autres modèles de la lanterne Cantilever équipés pour la lumière oxhydrique. Sur la seconde vue, le chalumeau est alimenté par du gaz de ville (source murale) mélangé à de l’oxygène. « Convient parfaitement pour les travaux importants et commerciaux, afin d’obtenir des agrandissements aux tons chauds ou sépia avec des émulsions au chlorure d’argent ».

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Equipée d’un condensateur de 33cm ou de 41cm, la lanterne Cantilever permet d’effectuer des tirages de très grandes dimensions « sur commande seulement ».

cantilever-14-123x150    cantilever-15-150x132  Version simplifiée de la lanterne Cantilever sans soufflet, équipée d’un condensateur de 10cm. Prix en 1894 : 150 frs pour un modèle complet.  En 1896, l’appareil est de nouveau présenté dans une annonce publicitaire. Il est décrit comme pouvant fonctionner au pétrole, au gaz, avec un chalumeau oxhydrique ainsi qu’à l’électricité.

cantilever-16-150x108  cantilever-17-150x70  Vers 1900, William HUME annonce « La plus soignée et la meilleure série d’agrandisseurs présents sur le marché, avec trente tailles et modèles de Cantilever. Toutes les photos faites avec de bons appareils de prise de vues devraient être agrandies avec le Cantilever de Hume. Il fait également des diapositives très fines par réduction ».

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Contrairement à de nombreuses lanternes qui pouvaient être équipées de différentes sources d’éclairage (pétrole, gaz, électricité), les premières lanternes Cantilever étaient construite autour d’un système d’éclairage unique. La lampe à pétrole à 2 mèches était fixée sur un socle en bois recevant aussi le condensateur qui pouvait être de différents diamètres. Au dessus d’elle se fixait la chambre de combustion et la cheminée, tandis qu’à l’avant se plaçaient le soufflet d’agrandissement et l’objectif. « Le projecteur Cantilever est extrêmement bien conçu et de fabrication très soignée. Il a obtenu un succès commercial considérable tant en Grande-Bretagne qu’à l’étranger ».

 

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Lanterne “Tournesol” de l’ingénieur DILLEMANN

Posté par Patrice Guerin le 30 janvier 2011

Avant l’invention de cette lanterne de projection et d’agrandissement, Paul Albert DILLEMANN (voir PORTRAITS) avait déposé plusieurs brevets concernant des systèmes d’éclairage à alcool, utilisés pour la projection ou l’éclairage domestique.

Voir : Lampe à alcool SOL de l’ingénieur DILLEMANN

Lanterne “Tournesol” de l’ingénieur DILLEMANN dans Brevets et inventeurs tournesolbrevet1.vignette  Brevet délivré en mars 1906.

Les dispositions spéciales qui caractérisent la nouvelle lanterne de projections et d’agrandissements ont permis l’emploi très avantageux d’un nouveau passe-vue rotatif.

tournesolbrevet2.jpg

La fig. 1 représente l’élévation latérale de l’appareil avec coupe partielle ;
La fig. 2 donne la vue en plan ;
La fig. 3 donne l’élévation en bout ;
La fig. 4 donne le dessin du passe-vue rotatif ;
La fig. 5 donne le dessin du serre-joint pour l’agrandissement ;
La fig. 6 donne la vue du châssis à intermédiaire pour l’agrandissement.

Cette lanterne se compose de deux parties : une boîte à lumière 1 munie de son condensateur 2 et une chambre à soufflet 3 garnie de son objectif. Une large cheminée rectangulaire en tôle lustrée 1 percée à l’avant d’une ouverture circulaire 4, fermée à l’arrière par une porte à coulisse 5 et coiffée d’un fumivore arrondi 6 forme la boîte à lumière.

tournesol01.vignette dans Lanternes projection  tournesol02.vignette  tournesol03.vignette

Une disposition spéciale permet à un courant d’air venu du bas de la lanterne de traverser les lentilles pour s’échapper par le fumivore en vue d’éliminer la buée qui pourrait obscurcir le condensateur. A cet effet le condensateur est supporté à l’arrière par les bords de l’ouverture circulaire 4 de la boîte à lumière et à l’avant par une bague 7 évasée qui est fixée à la boîte à lumière 1. Les bords de l’ouverture circulaire étant échancrés en haut et en bas, et la monture du condensateur étant percée 8 de part en part, il y a communication entre le milieu du condensateur 2 et le haut et le bas de la boîte à lumière.

