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Conférence : Les Projections Lumineuses des opticiens MOLTENI

Posté par Patrice Guerin le 25 janvier 2020

Affiche conf 10e  Jeudi 6 février 2020 à 19h, salle des fêtes de la Mairie du Xe Paris.

L’association Histoire & Vies du 10e a le plaisir de vous inviter à la conférence de Patrice GUERIN, historien et collectionneur. Il vous fera découvrir “Les Projections Lumineuses des opticiens MOLTENI”.

VOIR : Histoire de la maison MOLTENI

Cette conférence se déroulera le jeudi 6 février 2020 à 19h dans la salle des fêtes de la Mairie du Xe arrondissement de Paris (entrée libre). Elle sera agrémentée de projections de plaques anciennes.

Mairie Xe  Grand escalier de la mairie du Xe arrondissement de Paris. Source Wikimedia.

Les opticiens Molteni, d’origine italienne, installés à Paris dès le XVIIIe siècle, font construire en 1846, rue du Château-d’eau (n°44 actuel) une fabrique où des centaines d’ouvriers élaborent des instruments scientifiques de précision. Mais à partir de 1860, Alfred Molteni développe, techniquement et socialement, Les Projections Lumineuses.

VOIR : Les lanternes de projection MOLTENI

Pendant 40 ans, il en fera des milliers pour l’Instruction Publique et les conférences populaires, constituant une photothèque de près de 60 000 pièces. Son entreprise sera la première du genre en France, et la plus importante.

molteniatelier2.jpg  Atelier MOLTENI 44 rue du Château d’Eau, 1854.

 » Une fabrication de cette importance occupe nécessairement une date assez ancienne dans les fastes de l’industrie parisienne, et MM. MOLTENI et  Cie font remonter à l’an 1782 l’origine de la Maison qu’ils exploitent de père en fils depuis trois générations, avec un agrandissement progressif qui peut aujourd’hui la faire considérer comme la seule, tant en France qu’à l’étranger, qui soit parvenu à ce degré de perfectionnement. »  L’ILLUSTRATION du 2 décembre 1854.

0 Slides Molteni Paris.pptx Extrait des slides projetées durant la conférence.

 » J’ai assisté hier soir à cette conférence passionnante qui nous présentait la vie et l’oeuvre des Molteni, fabricants d’appareils d’optique, d’appareils de projection et de lanternes magiques. Occasion aussi de nous présenter le premier volume (sur trois) de son magnifique ouvrage encyclopédique consacré à cette dynastie italienne installée à Paris pendant plus d’un siècle. » A.K.

IMG_5422  2020-02 Ara1  Projection du “Tour du Monde en 80 jours”.

 

 

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La vulgarisation des Sciences par les Projections Lumineuses

Posté par Patrice Guerin le 11 juillet 2019

Vulgarisation 01“Leçons de Physique Expérimentale” par l’abbé NOLLET, tome premier 1783.

Déjà au XVIIIe siècle les “Leçons de Physique Expérimentale” et autres “Récréations Scientifiques” attirent de nombreux curieux autour de grands savants vulgarisateurs tels que l’abbé NOLLET. Quant au comte De PARROY il utilise une lanterne magique pour l’éducation du Dauphin, fils du roi Louis XVI et de la reine Marie-Antoinette.

VOIR : Leçons de Physique Expérimentale de l’abbé NOLLET - Lanternes magiques précurseurs

Vulgarisation 02  Affiche “Société Populaire des Beaux-Arts” par Alphonse Mucha 1897. Affiche MUCHA pour la société populaire des beaux-arts

Durant la seconde moitié du XIXe siècle les Projections Lumineuses sont un outil essentiel aussi bien dans les conférences mondaines que dans l’éducation populaire. Elles seront utilisées par toutes les sociétés d’Éducation Populaire qui apparaitront durant cette période.

VOIR : La Ligue de l’Enseignement et l’Education Populaire - L’arrivée des CONFERENCES ILLUSTREES à l’école, d’après René LEBLANC - La Société Nationale des Conférences Populaires - La Société d’Enseignement par les projections lumineuses

Vulgarisation 03  “L’Art des Projections” par l’abbé MOIGNO, 1872.

L’un des premiers à promouvoir l’enseignement par l’image fut l’abbé MOIGNO qui voulut mettre en place, dès 1852, « un enseignement élémentaire, rendu accessible à toutes les intelligences avides de savoir et capables de quelque effort, mais aussi un enseignement élevé toujours au courant des progrès accomplis… En outre des expériences faites avec les instruments les plus perfectionnés… appellera à son aide une série de tableaux reproduits par la photographie sur verres transparents, et projetés à la lumière, soit électrique, soit oxhydrique, sur un très vaste écran visible de toutes les parties de la salle. » Communication faite par l’abbé MOIGNO à la Société Française de Photographie, le 12 janvier 1872.

VOIR : L’abbé MOIGNO et la vulgarisation scientifique

Vulgarisation 04Catalogue des Projections MOLTENI, vues pour conférences et cours d’adulte.

Alfred MOLTENI se fera un devoir de promouvoir l’usage des Projections Lumineuses dans l’enseignement chaque fois qu’il le pourra. En 1880, il animera avec Stanislas MEUNIER, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, une démonstration magistrale des possibilités offertes par la lanterne de projection, devant plus de 2000 personnes de l’Instruction Publique.

VOIR : Les projections à l’école - L’enseignement par les yeux

Vulgarisation 05  Catalogue “L’Enseignement lumineux par l’Aspect”par Mazo, 1938.

Plus tard la Maison de la Bonne Presse et la Maison Mazo contribueront à l’essor de “L’Enseignement par l’Aspect” en publiant des catalogues, collections de vues et en commercialisant le matériel de projection adéquat.

VOIR : Histoire de la Maison de la BONNE PRESSE - Histoire de l’entreprise MAZO

Vulgarisation 06 “Science pour tous” BNF : CLIQUER ICI

Pour terminer ce rapide panorama des “Sciences pour tous” il convient de visiter le très beau sujet mis en ligne par la BNF (ci-dessus) et de consulter le catalogue de l’exposition “Lumineuses Projections”, réalisée par le MUNAÉ (MUsée NAtional de l’Éducation) à Rouen du mois d’avril 2016 à janvier 2017.

Exposition : Lumineuses Projections !

