Visionneuses stéréoscopiques à main H. C. White

Posté par Patrice Guerin le 24 août 2025

Stereo White 1La Mode Illustrée N°21, 1867, collection GV

Le principe de la stéréoscopie a été décrit en 1838 par le physicien anglais Charles WHEATSTONE (1802-1875).

VOIR : Vues stéréoscopiques géométriques DUBOSCQ

 Stereo White 2

Vers 1859 / 1860, un modèle plus léger et bon marché, à poignée fixe, est inventé par l’américain Oliver Wendell HOLMES (1809-1894). Parfois appelé le « mexicain », son appareil n’est pas breveté et chacun peut construire des stéréoscopes basés sur ce modèle.

 Stereo White 3 Brevet H. C. White N° 281.743 du 24 juillet 1883, source GV

Le 24 juillet 1883 Hawley C. WHITE (1848-1925) dépose le brevet N° 281.743 pour un stéréoscope à poignée articulée.

Stereo White 7Stereo White 8

Il fut l’un des plus importants fabricants de stéréoscopes et de cartes stéréo de grande qualité aux États-Unis. Son catalogue compta plus de 13 000 articles.

 Stereo White 9Stereo White 10

Une visionneuse, en grande partie métallique, nommée “The Perfecscope”, est brevetée par WHITE en octobre 1895 aux États-Unis et en juin 1902 en France. « Notre invention réside dans les améliorations apportées à chacun ou à l’ensemble des éléments considérés séparément, et dans l’amélioration des méthodes d’assemblage. Ces améliorations ont été apportées notamment avec l’utilisation de l’aluminium et de métaux analogues. »

Stereo White 11

Elle obtient même un prix à l’Exposition universelle de Paris en 1900. Certains modèles portent un emblème estampillé au centre de la visière.

Stereo White 6  Museum d’Histoire naturelle, vue MOLTENI

VOIR : Vues stéréos Molteni au Muséum d’Histoire Naturelle

 

Publié dans Stéréoscopie | Pas de Commentaire »

Vues stéréos MOLTENI au Muséum d’Histoire Naturelle

Posté par Patrice Guerin le 24 août 2025

Dans son livre de 1894 Instructions Pratiques sur l’emploi des Appareils de Projection page 193, Alfred MOLTENI écrit «  La vision stéréoscopiques donne du relief aux images… C’est ce que l’on réalise facilement avec le stéréoscope à vision directe. Là, les vues sont disposées dans le sens voulu et à un écartement tel, que les deux prismes dont est muni le stéréoscope en permettent la superposition. »

Stereo White 12 Stéréoscope de HOLMES à poignée fixe, vers 1859 / 60

VOIR : Visionneuses stéréoscopiques à main H. C. White - Vues stéréoscopiques géométriques DUBOSCQ

Entre 1872 et 1873, Alfred MOLTENI réalise une série de prises de vues stéréoscopiques au Muséum d’Histoire Naturelle, sous la direction du professeur Paul GERVAIS.

Stereo White 4Collection Patrice GUERIN

Un catalogue intitulé Enseignement par le Stéréoscope et les Projections – Collection d’Histoire Naturelle photographiée au Muséum de Paris J. & A. Molteni est publié en septembre 1873.

Nous recherchons ce catalogue.

Stereo White 13  Stereo White 14  Stereo White 15  Stereo White 16  Stereo White 17  Stereo White 18

Ces vues ont été déposées en juillet 1873 à la BNF. Chaque vue est présentée recto & verso par série de 3 exemplaires avec des densités photographiques différentes. Il y a en tout 172 sujets.

Stereo White 5

CLIQUER ICI

 

 

Publié dans Accessoires et divers, Stéréoscopie | Pas de Commentaire »

Appareil photographique automatique MOLTENI Groult

Posté par Patrice Guerin le 19 février 2023

Une fois n’est pas coutume, puisque l’on n’est plus dans la projection mais dans la capture d’image.

Voici un très bel appareil photographique stéréo, de type Détective, fabriqué par la Maison Molteni en 1885.

Ptit-Bof 131030  Extrait du brevet Groult du 30 mai 1885 (source G.V.).