Cette boîte à lumière est portée par un coffre horizontal en bois 9 communiquant avec l’extérieur par une ouverture horizontale 10 et par deux ouvertures verticales 11 placées en chicane. Cette disposition assure une grande aération à la lanterne et une grande étanchéité aux radiations lumineuses. En outre le courant d’air constamment renouvelé qui monte contre la face avant de la lanterne protège le condensateur contre l’échauffement de la source lumineuse.

tournesol04.vignette  tournesol-pub1-148x150 Page du catalogue Target & Ledoux 1908 – Document G.V.

La chambre noire de projection 3 est formée d’un soufflet 12 collé entre deux planchettes réunies par deux tubes à coulisse 13, 20 horizontaux superposés dans un plan vertical. La planchette avant 14 porte l’objectif. La planchette arrière 15 percée d’une ouverture circulaire 16 en face du condensateur est réunie au pied de la lanterne par une charnière horizontale 17 permettant le mouvement de bascule à l’avant. Un écrou 18 réunit le haut de cette planchette à une tige 19 rivée à la boîte à lumière. Le tube horizontal inférieur 20 traverse la planchette arrière du côté de la boîte à lumière pour servir d’axe au passe-vue rotatif 21. Ce passe-vue est évidé au-dessus et au dessous de l’axe de rotation de deux fenêtres à feuillures 22 aux dimensions des clichés de projection. Le centre de chaque fenêtre dans leur position supérieure coïncide avec le centre optique de la lanterne. La planchette arrière 15 de la chambre noire porte un évidement rectangulaire 23 se rapportant à la fenêtre inférieure du passe-vue. Le bord inférieur de cet évidemment est incliné vers le passe-vue pour faciliter l’introduction des clichés de projection. Un ressort 24 vissé au pied de la lanterne arrête un index 25 du passe-vue pour le fixer verticalement au moment de la projection et du changement de vues.

Pour le fonctionnement de l’appareil, on engage chaque vue à son tour sans l’inverser dans la fenêtre inférieure du passe-vue 22-23 en la basculant par l’évidement 23 de la planchette arrière de la chambre noire. Une fois la vue relevée verticalement, on fait tourner d’un demi tour de circonférence le passe-vue après avoir appuyé sur le ressort pour dégager l’index d’arrêt. Le passe-vue arrêté après ce demi tour présente alors la vue inversée devant le condensateur. On retire de la fenêtre inférieure le cliché déjà présenté en le faisant tomber en avant de la lanterne 26 et on lui en substitue un nouveau qu’on amènera comme le précédent inversé devant le condensateur.

Tournesol-11-95x150    Tournesol-12-95x150   Notice accompagnant la lanterne

Pour changer de passe-vue, on fait basculer en avant la planchette arrière 15 de la chambre noire, après avoir dévissé  l’écrou 18 du haut, puis on retire la goupille 27 qui maintient le passe-vue.

Pour l’agrandissement, on réunit par quatre boulons 28 le serre-joint 29 (fig. 5) à la planchette arrière pour fixer en une position quelconque de décentrement le châssis porte-cliché 30 (fig . 6) et ce sans modifier la position des éléments de l’axe optique. Le serre-joint sert en outre à arrêter toute infiltration latérale de lumière qui pourrait s’échapper du condensateur.
tournesolbrevet3.jpg
Résumé du brevet :
La lanterne est caractérisée :
1° Par son passe-vue rotatif inverseur ;
2° Par l’aération continue du condensateur ;
3° Par sa boîte à lumière très étanche à courant d’air refroidissant le condensateur ;
4° Par la disposition pour changer les passe-vues et les remplacer par un dispositif d’agrandissement ;
5° Par le dispositif d’agrandissement à décentrement par serre-joint, obturant les infiltrations de lumière.

DILLEMANN a fabriqué deux autres lanternes d’agrandissement et de projection semblables à celle-ci :
- un modèle “Simplifié” : Lanterne simplifiée “Taxisol” de l’ingénieur DILLEMANN
– un modèle “Grand format” : Lanterne “Tournesol” grand format de l’ingénieur DILLEMANN

SOURCE : INPI

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