 

 

 

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CONFERENCES

Posté par Patrice Guerin le 23 avril 2016

Conf. Ricqlès  “Le Conférencier” chromo de la Maison Ricqlès – Vers 1900

Mettant à profit les connaissances acquises au cours de ses recherches, Patrice GUERIN propose différentes conférences de vulgarisation sur le thème des “Projections Lumineuses”. Celles-ci peuvent intéresser un public varié n’ayant pas besoin de connaissances particulières sur le sujet traité. Chaque conférence, accompagnée de projections numériques, dure  45 mn environ puis un certain temps peut être consacré aux questions / échanges sur le sujet. En fonction des possibilités, une mini exposition d’objets en rapport avec la conférence peut être organisée.

 

Conf.Ombres  Les spectacles lyriques d’ombres projetées

Alors que le Cinématographe n’en est qu’à ses balbutiements et que les Frères LUMIERE pensent qu’il s’agit d’un divertissement de fêtes foraines, les spectacles d’ombres projetées connaissent un grand succès aussi bien dans des lieux publics que chez les amateurs avertis. Dans son catalogue général de Projections de 1910, Elie MAZO annonce que « Les ombres artistiques MAZO rappellent les ombres si universellement connues du célèbre cabaret montmartrois “Le Chat Noir” » et il ajoute « l’avenir le plus brillant est réservé aux projections d’ombres, qui sont infiniment plus artistiques que le cinématographe. Elles résultent de l’intime collaboration de la poésie, de la musique et de la peinture ».

  • Musée Nicéphore Nièpce – 25 avril 2018 Chalon-sur-Saône CLIQUER ICI

 

Conf. Multimedia  Conf Seine Marne  De la lanterne magique au multimédia

Au cours des deux derniers siècles la lanterne de projection est passée du statut d’objet magique au XVIIIe siècle à celui d’objet domestique “indispensable” à l’aube du XXIe siècle ! Elle a contribué à l’évolution des connaissances, à la culture et à la distraction populaire. Elle est à l’origine du septième Art, le cinéma. Elle est présente aujourd’hui, sous forme de petits écrans portatifs, dans toutes les couches de la population, des plus jeunes aux plus âgés.

  • Soirée Rotary – Mai 2015 Compiègne
  • Séminaire Ghefa – Mai 2015 Paris
  • Cinéma en Seine et Marne – 6 décembre 2016 Dammarie lès Lys
  • Cinéma en Seine et Marne – 21 février 2017 Meaux


Conf. Molteni  Conf. Molteni Munae  Affiche Conf Molteni Paris lgt  La Maison Molteni

L’histoire des Projections Lumineuses remonte au milieu du XIXe siècle, lorsqu’Alfred Molteni, descendant d’une famille d’opticiens installés à Paris depuis 1782, invente la première lanterne de projection digne de ce nom. Durant près d’un demi siècle, il va assurer de multiples projections, fabriquer des appareils de grande qualité et développer une exceptionnelle collection de vues sur verre, hissant la Maison Molteni à la première place des fabricants de lanternes de projection. “C’était très bien, aussi intéressant et documenté qu’amusant !” D.D.

Vidéo en ligne

  • Club Niepce-Lumière – Juin 2015 Bièvres
  • Association Aseiste – Avril 2016 Niort
  • Musée Nationale de l’Education – Juin 2016 Rouen
  • Journée d’étude, Labex EHNE, mairie du Xe Paris – juin 2018
  • Histoire & Vies du 10e, mairie du Xe Paris – Février 2020


Conf. Lumiere
  Conf. Lumiere MUNAE  La conquête de la lumière

Durant des millénaires, l’homme chercha à domestiquer la lumière. Les techniques d’éclairage artificiel se sont développées au fils des siècles, permettant d’améliorer la vie quotidienne grâce à de nombreuses inventions susceptibles de rivaliser avec le soleil, surtout au cours des deux derniers siècles. Parmi les milles applications mises en place dans les temps modernes, la lumière est un élément essentiel des Projections Lumineuses, sujet cher à l’auteur depuis plus de trente ans.

  • Evolution des sources lumineuses dans le spectacle – Juin 2013 Cerisy La Salle
  • Fête de la Science au Musée Nationale de l’Education – Octobre 2015 Rouen
  • Musée Nationale de l’Education – Avril 2016 Rouen 
  • “Sans Lumière, pas de Cinéma” Panorama des éclairages de la collection Lemai – Mai 2019 Université Laval Québec


Conf. Capitaine
  Les projections instructives et récréatives du capitaine Lion à la Belle Epoque

Cette causerie illustrée de 50 minutes environ, présente, sous forme d’enquête, ce qu’étaient les conférences populaires avec projections lumineuses au début du XXe siècle.

En partant de l’acquisition d’une lanterne de projection dans une vente aux enchères, Patrice GUERIN  nous fait découvrir, au fur et à mesure de ses recherches, comment il a réussi à identifier le matériel et l’utilisateur de cette lanterne datant des années 1910. Ensuite il nous plonge dans le monde des conférences populaires en illustrant ses propos avec les vues “instructives et récréatives” utilisées par le capitaine LION lors de ses conférences.

  • Club Iconomecanophiles – 8 octobre 2016 Toussus le Noble


Conf. Autre
  Animations sur mesure

D’autres interventions, exposés, spectacles ou animations peuvent être réalisés à la demande et/ou adaptés à un public particulier, enfants ou personnes du 3e âge par exemple. Une participation aux frais d’adaptation et de mise en place pourra être demandée.

  • Octobre 2015, Projections Lumineuses pour le film de 52mn “Le Douanier Rousseau” de Nicolas Autheman.
  • Novembre 2015, 14e Festival du film de Compiègne : spectacle de lanterne magique devant 500 enfants.
  • Samedi 3 février 2018, Séance de Lanterne Magique au musée Guimet
  • Dimanche 3 juin 2018, Musée Nicéphore Niépce à Chalon-sur-Saône : projection d’une pièce d’ombre lyrique en 22 tableaux “Tournai”.
  • Samedi 27 et dimanche 28 octobre 2018, Tournai (Belgique) : spectacle lyrique d’ombres avec projection de la pièce d’ombres “Tournai” fichier pdf CourrierEscaut2018-10-31

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Pour tous renseignements merci de laisser un commentaire en bas de cette page.

 

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Les projections à l’école

Posté par Patrice Guerin le 26 juillet 2015

Molteni 14  1880 – Conférence dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne

En 1880 Stanislas MEUNIER et Alfred MOLTENI font une conférence dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne pour “démontrer” l’intérêt des projections lumineuses dans les écoles. Ils ont un public de choix, ce sont les « directeurs et directrices d’écoles normales et des inspecteurs primaires réunis en congrès pédagogique à Paris ». Y assistent aussi des représentants d’académies et même du ministère de l’Instruction Publique. « Cette séance, qui avait attiré une grande affluence, a offert le plus vif intérêt. Un des professeurs d’un grand établissement scientifique a accompagné d’explications techniques les sujets scolaires qui étaient mis sous les yeux des assistants. » Source : L’Univers Illustré n°1307 du 10 avril 1880

Voir : Enseignement par les projections lumineuses MOLTENI et MEUNIER - L’enseignement par les yeux

 

Ecole 01

Depuis, l’utilisation des projections lumineuses dans les écoles, les lycées et les facultés s’est progressivement développée au grés des institutions, des enseignants et de ce que proposaient les fabricants de matériel et de vues.