En mai 1885, monsieur Groult dépose un brevet n°169144 pour un “Pistolet photo-stéréoscopique”. « Il s’agit d’une chambre stéréoscopique double munie d’un seul obturateur à rideau situé à l’arrière des objectifs… Au dessus se trouve une autre chambre munie d’un objectif identique et d’un dépoli à l’arrière qui sert de viseur… En dessous se trouve une poignée et une gâchette. »

Groult 02  Gravure de 1885

Le 5 février 1886, monsieur Molteni présente, au nom de M. Groult, cet appareil à la Société Française de Photographie. « Pour mettre l’appareil en état de fonctionner, on remonte le rideau de l’obturateur en tournant le bouton du rouleau supérieur. On introduit le châssis négatif dans sa rainure, on enlève le volet et on ferme la trappe. L’appareil est prêt à fonctionner immédiatement. »

Groult 03  Groult 04 Catalogue A. Molteni n°46 juillet 1888

Le catalogue A. Molteni n°46 de juillet 1888, consacré aux “Principales fournitures photographiques” consacre 4 pages à ces appareils automatiques et au Pistolet Photo-Stéréoscopique de M. Groult, qui sont construits sur le même modèle. « Les appareils automatiques ne présentent pas les inconvénients des chambres de voyage. Plus de rideau noir, ni de glace dépolie ; mises au point indiquées à l’avance pour les lointains ou les objets rapproches ; appareil tenu à la main pour les instantanées, ou se montant sur un pieu pour les poses plus longues. »

Groult 05  écorché de l’appareil avec magasin, bulletin SFP 1888 page 186

L’appareil de type Détective, essentiellement portatif, est suffisamment léger pour être tenu à la main (avec ou sans poigné révolver) et permettre de prendre des photographies instantanées. Il peut être équipé d’un magasin formant boîte à escamoter pour 11 plaques 8 x 15,5 cm.

Groult 06   Groult 15   Visée en “vision directe” sans la chambre supérieure

« Rien ne vaut la vision directe, » précise monsieur Molteni « on se rend mieux compte de l’effet produit, et si un objet disparate gâte le tableau, il est vu immédiatement, tandis que l’image formée par la chambre auxiliaire a, croyons-nous, plusieurs désavantages : elle est trop petite, les objets bien que droits sont retournés de droite à gauche, et enfin, quand on est en plein soleil, on distingue très difficilement l’image sur la glace dépolie, malgré l’abat-jour qui est devant. »

Groult 07 Groult 08 Groult 09  Groult 10 Appareil automatique stéréoscopique (collection PG)

Cet appareil en acajou verni et laiton mesure 12 x 22,5 x 19,5 cm et pèse 3 kg. Le panneau avant s’ouvre pour donner accès aux objectifs tandis qu’à l’arrière se trouve un châssis mobile équipé d’un dépoli et d’un volet. L’un des côtés possède une poignée de transport, tandis que l’autre supporte tous les systèmes de réglage dont une échelle des distances. Le dessus est équipé d’une bulle de niveau et d’une griffe pour fixer un viseur. Le dessous supporte la gâchette de déclanchement, la molette de réglage des objectifs et au centre un pas de vis pour fixer un pied.

Groult 11       Groult 12Photos faces avant et arrière

Trois de ces appareils ont pu être comparés lors d’une “rencontre” la Société Française de Photographie qui en possède deux mono objectif (sans objectif). Le troisième est un modèle stéréo sans poignée ni viseur.

Groult 13

Un quatrième modèle connu, mono objectif, se trouve au Musée Eastman à Rochester.

Groult 14 VOIR Eastman Museum

 

Publié dans Brevets et inventeurs, Non classé, Stéréoscopie | Pas de Commentaire »

Les projecteurs 2D VIEW-MASTER

Posté par Patrice Guerin le 15 décembre 2022

View-Master 16  Publicité de 1965.