Voir : Les lanternes de projection MOLTENI - Lanternes de projection scolaires à deux usages LAVERNE - Lanternes de projection HELIOS de Mazo - Les premières lanternes de projection de la BONNE PRESSE - La PHOTOSCOPIE et les différents PHOTOSCOPES

Leblanc 07

Les projections se sont même largement développées auprès des adultes dans des conférences populaires données le soir après l’école ou le dimanche. « … Il faut avoir été au village, il faut avoir assisté à une conférence illustrée, dans un préau d’école, souvent dans une grange où l’on s’entasse à s’étouffer, pour comprendre combien l’on aurait tort de marchander leur joie et aux auditeurs et aux conférenciers. La conférence, pour le paysan, devient le journal parlé… pittoresque et explicatif ». Témoignage d’Edouard PETIT, inspecteur d’enseignement primaire dans un rapport datant de la fin du XIXe siècle.

Voir : L’arrivée des CONFERENCES ILLUSTREES à l’école

AprEcole 04  Voir : APRES L’ECOLE : revue éditée par la librairie E. CORNELY

Il y eut la période des vues sur verres et des vues pelliculaires sur papier dans les années 1900, puis celle des films en bandes ou films-strip, des années 1930 aux années 1950, et enfin la grande époque de la diapositive dans les années 60… Certains s’en souviennent peut-être ! Il y eut aussi les séances de cinéma “pédagogique” plus ou moins bien animées par des professeurs qui n’étaient projectionnistes.

Voir : Les collections de vues pour projection MAZO - La collection de diapositives MOLTENI - Spectacle de lanterne magique : TROPHONIUS et Geneviève de BRABANT - Les débuts du Filmstrip ou Films en bande 35mm - Les éditions de la PHOTOSCOPIE et les films pédagogiques

Ecole 02

Les témoignages sont rares, les appareils disséminées et les vues pour la plupart oubliées, hormis ce qu’ont pu conserver certains musées et passionnés faisant preuve d’abnégation car le sujet n’est pas “collector”.

Geo Gironde 04 Voir : Une leçon de géographie en 1905, par Henry MIRANDE

Aujourd’hui nous aimerions monter une belle exposition sur ce sujet inédit et demandons à toute personne qui aurait des objets, illustrations, documents ou témoignages, de nous laisser un message en bas de cet article afin que nous puissions documenter au mieux ce passionnant sujet.

Voir : Exposition : Lumineuses Projections !

 

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SIGNAL LAMP pour conférencier

Posté par Patrice Guerin le 23 octobre 2014

Sonnette 01a  Théâtre antique d’Orange d’après une reconstitution de l’architecte Auguste Caristie (1783-1862)

« Le son doit provenir de l’image ! » Cette affirmation, qui est une évidence aujourd’hui, n’a pas toujours été facile à appliquer dans le “spectacle”. Tant que celui-ci s’exerça sous une forme théâtrale, il était normal que le son provienne de l’image puisqu’il sortait de la bouche même des acteurs. Et l’ingéniosité, à l’époque, consistait à construire des lieux de spectacle capables de renvoyer, voir même d’amplifier les sons provenant de la scène vers les spectateurs.

Sonnette 02  Les frères PATHE, l’un portant un phonographe, l’autre une lanterne de projection, accompagnés de leur fameux coq

Les choses se compliquèrent au XIXe siècle, lorsque la technologie naissante permit de dissocier le son de l’image. Le cinéma en est un bon exemple. Les premières projections étaient muettes, parfois accompagnées d’un musicien caché sur le devant de la scène ; pas au fond de la salle, mais sur le devant de la scène pour que « le son provienne de l’image. » Puis le cinéma parlant fit son apparition, suivi du cinéma sonore, et l’on cachât alors des haut-parleurs à côté ou derrière l’écran.

Sonnette 03  Luciphone – Collection F.B. cliquer ici

Mais avant le cinéma que se passait-il ? Certains diront qu’avant le cinéma il n’y avait rien… Rien d’autre que le “pré-cinéma”, composé de lanternes magiques de tous genres pour amuser les enfants.  Il y eut quand même le Luciphone, premier appareil associant l’image et le son dans un luxueux coffret propre à amuser les enfants de riches bourgeois… Ou peut-être les parents de ces enfants gâtés !

Sonnette 04

C’est oublier les nombreuses Conférences Populaires qui se développèrent à partir de la Seconde République pour « instruire le peuple ». Des conférenciers, illustrant souvent leurs propos avec des projections lumineuses,  traitaient des bienfaits de la science naissance ou des dernières connaissances dans les domaines les plus variés tels que l’astronomie, l’agriculture ou l’hygiène.

Voir : La Ligue de l’Enseignement et l’Education Populaire

Comment faisait-on alors pour que « le son provienne de l’image » ? On sait que pour avoir une image la plus grande possible, il convient de placer le projecteur le plus loin possible de l’écran tout en gardant une luminosité suffisante pour que l’image soit agréable à regarder. A l’époque le public se précipitait dans ces conférences, faute de cinéma ou de télévision, et les salles devaient être suffisamment grandes pour accueillir tout ce public. Un problème quasi insoluble se posait alors. Comment le conférencier pouvait-il à la fois manipuler le projecteur placé à l’arrière de la salle et faire en sorte que « le son provienne de l’image » figurant sur l’écran situé à l’avant de la salle ?

Sonnette 05  Conférence faite lors de l’exposition des insectes à l’orangerie des Tuileries en 1874

La seule solution, puisqu’il n’existait ni micro, ni télécommande, ni “synchroniseur”, était de dissocier les fonctions. Il y aurait un conférencier et un projectionniste. D’ailleurs la manipulation de la lanterne, souvent double, ainsi que des vues qu’il faut changer régulièrement et placer dans le bon sens, et enfin du réglage permanent de la source d’éclairage qui “s‘usait” au fur et à mesure de la conférence, était un travail à plein temps pour un projectionniste chevronné. De 1860 à 1900, Alfred MOLTENI, principal fabricant d’appareils de projection au XIXe siècle, fut le projectionniste habile et bénévole de plus de 2000 conférences animées par les plus grands vulgarisateurs de l’époque tels que Camille FLAMMARION, Gaston TISSANDIER, Stanislas MEUNIER, etc. (voir PORTRAITS)

Voir : Enseignement par les projections lumineuses MOLTENI et MEUNIER

Sonnette 06  Projection dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne en 1880

Comment faire en sorte que monsieur MOLTENI (voir PORTRAITS), placé près de la lanterne de projection (à droite de l’illustration), puisse projeter au bon moment les vues correspondant au discours de monsieur FLAMMARION (voir PORTRAITS) situé à gauche devant l’écran, et cela dans une salle la plus obscure possible ?