Pour que les vues puissent être montrées à plusieurs personnes, « à la maison, dans une salle de classe ou lors de projection commerciale », View-Master a mis au point différents modèles de projecteurs pouvant projeter une seule des deux vues du couple stéréoscopique figurant sur un disque. « Il permet de projeter des images Kodachrome en couleur à moins d’un quart du coût des diapositives 35 mm. »

VOIR : Les visionneuses stéréo VIEW-MASTER - Les images sur disques VIEW-MASTER

View-Master 17  View-Master 18Modèle N°1 en métal 1949

Le projecteur est de construction robuste et très simple à utiliser. Ses caractéristiques principales sont : objectif f/3.0 Anastigmat ; corps entièrement moulé sous pression ; fenêtre de lecture de titre prismatique éclairée ; interrupteur intégré ; dispositif de focalisation de lentille sensible ; réglage de l’inclinaison.

View-Master 19Modèle Junior

Ce petit projecteur très courant est utilisé pour des projections à moins de 2 mètres et images de petit format (≈25cm).

View-Master 20Modèle Standard

Ce projecteur permet des projections de 2 à 4 mètres et images de moyen format (≈50 cm).

View-Master 21Modèle De Luxe

Ce projecteur est identique au modèle standard avec un certain nombre d’améliorations. Il permet de faire des projections familiales entre 2 et 6 mètres et images de grand format (≈1 m).

View-Master 22Modèle 111, années 1970.

View-Master 23  View-Master 24

 

Pour en savoir plus sur l’histoire des View-Master et de son premier designer Karl Kurz, nous vous recommandons vivement de visiter ce site en anglais : CLIQUER ICI

View-Master 26  Prototype en bois du premier projecteur View-Master S1 datant de 1946

 

 

Publié dans Projecteurs jouet, Stéréoscopie | Pas de Commentaire »

Les images sur disques VIEW-MASTER

Posté par Patrice Guerin le 19 juillet 2021

View-Master 1 Publicité américaine, View-Master (modèle E) 1956-1960.

Le procédé View-Master a été inventé vers 1938 /1939, par l’américain Wilhelm Gruber associé à la société Sawyer’s Photo Services qui commercialisait des photographies, principalement sous forme de cartes postales. Les premières images et visionneuses ont été officiellement présentées à l’Exposition universelle de New York en 1939 puis à l’exposition Golden Gate de 1940 à San Francisco.

View-Master 2.1 View-Master 2.2Disques View-Master.

L’intérêt de cette visionneuse est de voir « en trois dimensions (relief) des images en couleur prises sur du film Kodachrome ». On l’a bien compris : la vente des visionneuses permet surtout de commercialiser des images photographiques en couleurs, montées sur des disques en carton rigide de 9cm de diamètre. Chaque disque contient 7 paires d’images (format 11,5 x 10 mm) placées symétriquement par rapport à l’axe du disque. 7 encoches situées sur le pourtour permettent de faire tourner le disque image par image. Ce “commerce” d’images repose sur la même démarche que les visionneuses Pathéorama commercialisées par Pathé à partir de 1923.

VOIR : Le Pathéorama et la lanterne Cocorico

View-Master 3.1View-Master 3.2 Catalogue “Stereoscopic Pictures View-Master” © 1947.

Ce catalogue de 1947 répertorie les disques disponibles à l’époque. L’introduction précise : « Plus de deux mille vues individuelles contenues sur les “disques View-Master” sont répertoriées et décrites dans les pages suivantes. Au fur et à mesure de la production de nouveaux disques éducatifs, scientifiques et scènes mondiales (monuments et paysages), ils seront répertoriés et décrits dans les prochains numéros de ce catalogue. » Lorsque Sawyer’s est acheté en 1966 par la société GAF (General Aniline & Film), les nouveaux catalogues voient arriver de nombreuses franchises culturelles, issues notamment des secteurs du cinéma et de la télévision.

View-Master 4.1 View-Master 4.2 View-Master 4.3 Série de 3 disques “Blanche-Neige” avec pochette à gauche et livret à droite, 1955.

En 1951, Sawyer’s achète Tru-Vue, le concurrent direct de View-Master. En plus d’éliminer leur principal rival, la reprise permet à Sawyer’s d’acquérir les droits d’utilisation des vues extraites des films Disney. Cet ajout au catalogue View-Master popularisa ces petites visionneuses et compléta les sujets éducatifs par des images divertissantes.

View-Master 4b  Paire de vues stéréos Blanche-Neige, disque III, vue 18.

Cette vue extraite du disque III Blanche-Neige est intitulée “les nains essayent de la ranimer”. Printed in Belgium, all rights reserved, Sawyer’s Europe S.A. © 1955 by Sawyer’s Inc.

Série Sciences n°4lgt  Série Sciences n°5lgt  Série Sciences n°6lgt

Ci-dessus trois pochettes issues de la “Série Sciences” (années 1970) contenant chacune 3 disques de 7 vues stéréos (soit 21 vues) et les commentaires allant avec chaque vue.

VOIR : Les visionneuses stéréo VIEW-MASTER - Les projecteurs 2D VIEW-MASTER

 

 

Publié dans Images projetees, Projecteurs jouet, Stéréoscopie | Pas de Commentaire »

Les visionneuses stéréo VIEW-MASTER

Posté par Patrice Guerin le 19 juillet 2021

View-Master 5  Publicité française, View-Master (modèle E) 1956-1960 « prononcez Viou-Mastair”.

La visionneuse stéréo View-Master se présente sous forme de jumelles dans lesquelles on insère un disque en carton cranté comportant 7 paires de diapositives, chaque œil visualisant une paire d’images distinctes. Celles-ci peuvent être identiques et forment une image en deux dimensions, ou peuvent présenter la même scène sous un angle légèrement différent afin de former une image en relief.

VOIR : Les images sur disques VIEW-MASTER - Les projecteurs 2D VIEW-MASTER

View-Master 6 Visionneuse stéréo View-Master, considérée comme le modèle N°1, source commons.Wikimedia.org.

Les premières visionneuses View-Master sont fabriquées en plastique de type « Bakélite » avec des pièces métalliques en acier inoxydable. Un levier métallique avec ressort permet de faire tourner le disque vue par vue. Les lentilles en verre optique sont soigneusement rectifiées et polies. Chaque modèle est testé en usine puis emballé individuellement avant expédition. (Extrait du catalogue de 1947.)

View-Master 7.1View-Master 7.2 Visionneuse stéréo View-Master Standard 1947.

Le stéréoscope View-Master Standard (considéré comme le modèle N°2) est une visionneuse ronde équipée, en bas, de deux charnières permettant d’ouvrir le dos pour changer les disques. NB Le modèle N°1 ne possède qu’une seule charnière.

View-Master 8.1View-Master 8Visionneuse stéréo View-Master De Luxe 1947.

Le stéréoscope View-Master De Luxe est de conception plus moderne. Il ne possède pas de charnière mais une simple fente de chargement située sur le bord supérieur. Le mécanisme robuste, fermé et infaillible « assure des années de fonctionnement parfait ». Un obturateur intégré “occulte” le mouvement de changement d’image.

View-Master-13Modèle D (1955-1972)

Le modèle D est considéré comme l’appareil ayant eu la meilleure qualité optique car il possède une molette d’ajustement des optiques. Il est très recherché par les collectionneurs pour cette raison.

View-Master 9Modèle E (1955-1961) et modèle G (1959-1977)

Il existe de très nombreux modèles de visionneuses View-Master aux formes sobres (modèles de base), ou fantaisistes (modèles publicitaires) comme la tête de Mickey. Ils sont fabriqués en plastiques marron, puis en diverses couleurs dont le rouge qui l’identifie parfaitement auprès des utilisateurs.

View-Master-15View-Master-16View-Master-17Modèle F fabriqué en Belgique (1959-1966)

Le modèle F, nommé View-Master Lighted Stéréo Viewer, est une visionneuse semblable aux précédents, mais équipée de deux piles LR6 afin de fonctionner dans n’importe quelles conditions, « y compris sous les draps ». Pour changer les piles il suffit d’enlever le dos de l’appareil. La mise en marche de l’éclairage se fait en appuyant sur la touche beige située sur le dessus, mais il n’y a pas de verrouillage si bien qu’il faut maintenir la pression pour regarder les vues.

Pour voir d’autres modèles CLIQUER ICI

View-Master 10Modèle actuel américain.

Le design évoluant avec l’époque les plus récentes visionneuses ont des formes futuristes très sobres.

Cliquer sur l’imageView-Master-11pour voir l’animation.