La solution était toute simple et provenait d’Angleterre, pays qui fut le premier à développer les conférences lumineuses et les “outils“ qui vont avec. Il s’agit de la lampe de projectionniste, aussi appelée lampe SIGNAL qui permettait au conférencier à la fois d’éclairer son texte et d’indiquer au projectionniste le moment où il fallait changer de vues.

Sonnette 07

« Un accessoire qui paraît avoir une très minime importance, c’est le signal qui permet au conférencier d’avertir le manipulateur d’avoir à changer le tableau transparent. Quelques-uns emploient simplement une sonnette, un grelot ; d’autres frappent quelques coups sur la table. Mais tous ces moyens on un défaut capital, c’est d’être aussi bien entendus par le public tout entier que par le manipulateur de la lanterne. Il faut absolument que le signal employé soit tel que seul ce dernier le perçoive. Les appareils à air ou électriques sont plus convenables.

 Les premiers se composent d’une poire à air en caoutchouc que le conférencier peut aisément comprimer avec la main et qui est reliée avec l’appareil au moyen d’un long tube de caoutchouc. A l’extrémité du tube, une chambre à air agit sur un levier qui par son agitation prévient le manipulateur. »

Sonnette 08Primus Electric Signal

« L’appareil électrique consiste en une sonnerie accrochée au pied de la lanterne et dont le bouton est sous la main du conférencier. Messieurs BUTCHER & SON ont réuni dans une petite boîte très facilement transportable une sonnerie avec sa pile. » Cependant ce système semble ne pas supprimer le bruit « entendu par le public tout entier ». Source : La lanterne à projections par Eugène Trutat – Editions Charles Mendel Paris 1897.

Dans son livre sur “La projection au XXe siècle” publié vers 1900, Elie MAZO (voir PORTRAITS) précise « Dans une salle organisée spécialement pour les conférences, il faut établir une communication électrique entre l’opérateur et le causeur. Cette communication peut être une sonnerie quelconque, un taquet ou un petit disque mobile dans une ouverture. Le causeur presse un bouton à la main ou un contact au pied, et l’opérateur aussitôt averti change la vue. Mais dans la plupart des cas, cette organisation n’existe pas. On peut se servir d’un signal manœuvré avec une poire, mais pour éviter le tuyau, on emploie plutôt la lampe SIGNAL. »

Sonnette 09  Publicité Mazo de 1908

Il existe différents modèles de lampes pour conférenciers, équipées d’un “SIGNAL”. Cette publicité parue dans le catalogue MAZO de 1908, en présente trois différentes (dont les dessins ne sont pas en proportion).

Sonnette 10  Sonnette 11  Sonnette 12  Sonnette 13  Sonnette 14

Un appareil identique porte une plaque d’identification “Spiers and Pond’s Stores Photographic Department, London, England, Great Britain, 1890”

Cette lampe SIGNAL est la plus sophistiquée des trois. Elle éclaire grâce à une petite lampe à pétrole équipée d’une mèche plate. Mais elle permet aussi d’avertir le projectionniste soit par l’intermédiaire d’un voyant rouge que l’on dévoile à l’aide d’un petit volet articulé, soit à l’aide d’une sonnette semblable aux sonnettes de table ou de vélo? Cette-ci est actionnée d’un doigt pour prévenir le projectionniste et ponctuer la présentation de petits “dings” régulières qui peuvent aussi servir à réveiller certaines personnes de l’assistance ayant tendance à somnoler. Cette lampe possède même un emplacement, à côté de la sonnette, destiné à ranger quelques allumettes.

Voir : Lampe “ECLIPSE” pour conférencier

Sonnette 15  Synchronisateur Philips N6400

Un siècle plus tard, dans les années 1960 / 70, ces petits “Dings” furent remplacés par des “Tops” inaudibles, enregistrés sur la piste inverse d’une bande magnétique, ce qui permettait de changer de vue automatique au fur et à mesure de la progression du son. A noter le bouton rouge permettant d’enregistrer les “Tops”, qui est de la même couleur que le voyant lumineux de la lampe SIGNAL !

 

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Lanternes de projection scolaires à deux usages LAVERNE

Posté par Patrice Guerin le 26 juin 2014

Laverne 01  Extrait du catalogue LAVERNE – 1889

« La maison LAVERNE livre, à raison de 115 frs, un appareil scolaire à deux usages (vues transparentes et corps opaques), qui a en outre l’avantage de pouvoir être employé avec une lampe à pétrole à 4 ou 5 mèches pour un usage courant ou avec un chalumeau oxhydrique, pour les grandes conférences publiques… De nombreux instituteurs peuvent obtenir cet appareil par souscription ; ils s’adressent tout d’abord au Député, aux Conseillers Généraux et d’Arrondissement, puis au Maire, aux Conseillers Municipaux et aux amis de l’Ecole.  » Source : “Catalogue de collections de vues” de la Société d’Enseignement par les Projections Lumineuses – 1892

Voir :  La Société d’Enseignement par les projections lumineuses

Laverne 02  Laverne 03   Laverne 04

Le corps de l’appareil est en tôle pleine, monté sur quatre colonnes en cuivre nickelé reposant sur une tablette en acajou verni qui assure une parfaite stabilité. La lanterne est équipée d’une porte à l’arrière pour introduire l’éclairage au pétrole et d’une porte latérale permettant de régler un éclairage à arc électrique ou un chalumeau oxhydrique. De façon standard, elle est équipée d’une lampe à pétrole à cinq mèches avec réflecteur. Le condensateur est composé de deux lentilles plan convexe de 103mm de diamètre, montées dans un tube en cuivre à virole à vis pour faciliter le démontage. L’objectif de combinaison double à portrait, mesure 43mm à l’avant et 52mm de diamètre à l’arrière. Il est monté dans une monture en cuivre nickelé, avec crémaillère pour la mise au point. Prix de l’appareil en 1889 : 115 frs.

Laverne 06   Laverne 07   Laverne 08  Laverne 05 Gravure collection G.V.

La lampe à pétrole à 5 mèches qui équipe cette lanterne est relativement différente des lampes classiques à 3 ou 4 mèches. En effet la chambre de combustion est entourée d’une seconde paroi extérieure permettant une circulation de l’air entre les deux parois afin de diminuer l’échauffement de la lampe. Une série de trous placés sur le dessus facilite l’évacuation de l’air. L’avant est fermé par un verre carré incassable, tandis que l’arrière se ferme par un couvercle réflecteur articulé, au centre duquel se trouve un petit verre circulaire coloré. Afin de garder son éclat, ce miroir est protégé du foyer par un verre lui aussi articulé. Une cheminée de grande hauteur permet d’assurer le tirage de cette lampe à 5 mèches.

Voir : Lampe à pétrole “Maxima” de MAZO

Laverne 09  Lanterne LAVERNE équipé d’un arc électrique vertical manuel DUCRETET

Le fond de l’appareil peut s’enlever pour découvrir une ouverture circulaire permettant l’introduction d’autres appareils d’éclairage tels qu’une lampe à pétrole ordinaire, une lampe à gaz, un arc électrique ou un chalumeau oxhydrique.

Voir : Le régulateur à arc électrique DUBOSCQ

Laverne 10   Laverne 11  Laverne 12

La disposition avant de cet appareil est particulière. Le traditionnel cône porte-objectif est remplacé par une boîte oblongue supportant un objectif fixé sur une plaque qui peut coulisser verticalement afin de projeter soit des documents transparents – position basse – soit des documents opaques – position haute -. A l’intérieur, un miroir peut être relevé afin d’orienter les rayons lumineux vers le document opaque placé dans un support de 7×10,5cm. « Cependant pour les corps opaques il convient de rapprocher l’appareil de l’écran et d’augmenter, dans la mesure du possible, l’intensité lumineuse… Mais ce système pour la projection de corps opaques est de beaucoup supérieur à celui du cône coudé employé avec d’autres lanternes. »

Voir :  Un APHENGOSCOPE amélioré

Laverne 13   Laverne 14

Il est possible d’enlever cette boîte oblongue pour la remplacer par un cône additionnel sur lequel on place l’objectif de la lanterne. Sur le plateau qui se glisse dans les rainures de la boîte se trouve une tablette mobile destinées à recevoir divers appareils de démonstration pour les expériences scientifiques tels que cuves ou tubes à liquides, expériences d’électricité, etc. Prix de l’appareil en 1889 : 125 frs.

Laverne 15   Laverne 16   Modèle possédant quelques différences, telles que le socle et les portes du corps de lanterne

Cet appareil réunit tous les avantages que l’on peut attendre d’une lanterne éclairée au pétrole tout en offrant l’intérêt d’être utilisable dans une grande salle ou un amphithéâtre avec un éclairage plus puissant. Il a été adopté par de nombreux organismes d’enseignement par l’Aspect, tels que La Ligue de l’Enseignement et l’Education PopulaireLa Société Nationale des Conférences PopulairesLa Société d’Enseignement par les projections lumineuses du Havre, la Commission de l’Enseignement de la Ville de Paris, etc.

Voir : Enseignement par les projections lumineuses MOLTENI et MEUNIER

Laverne 17 Lanterne “La Petite Parisienne” LAVERNE

Une version différente de cette lanterne est présentée dans le catalogue LAVERNE de 1889. Elle est dénommée “La Petite Parisienne”. Elle fait partie des lanternes à deux usages mais ne comporte pas de pieds, ce qui limite le choix des éclairages et donc l’usage. Elle est en tôle pleine, vernie noir décorée de filets or, et possède une porte latérale pour accéder à l’éclairage. L’ensemble repose sur un socle en acajou verni. L’éclairage est produit par une lampe à pétrole à cinq mèches surmontée d’une cheminée télescopique. Cette lanterne est équipée d’un condensateur de 103mm monté dans un tube en cuivre à virole à vis pour faciliter le nettoyage.

Le devant de l’appareil est semblable aux lanternes sur colonnes. La plaque avant, qui supporte un objectif double portrait de 43mm de diamètre, peut coulisser verticalement pour projeter des vues transparentes ou opaques. A l’intérieur, un miroir articulé se relève à l’aide d’une languette perforée dans laquelle on place une goupille en fonction de l’inclinaison souhaitée. Prix de l’appareil en 1889 : 105 frs avec  boîte de transport en tôle.

VOIR : Cuve Laboratoire pour Projections Lumineuses

 

 

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Aux origines des syndicats et de l’Enseignement Populaire

Posté par Patrice Guerin le 24 mai 2014

AprEcole 25  APRES L’ECOLE, revue illustrée d’Enseignement Populaire – N°218 du 5 novembre 1907

«  Nous fondons cette Revue populaire comme l’on fonde une Université Populaire. Nous débutons sans ressources financières ; grâce à quelques amis nous avons seulement donné garantie à l’imprimeur du paiement de son travail et du papier. Nous considérons nos abonnés comme des associés : aussi leur rendrons-nous compte, très exactement et fort souvent, de notre situation financière ; nous leur apprendrons comment se fait et s’administre notre publication… Nous demandons un égal dévouement à tous : les administrateurs administrent gratuitement, les rédacteurs rédigent gratuitement, les abonnés doivent payer régulièrement l’abonnement-cotisation…

Voir : APRES L’ECOLE : revue éditée par la librairie E. CORNELY

AprEcole 22  Les syndicats d’outillage permettent à des cultivateurs réunis d’acheter des instruments perfectionnés. Extrait de la planche n°193 mai 1906

Certains d’entre nous sont socialistes, d’autres sont individualistes, d’autres enfin trouvent bien inutile de se donner un qualificatif quelconque. Mais tous nous voulons la même chose : remplacer le vieux monde par un monde nouveau fondé sur la Solidarité, le Travail, la Justice… Il faut combattre le Cléricalisme, le Militarisme, le Capitalisme, en établissant la Liberté de la Pensée, la Paix des Nations, la Joie et la Dignité du Travail…

AprEcole 24  Un cortège de mineurs en grève à Montceau. Extrait de la planche N°129 novembre 1902

Mais aujourd’hui… le peuple des ouvriers et des paysans est écrasé par tout le poids du vieux monde qu’il fait vivre. Il faut donc donner à l’ouvrier et au paysan la conscience de la Vie libre, soit en allégeant leur fardeau par des réformes, soit en déchargeant leurs épaules par des actes énergiques. Déjà quelques travailleurs sont intellectuellement et moralement délivrés. Et que font-ils ? Ils travaillent à délivrer leurs camarades de classe. Ils fondent des Maisons où les forces ouvrières et paysannes s’organisent, et chaque jour grandissent les Syndicats professionnels et agricoles, les Coopératives de consommation et de production, les Mutualités, les Universités Populaires, les Associations d’anciens élèves d’Ecole primaire.

AprEcole 23  La sortie des usines : les enfants vont pieds nus, couverts de haillons. Extrait de la planche N°154 mars 1904

L’œuvre de création sera faite par tous ceux qui voient l’Injustice et veulent la Justice, qui voient la Guerre et veulent la Paix, qui voient le Travail être aujourd’hui une Peine et qui veulent en faire la douce Loi Humaine. »

Déclaration signé : Edouard C. Instituteur ; COLOMB, docteur ès sciences ; DUJARDIN, comptable ; FORT, lithographe ; Edouard FUSTER ; Marie FUSTER-BAERTSCHI, agrégée de l’enseignement secondaire des jeunes filles ; Charles GUIEYSSE, secrétaire général de la Société des Universités Populaires ; Daniel HALEVY ; Maurice KAHN . Carles MICHEL, employé de coopérative ; MOREAU, ouvrier papetier ; SOLLIER, employé de commerce.

Extraits de la courte déclaration des fondateurs. “Pages libres” supplémentaires au N°100 du 5 mars 1901 d’APRES-L’ECOLE. Les illustrations proviennent des planches paraissant en supplément de la revue APRES L’ECOLE.

Voir : La Ligue de l’Enseignement et l’Education Populaire - Projection éducation populaire - L’arrivée des CONFERENCES ILLUSTREES à l’école, d’après René LEBLANC - La Société d’Enseignement par les projections lumineuses - La Société Nationale des Conférences Populaires

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La Société d’Enseignement par les projections lumineuses

Posté par Patrice Guerin le 27 février 2014

A la suite de la conférence organisée par le ministère de l’Instruction Publique à la Sorbonne, le 30 mars 1880, G. SERRURIER et H. JARDIN fondent au Havre, le 21 décembre 1880, la “Société d’Enseignement par les Projections Lumineuses” dite “Société d’initiative pour la propagation de l’Enseignement scientifique par l’Aspect”.

Voir : Enseignement par les projections lumineuses MOLTENI et MEUNIER

Le Havre 01

Directeur en 1870 de la première école laïque ouverte au Havre, SERRURIER se fait remarquer en y créant un musée scolaire, une caisse d’épargne et une bibliothèque pédagogique. Ouvert au progrès scientifique, il est fasciné par les projections lumineuses qui illustrent une conférence de MEUNIER (voir PORTRAITS) au théâtre du Havre. Avec l’appui des autorités, entre autres de Louis LIARD, recteur de l’académie de Caen, mais aussi et surtout des notables républicains telles que le maire du Havre Jules SIEGFRIED (1837-1922) il peut concrétiser son projet. C’est un proche du maire, Henri JARDIN, ancien conseiller municipal, qui prend la présidence de la Société d’Enseignement, SERRURIER se contentant de la vice-présidence.

Le Havre 02  Cercle Franklin – Le Havre

Deux sortes de conférences sont organisées, les unes pour les scolaires, les autres pour les adultes. Soucieux de participer à l’instruction des enfants, les républicains membres du comité directeur de la Société donnent de leur personne, dissertant sur la cosmographie, la zoologie, l’hygiène, les sciences naturelles ou les voyages. Mais les conférences ne sont pas toujours à la portée des enfants et la bonne volonté ne peut suppléer à un minimum de savoir-faire pédagogique. Au bout d’un an, on fait appel à des instituteurs adjoints et, plutôt que de regrouper les enfants dans la salle du Cercle Franklin ou la salle Sainte-Cécile, on introduit les projections dans les écoles elles-mêmes.

Voir : L’arrivée des CONFERENCES ILLUSTREES à l’école, d’après René LEBLANC

Catalogue de collections de vues prtŽes gratuitement aux Žcoles

Les moyens d’action de cette association sont d’une part la publication d’un bulletin, de mémoires divers et, au besoin, d’une feuille périodique et, d’autre part, les prêts gratuits de collections de vues sur verre appartenant à la Société pour des conférences scolaires et publiques. Dans certains cas, elle peut mettre à disposition des appareils et accessoires et participe à des expositions, prix et récompenses, etc. « L’achat des appareils, la confection des vues et les frais de conférences ont occasionné une dépense de 90 000 frs » au dire de monsieur JARDIN en 1894.

Catalogue de collections de vues prtŽes gratuitement aux Žcoles

Cette Société d’enseignement reçoit une médaille d’or à l’Exposition Universelle de Paris en 1889, dans le cadre de l’Instruction Elémentaire. Elle est reconnue d’utilité publique par décret du 14 décembre 1892, et publie un catalogue de ses collections de vues en 1894. « Notre société d’Enseignement existant depuis 1880, on trouvera peut-être étonnant que nous ayons attendu jusqu’à ce jour pour dresser ce catalogue des vues qu’elle met gratuitement à la disposition des écoles et des sociétés d’instruction. C’est a dessein que nous avons retardé ce travail, ne voulant pas l’entreprendre sans avoir acquis, par un long usage des photographies sur verre, une connaissance suffisante qui nous permit de lui donner un caractère essentiellement pratique ». Il fallut aussi que les fabricants d’appareils tels que MOLTENI et LAVERNE créent des appareils satisfaisant pour l’enseignement et rassemblent des collections de vues suffisamment complètes et variées.

Catalogue de collections de vues prtŽes gratuitement aux Žcoles

Voir : Lanternes de projection scolaires à deux usages LAVERNE

La collection de vues est composée d’un stock approchant les 10 000 photographies sur verre lors de l’édition du catalogue. « La moyenne des prêts qui était de 218 en 1883, de 595 en 1891 et de 900 en 1893 a été, du 1er octobre 1894 au 1er avril 1895 de 2 134, soit une moyenne de 356 prêts par mois pour des séries moyennes de 25 vues et une durée moyenne de quinze jours par prêt. Celles-ci ont servi, dans les conférences publiques à instruire et à moraliser les populations et, dans les écoles, à réviser de nombreuses leçons sur l’histoire et la géographie, ainsi qu’à procurer aux élèves des connaissances élémentaires sur les sciences et principalement l’histoire naturelle, la physique et la chimie ». Il est même précisé que « l’attrait des conférences est augmenté par l’emploi de vues colorisées et de tableaux mécanisés pour le démonstration de phénomènes naturels tels que arc-en-ciel, marche des comètes, éruption d’un volcan, etc. ».

Le Havre 06  Le Havre 07  Boite d’expédition de vues (ancienne boîte de la Cie Française des Chocolats et des Thés à Paris), adressée à monsieur Perri… instituteur à Rotisses en gare à st Laurent – 25 février 1897

Les prêts gratuits des collections de vues se sont étendus bien au delà de la ville du Havre et du département de Seine-Maritime. En 1888, la Société fournit 22 départements, 33 en 1891, 62 en 1892 et 80 en 1894 « allant jusqu’en Belgique, en Suisse, en Algérie et même en Amérique… A la Nouvelle-Orléans, un ami des écoles, monsieur MILTON-C. RANDALL, a sollicité auprès de la Société Havraise de l’Enseignement par l’aspect l’envoi de trois appareils. » Cette croissance est devenue tellement importante que cette Société, ainsi que la Ligue française de l’Enseignement et la Société Nationale des Conférences Populaires ont été débordées par les demandes de prêt.

Voir : La Ligue de l’Enseignement et l’Education Populaire - Aux origines des syndicats et de l’Enseignement Populaire

 Le Havre argent R°  Le Havre argent V°  Le Havre bronze R°  Le Havre bronze V°Médailles d’argent et de bronze données en récompense des services rendus à l’Enseignement par l’Aspect.

« Avec des appareils et des vues d’une exécution irréprochable, à bon marché et faciles à se procurer, les Sociétés se multiplieront et diminueront la tâche de leurs ainées ; les écoles les plus humbles, grâce aux nombreux bienfaiteurs de l’instruction populaire, suivront elles-mêmes le mouvement et l’enseignement par les projections lumineuses, nous l’espérons, sera assuré pour toujours » déclaration signée par G. SERRURIER, vice-président fondateur de la Société d’Enseignement par les Projections Lumineuses.

Voir : La Société Nationale des Conférences Populaires

SOURCES :
– Catalogue de la Société d’Enseignement par les projections lumineuses, c/° Gallica
“Les républicains du Havre au XIXe siècle”, par Pierre Ardaillou – Publication des Universités de Rouen et du Havre 1999.

 

 

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L’arrivée des CONFERENCES ILLUSTREES à l’école, d’après René LEBLANC

Posté par Patrice Guerin le 24 février 2014

Le texte ci-dessous, paru en 1904, annonce l’arrivée des Conférences Illustrées dans les écoles et les collèges, en concluant que c’est « une vérité durable ». Où en est-t-on un siècle plus tard, à l’ère du numérique et de l’image omni-présente ?

Leblanc 01   Le Journal du Dimanche 31 janvier 1904 – Source : Gallica

Ceux que naguère – il y a déjà dix ans – l’on appelait des « montreurs de lanternes magiques » triomphent à l’heure actuelle. Dans les faubourgs des villes, aux villages, aux hameaux, aux cours du soir, aux patronages, aux associations, dans toute cette France post-scolaire qui de jour en jour élargit son action, la “lanterne magique”, la “pièce curieuse” a conquis droit d’entrée, champ de rayonnement. « Dans les écoles nombreuses, il y a économie de temps à réunir, pour la même leçon, les élèves des classes d’un même cours. Dans les écoles qui ne contiennent qu’une classe par cours, ou dans les écoles à un seul maître, les leçons de révision peuvent s’adresser en même temps aux élèves de différents cours. Pour les adultes, nous conseillons une causerie illustrée par semaine. Dans les campagnes elles se font généralement le dimanche. » G. SERRURIER, vice-président fondateur de la Société d’Enseignement par les Projections Lumineuses du Havre.

Voir : La Société d’Enseignement par les projections lumineuses - La Société Nationale des Conférences Populaires

Leblanc 07  Salle de projection de la Ligue Patriotique contre l’alcoolisme « Ta Parole est Lumière”

C’est à la clarté des vues projetées sur l’écran que le savoir s’affirme, que les préjugés s’enfuient. La conférence illustrée renseigne les auditoires populaires sur les inventions, les explorations. Elle est l’histoire, la géographie vue, parlée. Elle complète le journal, le commente, le développe. Elle remplace la veillée où jadis on contait des légendes, sous le manteau des antiques cheminées. Elle est une manière de théâtre où l’on joue des revues d’actualité toujours rafraichie et renouvelée…

Leblanc 03  Les Projections Lumineuses – René LEBLANC 1904

Dans son livre intitulé “Les projections Lumineuses”, monsieur René LEBLANC (voir PORTRAITS), inspecteur général de l’Instruction Publique, donne des détails intéressants sur la diffusion des conférences illustrées : « On resterait sans doute en dessous de la vérité en évaluant à dix mille le nombre des appareils acquis en France, depuis 1890, par les communes, les sociétés d’enseignement, les instituteurs, et, en général, les bienfaiteurs des œuvres post-scolaires. En ces dix dernières années (1894-1903), la Ligue française de l’Enseignement, à elle seule, a fourni plus de trois mille lanternes pour projections à ses adhérents. »

Voir : La Ligue de l’Enseignement et l’Education Populaire

Leblanc 04

Monsieur René LEBLANC prévoit l’introduction des la “lanterne magique” dans l’école du jour, où elle deviendra l’auxiliaire de la démonstration orale. Et, au moment ou il lance cette idée, il se trouve qu’un professeur qui enseigne l’histoire au lycée Hoche à Versailles, monsieur Paul DESPIQUES, déclare dans un article de la “Revue Universitaire” que l’enseignement par l’aspect s’impose dans les établissements secondaires.

Après avoir parlé des images murales, des albums, dont il souligne l’utilité, monsieur DESPIQUES démontre qu’il faut que l‘élève ne se contente pas de voir, mais apprenne à regarder : « L’image, dit-il, doit être vue en commun par la maitre et les élèves, elle doit servir comme un texte précis à l’enseignement, comme un grand livre ouvert aux yeux de tous, et, à mon avis, le feuillet de ce grand livre est la projection lumineuse.

Elle est d’un usage très répandu dans les œuvres post-scolaires où elle fait merveille. Les maitres de l’enseignement populaire ont compris, en effet,  qu’en allant au peuple, ils s’adressaient à des grands enfants et qu’il fallait à leur usage, en de si coutres réunions, des méthodes vives et agissantes, parlant le plus souvent à côté de la lanterne à projections. Le village s’est cotisé pour l’achat de l’appareil… Je voudrais cette lanterne à projections installée au lysée. »

Leblanc 05  Amphithéâtre de la Sorbonne – Voir : Projection et amphithéâtres

Monsieur Paul DESPIQUES ajoute : « Je voudrais dans un coin de la classe, près de la chaire, l’écran en permanence au mur, des volets mobiles aux fenêtres pour faire la nuit en plein jour, l’appareil à côté dans une armoire ou un cabinet, toujours préparé, les collections de vues constituées comme une bibliothèque. Les séances de projections ne seraient pas des accidents trimestriels comme elles l’ont été presque partout où il y a eu des essais. Elles pourraient être mensuelles, bi-mensuelles, l’une pour l’histoire, l’autre pour la géographie. Elles feraient partie de la classe, elles seraient une révision rapide du cours, car, en dehors des heures de classe, pouvons-nous nous flatter de fixer l’attention des jeunes enfants, avides de grand air, de mouvements et de jeu ? Enfin, dernier avantage, la lanterne à projections pourrait fournir au maitre des éléments scientifiques par la représentation exacte de la vérité simple, méthodiquement exposée. »

Leblanc 06  Conférence illustrée sur Benvenuto CELLINI – Revue Après l’Ecole septembre 1901

Voir : APRES L’ECOLE : revue éditée par la librairie E. CORNELY - Aux origines des syndicats et de l’Enseignement Populaire - Les projections à l’école

Ainsi l’inspecteur général de l’enseignement primaire et le professeur de lycée sont d’accord pour proclamer les mérites de cette “lanterne magique” qui, il y a dix ans, nous valait épigrammes et quolibets. Ainsi va le train du monde, utopie d’hier, vérité d’aujourd’hui, et vérité durable.

Article signé Edouard PETIT, paru dans “Le Journal du Dimanche” du 31 janvier 1904, rubrique “Semaine Littéraire”. Source : Gallica

 

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La projection de photographies en couleurs, procédé TRICHROME

Posté par Patrice Guerin le 4 mai 2013

La projection de photographies en couleurs, procédé TRICHROME dans Images projetees couleur-31-300x182

Dès le XVIIIe siècle, l’art des projections lumineuses ne cesse de se développer, aussi bien devant un public épouvantés ou émerveillés (Spectacle de fantasmagorie ROBERTSON) que dans les familles les plus populaires par le biais des montreurs d’images de tous poils (La lanterne magique ou le spectacle amusant). Pour rendre ces spectacles les plus réalistes possibles, on colorie à la main les images dessinées ou photographiques (Colorisation des plaques de verre) en attendant de trouver un système permettant de photographier les “vraies” couleurs de la nature.

Voir : Petite histoire des PROJECTIONS en COULEURS - Projecteur trichrome artisanal

 

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Le premier à fabriquer et à commercialiser des appareils trichromes est l’américain Frédéric Eugène IVES (Voir PORTRAITS). Dès 1877 il travaille sur les moyens de prendre et de visualiser des images en couleurs. Le résultat de ses travaux lui permet de mettre au point et de fabriquer dans les années 1895/1900 différents appareils trichromes.

couleur-33-150x128   couleur-47-146x150     couleur-43-150x126 Divers appareils photos, connue sous les noms de “Heliochromoscope”“Kromskop Camera” ou « Chromographe”. Il existe aussi un accessoire pouvant se placer au dos d’une chambre photographique standard afin de faire trois prises de vues d’un même sujet à travers des filtres rouge, vert et bleu.

couleur-34-150x139  couleur-35-150x143 Une visionneuse stéréo en couleur dénommée “Kromskop“, commercialisée à partir de 1895, qui sera suivi par une version monoculaire nommée “Junior Kromskop”.

Voir : Visionneuse stéréo PHOTOCHROMOSCOPE ou KROMSKOP de IVES

couleur-36-300x175  Un projecteur trichrome dénommé “Photochromoscope”. En fait il s’agit d’un accessoire venant se placer à l’avant d’une lanterne de projection ordinaire qui permet de décomposer le faisceau lumineux en trois axes passant par des filtres rouge, vert et bleu, puis au travers de vues en noir et blanc adaptées avant de composer une image colorée sur l’écran.

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En 1898, IVES crée une société en Grande-Bretagne, “Photochromoscope Syndicate, Limited”. Il prend comme assistant Edward Raymond TURNER (1873-1903). Enthousiasmé par le principe additif des couleurs, expérimenté avec le Kromskop, TURNER quitte son emploi l’année suivante pour appliquer ce principe au cinématographie. Il construit et brevète un système de cinéma trois couleurs en 1899.

Pour en savoir plus cliquer ici

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En 1901, une polémique voit le jour entre DUCOS DU HAURON et IVES sur l’origine du procédé trichrome et les moyens mis en œuvre pour réaliser ces images. IVES écrit « qu’il y avait des défauts graves dans chacune des méthodes proposées par M. DUCOS DU HAURON ». Ce à quoi DUCOS DU HAURON répond « ces prétendus défauts ne furent que des erreurs théoriques qui n’eurent pratiquement aucune importance… ». Il faut savoir que les théoriques de DUCOS DU HAURON ont été publiées à partir de 1867, avant qu’il n’ait connaissance des travaux de MAXWELL, sur lesquels s’appuie IVES.

Voir : Petite histoire des PROJECTIONS en COULEURS

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A la même époque, en Allemagne, le Dr Adolph MIETHE (1862-1927) met au point un projecteur trichrome qui est construit par la maison GOERZ.

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Les appareils commercialisés par IVES auront un certain succès durant une dizaine d’années jusqu’à l’invention du système “Autochrome” par les frères LUMIERE, en 1903 et sa commercialisation à partir de 1907. La projection des autochromes « exige souvent une plus grande intensité lumineuse que pour les vues colorisées. Elle nécessite que l’on puisse la modérer suivant les cas, de façon à pouvoir conserver aux couleurs leurs valeurs brillantes ou vaporeuses ».

Voir : Les plaques AUTOCHROMES pour la photographie en couleurs

couleur-45-150x114  Projection en couleurs faite par monsieur Louis GAUMONT à l’Académie des Sciences, le 10 novembre 1919

Le procédé trichrome sera aussi utilisé  au cinéma. En 1911, la Société des établissements GAUMONT dépose un brevet pour la projection cinématographique trichrome.

Pour en savoir plus cliquer ici

En 1932, Herbert KALMUS met au point aux Etats-Unis la caméra Technicolor trichrome.
Pour en savoir plus cliquer ici

couleur-46-150x110 Publicité Kodak – Années 1950

Il faut attendre les années 1950 pour que la photographie couleur entre définitivement dans une majorité de familles par le biais de la fameuse diapositive Kodachrome qui est à l’origine de ces rituelles séances de projection familiales du dimanche après-midi.

 

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