VOIR : projecteurs VIEW-MASTER (à venir)

 

Publié dans Projecteurs jouet, Stéréoscopie | Pas de Commentaire »

Vues stéréoscopiques géométriques DUBOSCQ

Posté par Patrice Guerin le 19 janvier 2021

Stereocarte 01  Vision binoculaire, le stéréoscope, journal Le Musée des Sciences, N°30, novembre 1857.

Les vues stéréoscopiques permettent de voir une image en relief à l’aide d’un stéréoscope : visionneuse dans laquelle on regarde avec les deux yeux des images graphiques ou photographiques.

Stereocarte 02 Stéréoscope de Wheatstone à images parallèles et miroirs obliques.  

L’idée première du stéréoscope est due au physicien anglais Charles WHEATSTONE (1802-1875) qui expose, en 1838, ses travaux sur la vision binoculaire aux membres de la Royal Society de Londres. A cette occasion, il présente un stéréoscope à réflexion peu pratique mais suffisant pour démontrer le principe du relief.

Pour plus d’informations, cliquer ICI.

Stereocarte 03  Stéréoscope de Brewster à lentilles prismatiques avec ses vues. 

En 1844, Sir David BREWSTER (1781-1868), invente une petite visionneuse à main munie de deux lentilles biconvexes permettant de visionner aisément des images en relief. Ne trouvant pas de débouchés en Angleterre et grâce à l’intermédiaire de l’abbé MOIGNO (VOIR : PORTRAITS),  il fera fabriquer son appareil à Paris par la Maison SOLEIL-DUBOSCQ, dès les années 1850.

VOIR : La maison d’instruments d’Optique et de Précision SOLEIL – DUBOSCQ – PELLIN

Stereocarte 04c  Stereocarte 04b  Stereocarte 04a  Épreuves géométriques Duboscq par réflexion, vers 1855.

On n’en est qu’au tout début de la photographie et les vues en relief sont très rares. Par contre les épreuves géométriques graphiques « rendent des services à l’enseignement en permettant de voir en relief les figures de géométrie dans l’espace. »(1)  Il s’agit d’épreuves géométriques imprimées en noir avec figures claires sur carton beige ; format 8,2×17,4cm.

Stereocarte 05  Planche de figures provenant du fascicule Moigno.(2)

Parmi tous ces schémas, la fig.15 représente une flèche avançant vers l’œil, la fig.17 un panier avec anse proéminente, la fig.18 un portique, la fig.19 un polyèdre étoilé de la collection de M. Hessemer.

Stereocarte 06  Tableau provenant du fascicule Duboscq.(1)

« Les innombrables épreuves exécutées par la méthode de M. Jules Duboscq ne laissent absolument rien à désirer, elles produisent des effets étonnants et il ne restait plus qu’un vœu à formuler, c’était que la photographie sur papier fit assez de progrès et devint un art assez constant dans ses résultats pour que l’on pût substituer dans tous les cas des dessins sur papier et sans reflets, aux images daguerriennes dont le miroitage rend la vision plus difficile et moins nette. »(2)

 

________________________

(1) Catalogue des appareils pour la Photographie Maison Duboscq rue de l’Odéon à Paris 1862.

(2) Stéréoscope ses effets merveilleux…, par l’abbé Moigno, Franck libraire éditeur à Paris, 1852.

 

 

Publié dans Accessoires et divers, Stéréoscopie | Pas de Commentaire »

Visionneuse stéréo PHOTOCHROMOSCOPE ou KROMSKOP de IVES

Posté par Patrice Guerin le 17 mai 2013

Les recherches de l’américain Frédéric Eugène IVES (voir PORTRAITS), dont celles appliquées à la réalisations d’appareils trichromes, joua un rôle déterminant dans l’histoire de la photographie en couleurs.

Voir : La projection de photographies en couleurs, procédé TRICHROME

Visionneuse stéréo PHOTOCHROMOSCOPE ou KROMSKOP de IVES dans Projections scientifiques kromskop-01-150x95  kromskop-02-150x95 dans Stéréoscopie  kromskop-03-150x95  Collection G.V.

Le 18 décembre 1894, F.E. IVES dépose un brevet aux Etats-Unis  pour un “Photochromoscope and Photochromoscope Camera”, suivi et complété, le 6 août 1895 par un brevet anglais. Ces brevets font suite à une première série de brevets déposés en 1890 et 1892 aux USA et en Grande-Bretagne décrivant le principe de la photographie trichrome et des Chromograms.

kromskop-04-300x200

Frederic IVES  présente ainsi son invention « Le Kromskop est un instrument optique qui accomplit pour la lumière et la couleur ce que le phonographe accomplit pour le son et la Kinetoscope pour le cinéma. »

kromskop-05-300x209  La Nature 1895 – Collection G.V.

Le Kromskop est la première visionneuse stéréoscopique couleur pour vues photographiques en couleurs réellement efficace. Il se compose d’une boîte en forme d’escalier (2), portant sur la face avant deux oculaires. Elle repose sur un socle articulé qui permet d’orienter convenablement la visionneuse (3) par rapport à la lumière et à l’observateur. A l’arrière, un miroir M inclinable permet d’envoyer la lumière dans la fenêtre verticale V. Si nécessaire, un verre dépoli D peut se placer sur le dessus pour adoucir la lumière et la rendre plus uniforme. En effet, s’il y a trop de lumière sur l’une des trois vues, cela crée une couleur dominante qui modifie la coloration globale.

kromskop-06-148x300   kromskop-07b-150x80

Le Chromogram est une bande articulée composée de trois positifs noir et blanc montés dans des caches en cartons reliés entre-eux par des bandes de tissus. En visualisant chaque plaque à travers un filtre de couleur appropriée, puis en les fusionnant, on obtient une photographie avec ses couleurs d’origine. Pour cela, il suffit d’introduire la première vue dans les rainures verticales disposées à l’arrière de l’appareil et de laisser les autres plaques reposer à leur place respective pour observer l’image en couleurs.

kromskop-08-300x300   kromskop-09-150x103

Sur la partie arrière du Kromskop, se trouve un verre de couleur verte. Sur la partie supérieure de la boîte, sont situés un verre bleu au centre et un verre rouge sur la partie haute de l’appareil. A l’intérieur de la boîte, entre les oculaires et le verre situé directement en face, se trouvent deux glaces inclinées à 45°. Elles sont transparents, l’une à l’avant est colorée en bleu (cyan), l’autre à l’arrière est colorée en vert.

kromskop-10-300x218

Lorsque l’on se place à l’avant de l’appareil, l’œil voit directement la première image au travers d’un filtre vert puis des miroirs sans teint vert et cyan ; il voit superposée la seconde image à travers le filtre bleu et réfléchie par le miroir vert ; et enfin il voit aussi la troisième image à travers le filtre rouge et réfléchie par le miroir cyan ; le tout se mélangeant pour donner une image aux couleurs parfaitement équilibrées. Les principaux problèmes consistent d’une part à superposer parfaitement les trois images pour obtenir une photographie couleur satisfaisante et d’autre part à disposer d’une source de lumière suffisamment puissance pour compenser la densité des filtres colorés.

kromskop-11-150x147  kromskop-12-150x125  kromskop-13-108x150  kromskop-15-150x107

« Cet appareil trouve sa place dans les familles aussi bien que dans les laboratoires de physique, car, à côté de l’intérêt d’observer des images en couleurs, il permet de démontrer facilement le principe exposé par M. DUCOS DU HAURON quelques années auparavant. » Toutefois, le Kromskop et ses Chromograms mettent “trop de technologie” entre le spectateur et l’objet. IVES reconnaît d’ailleurs que «ce n’est pas le genre de photographies couleurs que le monde recherche… car elle ne génère pas d’images en couleur fixes qui peuvent être encadrées et accrochées sur le mur.»

En France, le Kromskop est commercialisé par la société Clément & Gilmer.
Voir : Le KROMSKOPE commercialisé par Clément & Gilmer

kromskop-14-150x99

Il existe une version monoculaire de cette visionneuse dénommée “Junior Kromskop”, construite sur le même principe que ce Kromskop.

kromskop-16-150x132Collection E.L.

Publié dans Projections scientifiques, Stéréoscopie | Pas de Commentaire »

 

Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus