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Le Mégascope réfracteur achromatique de CHEVALIER

Posté par Patrice Guerin le 17 août 2014

Chevalier 31  Brevet Arthur CHEVALIER N°49 326 du 20 avril 1861 - Source INPI

Le 20 avril 1861, Louis Arthur CHEVALIER (1830-1874), opticien à Paris, au Palais-Royal galerie de Valois n°158, dépose un brevet de quinze ans (N°49 326) pour des perfectionnements au mégascope réfracteur achromatique de son père Charles CHEVALIER.

Voir : Microscope solaire de CHEVALIER - Les Opticiens CHEVALIER à Paris

Chevalier 32  Source INPI

Cet appareil, destiné à amplifier les images transparentes photographiques ou autres, se compose d’une glace étamée G qui renvoie les rayons solaires dans le tube T et par suite sur l’image I. Celle-ci est placée et maintenue entre deux plaques de cuivre, soit au moyen de ressorts, soit avec des vis. L’agrandissement de l’image sur l’écran est produite par la combinaison trois lentilles achromatiques A, B et C. Les deux lentilles A et B sont fixes, tandis que la lentille C est mobile au moyen d’un système de tubes qui coulissent l’un dans l’autre. Les différentes possibilités d’agrandissement s’obtiennent soit en éloignant ou en rapprochant le mégascope de l’écran, soit en changeant la lentille C. On peut donc avoir à cet effet plusieurs lentilles de rechange.

Chevalier 37  Chevalier 38  Mégascope Arthur CHEVALIER N°74 breveté SGDG années 1860

« Je réclamerai comme ma propriété dans cet appareil l’arrangement des lentilles qui est tout à fait nouveau. Premièrement le système fixe des deux lentilles A et B est composé d’une lentille achromatique périscopique A ayant son côté bombé tourné vers l’objet que l’on veut grandir et d’une lentille bi-convexe achromatique B. La lentille C, mobile, est bi-convexe. Les deux lentilles A et B ont 80mm de diamètre, celle C 54mm. L’appareil ainsi disposé peut agrandir des images de 75mm. En employant des lentilles plus grandes, toujours faites sur le même principe, on peut agrandir des images ayant les dimensions que l’on désire. La mise au point de l’appareil se fait à l’aide de tubes à frottement, cependant on peut pour cela y joindre une vis de rappel ou un engrenage. Nous nous réservons l’application de ce système de lentilles aux lanternes magiques ou fantasmagories, aux divers appareils amplifiants déjà connus. Nous disons aussi qu’en mettant à la place de la lentille C un système composé de deux lentilles on pourrait augmenter les qualités de l’appareil, ceci est encore notre propriété. »

Chevalier 34   Source INPI

Le miroir de cet appareil se meut en tous sens à l’aide de pignons et engrenages mis au point antérieurement par Charles CHEVALIER. Par contre le porte objet fig. 4 est nouveau, car il est muni de vis permettant de centrer l’image et de l’amener dans l’axe des lentilles.

Chevalier 35  Additif en date du 7 août 1863 – Source INPI

Dans un additif en date du 7 août 1863, Arthur CHEVALIER présente trois combinaisons différentes de lentilles composée de deux verres fixes B et de deux verres A qui peuvent se rapprocher ou s’éloigner de la combinaison B. « Ces combinaisons donnent d’excellentes images amplifiées de 5 à 15 fois. »

 

 

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Un banc d’optique ancien fabriqué par la Maison MASSIOT

Posté par Patrice Guerin le 13 août 2014

Banc 19  Banc 02  GALILEE et NEWTON

Les premiers instruments optiques apparaissent aux XVIIe siècle pour étudier l’astronomie. En 1609, GALILEE (1564-1642) utilise une lunette grossissante pour observer les astres et en 1671 Isaac NEWTON (1643-1727) se sert d’un télescope particulier composé de deux miroirs. Cependant l’étude de l’optique a commencé dès l’Antiquité. Les notions de rayons lumineux ainsi que les lois de la réflexion sont déjà connues d’EUCLIDE et de PTOLEMEE. Mais il faut attendre plusieurs siècles et le mathématicien et physicien arabe ALHAZEN (965-1039) pour que les lois de la réfraction soient énoncées.

Voir : La lanterne magique dans les cabinets de physique

Banc 03  Planche de physique provenant de l’encyclopédie F. A. Brockhaus à Leipzig – Début XIXe

Au XIXe siècle, plusieurs opticiens fabriquent des appareils d’optique destinés à observer l’infiniment grand (télescope) ou l’infiniment petit (microscope). A partir de 1850, la Maison DUBOSCQ développe des appareils et accessoires destinés à composer des ensembles optiques pour étudier les principaux phénomènes d’optique.

Voir : Introduction aux projections scientifiques

Banc 04  Eléments optiques DUBOSCQ

« Tous mes efforts, depuis quelques années, ont eu pour but la construction d’instruments que je pourrais appeler populaires, car ils sont destinés à produire les expériences sur une grande échelle et devant un nombreux auditoire. Toute cette partie de l’optique expérimentale était à créer, car, depuis l’abbé NOLLET, SIGAUD DE LA FOND et CHARLES, les physiciens avaient abandonné la voie des expériences amusantes, comme étant contraire à la dignité de la science et au but que l’on se propose en l’expliquant aux élèves. » Avant-propos de Jules DUBOSCQ, dans son catalogue  “Appareils d’optique” publié en 1870.

Voir : La maison d’instruments d’Optique et de Précision SOLEIL – DUBOSCQ – PELLIN

Banc 05  Banc 06

Un banc d’optique est un instrument scientifique principalement composé d’une source lumineuse et d’un rail suffisamment long pour y placer divers accessoires d’optique. Ceux-ci doivent être parfaitement alignés et peuvent être déplacés ou pivotés afin d’observer et de vérifier de nombreuses expériences. Ces accessoires peuvent être complétés par d’autres éléments plus mobiles placés sur des supports indépendants.

Banc 07  Banc optique construit dans les années 1930 par la Maison MASSIOT, successeur de RADIGUET & MASSIOT et de MOLTENI

Voir : RADIGUET & MASSIOT successeur de MOLTENI

Banc 08   Banc 09 Lanterne MASSIOT – Années 1930

La lanterne de projection est montée sur une colonne à hauteur variable, fixée sur un socle en bois adapté pour recevoir le rail du banc d’optique. Elle possède un condensateur amovible de 110mm et peut recevoir divers éclairages tels qu’un arc électrique de 15 à 20 ampères ou une ampoule à incandescence de 20 volts, 20 ampères. Pour évacuer la chaleur, la lanterne est surmontée d’une cheminée rectangulaire caractéristique des modèles RADIGUET & MASSIOT. On la trouve aussi avec une cheminée ronde typique des modèles MOLTENI. A l’avant, cette lanterne peut être équipée d’un système optique de projection avec emplacement pour passe-vues et objectif à crémaillère.

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Le rail métallique, en forme de U d’une longueur de 150cm, est supporté par quatre pieds à vis réglables. Il est équipé sur le côté d’une règle graduée permettant de positionner parfaitement les divers accessoires d’optique nécessaires aux expériences à effectuer. Celui-ci est équipé de cinq accessoires signés “LEMARDELEY PARIS”, montés sur patins et colonnes standards. Pour la présentation, l’ensemble est installé sur le rail, mais pour les expériences, seule une combinaison de deux ou trois accessoires suffit.

Banc 11  Diaphragme à fente, réglable par vis micrométrique, et diaphragme à trous de divers diamètres dans un disque tournant.

Banc 12  Lentille plan concave de 68mm montée sur disque pivotant.

Banc 13  Miroir convexe et miroir plan, tous deux de 92mm, montés sur disques pivotants.

Banc 14  Banc d’optique LEMOINE

« Cet appareil, très complet, bien que d’un prix raisonnable, est constitué de très nombreux éléments tous interchangeables. Pour les budgets qui ne permettraient pas une acquisition totale en une seule commande, il est possible de procéder par étapes. C’est pour cela que nous avons constitué plusieurs combinaisons complémentaires. » Les organes essentiels permettant la réalisation d’expériences d’optique géométrique sont : un rail muni d’une règle graduée ; de six patins ; de deux porte lentilles avec huit lentilles de différents foyers ; d’un porte miroir avec trois miroirs (plan, concave, convexe) ; de deux diaphragmes, l’un à fente, l’autre à trous ; de trois tiges, d’un porte lampe à douille et de quatre vues (flèche, réticule, quadrillage, divisions). A ces éléments de base il est possible d’ajouter des accessoires pour la photométrie et l’autocollimation, des accessoires pour la polarisation et l’analyse spectrale, des accessoires pour l’interférence et la diffraction, ainsi qu’un dispositif d’éclairage plus puissant avec lanterne sur colonne et source lumineuse à arc ou à incandescence.

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Souvent utilisés dans l’enseignement, il est nécessaire de pouvoir disposer d’une variété de supports permettant le montage de diaphragmes, lentilles, miroirs, prismes, etc.  « Afin de réduire les dépenses, la maison MASSIOT s’est efforcée d’en limiter le nombre en unifiant le diamètre des tiges (10mm et 18mm) qui viennent se fixer soit sur un trépied soit sur un patin de banc. »

Voir : Les prismes et l’étude de la lumière

Banc 18 Petit banc RADIGUET & MASSIOT – 1907

En complément de ces bancs d’optique, assez encombrants et onéreux, plusieurs fabricants de lanternes de projection développent, dès la fin du XIXe siècle, des lanternes à l’avant desquelles il est possible de placer divers accessoires permettant d’effectuer certaines expériences. En 1907, RADIGUET & MASSIOT commercialisent une petite lanterne peu onéreuse parfaitement adaptée à la pratiques d’expériences scientifiques telles qu’elles sont décrites dans un livre intitulé “Les Projections Scientifiques et Amusantes”.

Voir : Lorsque l’enseignement des Sciences devient spectacle, par MASSIOT

 

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Loupes, miroirs et prismes SOLEIL DUBOSCQ

Posté par Patrice Guerin le 13 mai 2014

Duboscq 111  Le coffret comprend plusieurs disques montés sur pivot, pour montrer divers phénomènes d’optique dont un disque de Newton pour la recomposition de la lumière blanche – Collection Frédéric Hoch

La maison SOLEIL – DUBOSCQ – PELLIN est l’une des plus importante fabrique d’instruments d’optique du XIXe siècle.

Voir : La maison d’instruments d’Optique et de Précision SOLEIL – DUBOSCQ – PELLIN

« L’habitude qui a prévalu en France, depuis quelques années, de borner l’activité de chacun à un petit nombre d’objets, de manière à constituer ce qu’on appelle des “spécialités”, a été très utile aux progrès des sciences et de l’industrie de l’optique en particulier. Pour mon compte, j’ai cru ne devoir me charger que de cette partie de la physique qui concerne l’étude de la lumière ; et même, de ce qu’on pourrait appeler “l’optique supérieure”… Aussi j’ose dire que les instruments sortis de mes ateliers sont aussi parfaits que le permettent les meilleurs procédés en usage dans les arts de précision et l’outillage mécanique le plus perfectionné. »

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« On doit à mon habile prédécesseur, SOLEIL père, une innovation qui a rendu de grands services à l’enseignement en général et à celui des sciences en particulier. Je veux parler de l’usage des Projections Lumineuses et de la construction des appareils propres à cet usage. Grâce aux projections, les expériences que pouvaient voir quelques personnes seulement sont aujourd’hui montrées dans les cours à un millier d’auditeurs à la fois, ce qui a permis de donner un enseignement profitable des interférences, de la diffraction et de la polarisation. »

Source : catalogues des appareils d’optique Jules DUBOSCQ 1870 & 1885

Voir : Lanterne de projection DUBOSCQ

Duboscq 113Projection des principaux phénomènes de l’optique à l’aide des appareils de M. DUBOSCQ – Th. Du MONCEL Hachette Editeur Paris – 1855

Dans ce fascicule, Théodose Du MONCEL (1821-1884) apporte des précisions quant aux projections Lumineuses de l’époque. « Les difficultés que présentaient les expériences d’optique avec la lumière tenaient à deux choses : d’abord aux caprices de la lumière solaire qui, le plus souvent, manquait précisément aux moments où il en était besoin et, en second lieu, à la difficulté de faire passer tout un auditoire devant l’oculaire d’une lunette, pour observer le phénomène que l’on démontrait. Monsieur Jules DUBOSCQ, gendre et successeur de M. SOLEIL, est parvenu à suppléer à ces deux inconvénients, en se servant d’abord de la lumière électrique pour remplacer le soleil, et en projetant sur un grand écran, visible pour tous les spectateurs, les divers phénomènes de l’optique. »

Duboscq 114  Duboscq 115  Lentille biconvexe SOLEIL

Cette lentille de 20 cm de diamètre est utilisée pour la démonstration en projection des aberrations de sphéricité et de réfrangibilité. On montre les aberrations de sphéricité au moyen d’un diaphragme percé de trous suivant deux diamètres et les aberrations de réfrangibilité au moyen d’un diaphragme ouvert suivant une bande circulaire près du bord de la lentille.

Duboscq 120  Duboscq 121  Duboscq 122Cette lentille bi-convexe porte le n°525

Le catalogue présente aussi une lentille semblable de 17 cm et de 10 cm. Elle était vendue au prix de 120 frs.

Duboscq 116  Duboscq 117  Lentilles articulées sur pieds télescopiques. Celle de droite est signée “Maison Jules Duboscq Ph. Pellin Paris”

A gauche, lentille bi-concave ayant 95mm de diamètre, pour étudier l’action des milieux à surface courbe sur la lumière. A droite, porte-lentilles démontable d’un diamètre de 60mm. L’ensemble optique est composé d’un verre plan de 6mm d’épaisseur, d’un élément plan transparent rouge foncé de 4mm d’épaisseur et d’un verre plan de 2mm d’épaisseur.

Duboscq 118  Duboscq 119   Prisme à angle variable

Prisme à angle variable permettant de montrer la réfraction à travers les liquides sous différents angles, la dispersion des couleurs et la réflexion totale successive des rayons différemment réfrangibles. Il est composé de deux parois latérales en cuivre, dont l’une est graduée et de deux parois articulées en verre, pouvant prendre différents angles.

Autre accessoire, voir : Polariscope de projection PELLIN

 

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Microscope solaire de CHEVALIER

Posté par Patrice Guerin le 26 juillet 2013

Microscope solaire de CHEVALIER dans Projections scientifiques chevalier-11-300x163  Extrait du catalogue CHEVALIER – 1860

La Maison CHEVALIER est une entreprise familiale d’optique qui se développa à Paris durant plus de 120 ans, de 1760 environ à 1889. Quatre générations se succédèrent à la tète de l’établissement, créant, fabricant et commercialisant des “Instruments de physique et d’optique expérimentale, mais aussi de chimie, d’astronomie, de minéralogie, de chirurgie, etc.”. A l’époque, un autre “CHEVALLIER” exerce aussi le métier d’opticien à Paris.

Voir : Les opticiens CHEVALIER à Paris - Les Opticiens CHEVALIER à Paris

Vers 1760/1765 Louis Vincent CHEVALIER (1734/43 – 1800/04) crée sa Maison d’optique quai de l’Horloge du Palais à Paris (peut-être au N°31). Il a trois fils opticiens : Louis, Nicolas Marie (qui eut une court carrière) et Jacques Louis Vincent (1771-1841). Ce dernier poursuit les activités familiales au N°69 du quai de l’Horloge jusqu’à son décès en 1841. Dès lors l’atelier du 69 quai de l’Horloge est repris par l’ingénieur opticien Pierre Ambroise RICHEBOURG qui avait été apprenti pendant 10 ans chez Vincent CHEVALIER.

chevalier-12-106x150 dans Projections scientifiques  Catalogue CHEVALIER – 1860

Charles CHEVALIER (voir PORTRAITS), est la troisième génération de cette célèbre famille d’opticiens. De 1823 à 1830 il travaille avec son père, Vincent CHEVALIER, puis en 1831 ils se séparent et Charles fonde sa propre Maison au 163 du Palais-Royal – Galerie Valois.

chevalier-19-300x152  Le jardin du Palais-Royal en 1840

C’est là qu’il met au point et commercialise les premiers microscopes « réellement achromatiques et exempts d’abbération », ce qui représente un progrès considerable à l’époque.

Voir : Microscopes solaires de projection

chevalier-14-150x118  chevalier-15-150x92  chevalier-16-150x112  chevalier-17-150x141  Microscope solaire Perfectionné par Charles CHEVALIER Ingénieur Opticien Breveté, Palais Royal 163 à Paris » – Collection A.W. (USA) : cliquer ici

Charles CHEVALIER est le premier constructeur en France du microscope achromatique solaire et du microscope au gaz oxy-hydrogène. Dans son catalogue 1839, on peut lire « Nouveau microscope solaire achromatique de Charles CHEVALIER. Cet appareil ainsi modifié est de beaucoup supérieur à ceux construits jusqu’à ce jour, par la netteté et la claret des images. Ces avantages, combines avec l’énorme grossissement qu’on ne peut obtenir qu’avec un microscope solaire, en font l’un des instruments les plus extraordinbaires de l’optique moderne ».

chevalier-13-300x287  Catalogue Charles CHEVALIER – 1860

La principale particularité du microscope solaire de CHEVALIER est l’ajout d’un microscope devant le système optique. Il est composé d’une (ou plusieurs : 1 à 4) lentille grossissante plan-convexe achromatique à l’arrière du microscope et d’une lentille de gros diamètre à l’avant pour amplifier la taille de l’image projetée sur l’écran. Par la suite d’autres fabricants utilisèrent ce même montage optique.

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Voir : Microscope solaire de SECRETAN

Le fils de Charles CHEVALIER, Arthur (1830-1874), travaille avec lui un certain temps puis assure la direction de la Maison d’optique lors du décès de son père le 8 mai 1859. Il poursuivra l ‘œuvre familiale jusqu’à son propre décès en 1874 puis les ateliers fermeront définitivement en 1889.

Voir : Le Mégascope réfracteur achromatique de CHEVALIER

 

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Plusieurs familles d’opticiens CHEVALIER à Paris

Posté par Patrice Guerin le 21 juillet 2013

Plusieurs familles d'opticiens CHEVALIER à Paris dans Brevets et inventeurs chevalier-01-100x150  Catalogue Charles CHEVALIER – 1839

Vers 1830 Vincent CHEVALIER ainé précise dans un document sur le microscope achromatique que « Trois opticiens du même nom sont sur le même quai. M. CHEVALIER aîné prie de faire attention qu’il a le prénom de “Vincent” et qu’il est au N°69 du quai de l’Horloge* afin qu’il n’y ait pas d’erreur préjudiciable à chacun d’eux ».

Puis en 1839, c’est au tour de Charles CHEVALIER (voir PORTRAITS) de préciser « six personnes du nom de CHEVALIER exercent à Paris la profession d’ingénieur-opticien. Afin d’éviter toute erreur on est prié d’adresser les lettres et paquets à : M. Charles CHEVALIER, ingénieur-opticien, Palais-Royal 163 à Paris ».

VOIR : Les Opticiens CHEVALIER à Paris

chevalier-02-150x82 dans Projections scientifiques  Annonce de 1866 – Document G.V.

Pour sa part, l’ingénieur CHEVALLIER (avec 2 L – Voir PORTRAITS) précise en 1843 « Qu’il me soit permis de faire observer aux personnes qui placent en moi leur confiance, qu’il est impossible de se tromper sur la situation de mon domicile. Depuis 1740 par ma famille, et 1796 par moi, j’occupais la Tour de l’Horloge du Palais, située à l’angle du quai, en face du marché aux Fleurs…»

Chevalier 21 Chevalier 22Frontispice de l’ouvrage “Le Conservateur de la Vue” par Jean Gabriel Augustin CHEVALLIER (1778-1848), ingénieur opticien de sa majesté le Roi de Wesphalie, membre de plusieurs académies – A Paris 1810

« Les travaux du Palais de Justice m’ayant obligé de changer de domicile, mes magasins sont transportés place du Pont-Neuf N°15, à Paris, au coin du quai des Orfèvres, vis-à-vis de la statue de HENRI IV. C’est là seulement où se trouvent les instruments construits dans mes ateliers, attendu que je n’ai aucun dépôt à Paris ni dans les départements ».

chevalier-08-300x197  chevalier-09-100x150  Le thermomètre de l’ingénieur CHEVALLIER, tour de l’Horloge en 1839

Un décret du Président du Conseil, datant du 15 septembre 1848, contre-signé par le ministre de la justice, énonce que son gendre « M. DUCRAY (Alexandre-Victor), opticien né le 30 janvier 1810 et Mme CHEVALLIER (Marie-Louise-Mélanie), son épouse, née le 2 février 1815, demeurant tous deux à Paris, sont autorisés, tant pour eux que pour leurs enfants mineurs, Emile-Gustave et Clémence-Mélanie, à ajouter à leur nom celui de CHEVALLIER et à s’appeler à l’avenir, DUCRAY-CHEVALIER ».

Chevalier 24  chevalier-03-150x127  Catalogue de l’ingénieur CHEVALLIER, opticien du Roi, place du Pont-neuf N°15. Document G.V.

L’ingénieur CHEVALLIER (Pont-Neuf) fabrique principalement des instruments d’optique, de physique, de mathématique, de marine et de minéralogie. Il est spécialisé dans les lunettes pour la lecture, les jumelles de théâtre, de guerre et de marine, les longues-vues astronomiques, les microscopes, les chambres claires, miroirs et stéréoscopes, mais aussi dans les machines électriques et pneumatiques, les thermomètres, baromètres, hygromètres, aéromètres, compas, niveaux, théodolites, cercles, octants, sextants, etc.

chevalier-04-100x150  Catalogue Charles CHEVALIER – 1839

Charles CHEVALIER (Palais Royal) est spécialisé dans les microscopes simples, achromatiques verticaux, horizontaux ou solaires. C’est lui qui construit le premier microscope universel « à juste titre , nommé universel, car il est à la fois horizontal, vertical, simple, composé, incliné, redresseur pour les dissections, renversé pour la chimie, etc… ». Il propose aussi des chambres claires ou obscures, des appareils de polarisation, des horizons artificiels, boussole Burnier, télescope dioptrique, collimateur, lunette micrométrique, goniomètre, appareils de Fantasmagorie, ainsi que des lorgnettes de spectacle, jumelles et autres ainsi que des baromètres, thermomètres, aéromètres, des appareils électro-magnétiques, etc.

Voir : Microscope solaire de CHEVALIER

chevalier-05-104x150  Origine de la Maison Charles CHEVALIER, extrait du catalogue Chevalier – 1860 (Source CNUM)

Dans son catalogue de 1860, Arthur CHEVALIER “fils et successeur de Charles CHEVALIER”, précise que « Cette Maison, la plus ancienne du nom de CHEVALIER, de père en fils dans l’optique, n’a aucun rapport avec celles de différents successeurs et de diverses maisons portant un nom de prononciation semblable », puis il donne l’historique de cette Maison, depuis sa création par Louis-Vincent CHEVALIER en 1760 au quai de l’horloge. Arthur disparaît en 1874 et les ateliers ferment définitivement en 1889.
Cet article est inspiré par une étude de G.V. © 2012

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En 1809, l’Almanach du Commerce à Paris répertorie pas moins de 37 “Opticiens et Lunetiers” dont près de la moitié se trouve Quai de l’Horloge : Chevallier n°1, Duval-Destin n°9, Hazard n°11, Boucher n°13, Tondu (Marie Henri François) n°39, Bodson n°53, Gosset n°55, Kruines n°61, Buron n°65, Chevallier fils n°67, Béguinot n°69, Touzet n°73, Rochette père n°75, Favray n°79, Jardin n°81, Putois et comp. N°81, ainsi que Lerebours n°13 place du Pont Neuf.

chevalier-06b-300x178  * Vers 1830, voici la situation des trois principaux opticiens situés quai de l’Horloge :
1 – L’ingénieur CHEVALLIER à la Tour de l’Horloge du Palais
2 – Vincent CHEVALIER au N°69 quai de l’Horloge
3 – Noël LEREBOURS à l’angle du quai de l’Horloge et de la place du Pont-Neuf

Voir : Microscope solaire de SECRETAN

 

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Microscope solaire de SECRETAN

Posté par Patrice Guerin le 18 juillet 2013

Microscope solaire de SECRETAN dans Projections scientifiques microsolaire-21-150x100  microsolaire-04-300x141 dans Sources lumineuses  microsolaire-03-300x170  Extrait d’une encyclopédie de 1852

SECRETAN (voir PORTRAITS) est un  scientifique Suisse qui arrive à Paris en 1845 pour s’associer avec LEREBOURS (voir PORTRAITS), “Fabricant d’instruments d’Optique, de Physique, d’Astronomie, de Mathématiques et de Marine” au 13 place du Pont Neuf à Paris.

microsolaire-22b-300x204  La Maison d’Optique LEREBOURS est située au N°69 quai de l’Horloge de 1789 à 1793, puis au N°13 place du Pont Neuf. Document G.V.

Cette “Maison d’Optique” a été créée par Noël-Jean LEREBOURS en 1789, au N°69 du quai de l’horloge à Paris, non loin d’un autre grand nom de l’optique, l’ingénieur CHEVALLIER qui s’installe « Tour de l’Horloge du Palais, située à l’angle du quai, en face du marché aux Fleurs », de 1796 à 1843 puis « Les travaux du Palais de Justice m’ayant obligé de changer de domicile, mes magasins sont transportés au N°15 place du Pont-Neuf au coin du quai des Orfèvres » !

Voir : Les opticiens CHEVALIER à Paris

microsolaire-23-111x150  Catalogue de 1850 – CNUM

Dans son catalogue de 1850 on constate que la maison LEREBOURS et SECRETAN s’intéresse à de nombreux sujets, comme les longues-vues et lunettes astronomiques, les jumelles, les microscopes et ses préparations, les chambres claires et chambres pour Daguerréotypes, les appareils pour Fantasmagorie, les appareils caloriques et de galvanoplastie, etc

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« La réputation de M. LEREBOURS est des plus distinguées. Aux Expositions de 1802 et de 1806, il obtint des mentions honorables ; à celle de 1819, le jury lui a décerné une médaille d’or et sa Majesté, en récompenses des utiles et laborieuses recherches de cet habile opticien, l’a décoré de la croix de la Légion d’Honneur… et il obtint à l’Institut les rapports les plus favorables signés d’ARAGO, de DELAMBRE, de BOUVARD, BURCKARD et MATHIEU. »

microsolaire-25-196x300  Document G.V.

De 1845 à 1855 l’entreprise est connue sous le nom de “Lerebours et Secrétan – Place du Pont-Neuf, au coin du quai de l’Horloge” jusqu’à la retraite de LEREBOURS en 1855. Ensuite elle porte le seul nom de “Secretan” et continue ses activités dans l’optique durant près d’un siècle. Après le décès de Marc SECRETAN en 1867 l’entreprise poursuit ses activités, toujours sous le nom de “Secretan” avec son fils Auguste (1833-1874) et son neveu Georges (1837-1906). Ils construisent, entre-autres, le grand télescope de Toulouse puis le grand télescope de l’observatoire de Paris. Plus tard d’autres membres de la famille poursuivent l’activité. Le catalogue SECRETAN de 1915 mentionne l’adresse du 20 boulevard Saint-Jacques à Paris et porte les noms de  “Ch. Epry et Jacquelin, successeurs”.

microsolaire-18a-150x96  microsolaire-18b-150x150Carte postale des années 1920

Dans les années 1920 on voit encore sur la façade de l’immeuble de gauche, le 13 quai du Pont-Neuf, quelques enseignes. La boutique a été scindée en deux, à gauche la boutique d’optique, à droite une boutique médicale. Sur la boutique d’optique, on voit en haut “SECRETAN” (les noms “COSSON” et “ORBY” correspondent probablement à la boutique médicale), puis en dessous “LEREBOURS SECRETAN” et enfin “SECRETAN” avec des indications de fournitures en verticale à gauche dont “Lunettes”.

L’immeuble de droite abritait la boutique “CHEVALLIER” remplacée sur cette vue par une clinique Médico-Chirurgicale.

microsolaire-26-112x150  microsolaire-29-123x150  Ces pages des catalogues “Lerebours et Secretan” de 1846 et 1853 présentent non seulement des microscopes solaires, mais aussi des microscopes à gaz et photo-électrique et même un mégascope solaire.

microsolaire-04-150x70  microsolaire-37-150x106  microsolaire-36-300x141

Dans les années 1850 cette maison d’optique fabrique plusieurs microscopes solaires de projection. Il s’agit d’appareils très particuliers qui se placent généralement sur une fenêtre dont les carreaux ont été obscurcis ou sur un volet.

microsolaire-34-150x104  microsolaire-33-150x134  microsolaire-32-150x97  microsolaire-31-300x155 Collection A.W. (USA) : cliquer ici

Ils sont équipés d’un miroir articulé situé à l’arrière, d’une partie central en métal équipée de lentilles destinées à concentrer la lumière sur la préparation à projeter et d’un microscope à l’avant équipé d’une ou plusieurs lentilles achromatiques permettant d’obtenir un grossissement plus ou moins important sur l’écran.

microsolaire-27-150x109    microsolaire-28-300x146  Collection A.W. (USA)

Les rayons du soleil (S) sont captés par ​​un miroir plan (M) articulé, placé à l’extérieur de la pièce matérialisée par la planche de support. La lumière traverse une première lentille appelée condensateur (L) puis une seconde lentille (O) (fig. 603) afin d’être concentrée sur la préparation microscopique placée entre deux plaques de verre. Celle-ci est maintenue dans une position fixe entre deux plaques de métal (m) serrées l’une contre l’autre à l’aide de ressorts (n). A l’avant se trouve un microscope (L) dont la mise au point se fait avec la molette (D). Une ou plusieurs lentilles achromatiques (x) permettent d’obtenir un grossissement plus ou moins important sur l’écran (ba).

microsolaire-16-300x125La particularité du microscope SECRETAN est d’avoir un miroir fixé et articulé uniquement par son socle

Voir : Microscopes solaires de projection

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Microscopes solaires de projection

Posté par Patrice Guerin le 10 juillet 2013

Microscopes solaires de projection dans Projections scientifiques microsolaire-01-300x115  microsolaire-02-98x150 dans Projections scientifiques  Microscope de l’abbé NOLLET

Un microscope solaire est un appareil de projection de précision, à usage scientifique, utilisant le soleil comme source lumineuse. Il a été imaginé entre 1738 et 1745 par Johann Nathanael LIEBERKÜHN (1711-1756) membre de l’académie royale de Berlin. Il est ensuite étudié, perfectionné et présenté par l’abbé NOLLET (voir PORTRAITS) dans son livre intitulé “Leçons de Physique Expérimentale” datant de 1768 (4e édition). Dans le brevet du Fantascope, ROBERTSON (voir PORTRAITS) précise que « C’est à la lanterne de Kircher, connue généralement sous le nom de lanterne magique, que nous devons le microscope solaire. »

Voir :Leçons de Physique Expérimentale de l’abbé NOLLET - Brevet d’invention du Fantascope

microsolaire-13-300x128  microsolaire-14-300x170  A gauche, microscope solaire italien “Isidoro Gaspare Bazzanti” – 1760 – Collection Museo Galileo cliquer ici. A droite, microscope solaire probablement italien – Début XIXe – Collection Museo Galileo cliquer ici

Fabriqué dès la fin du XVIIIe siècle, le microscope de projection a besoin d’une lumière intense – à l’époque celle du soleil – car son objectif possède une faible ouverture et un court foyer, ce qui nécessite une importante amplification de l’image. Les premiers modèles étaient dérivés du microscope traditionnel auquel on aurait ajouté un miroir pour capter les rayons lumineux. Par la suite, et grâce aux recherches faites par Charles CHEVALIER (voir PORTRAITS), l’appareil est équipé d’un microscope muni de lentilles achromatiques situé à l’avant du système optique. Il est très couteux et difficile à utiliser car le miroir doit être orienté en permanence vers le soleil pour amener ses rayons dans l’axe du système optique. Certains étudièrent des systèmes permettant d’orienter mécaniquement le miroir vers le soleil.

Voir : héliostat (à venir)

microsolaire-05-300x141   microsolaire-06-300x196  microsolaire-17-121x150  A droite, gravure anglaise de 1797

Dans un appareil équipé d’un microscope à l’avant de l’objectif, la lumière est d’abord concentrée par une lentille à long foyer (L.L’) sur une plus petite lentille (A) à court foyer, qui réunit tous les rayons sur la préparation (B.B’) tenue entre les plaques de la platine (D.D’) serrées elles-mêmes l’une contre l’autre par des ressorts à boudin (C.C’). En avant se trouve l’objectif du microscope dont on a retiré l’oculaire. Il coulisse sur une colonne carrée à l’aide d’un pignon (K). Le faisceau traverse ensuite un diaphragme (H) qui ne laisse passer que les rayons centraux.

microsolaire-12-150x101  microsolaire-11-150x83Objectif de microscope de projection avec 3 lentilles plan-convexe achromatiques

« Dans les microscopes anciens, l’image projetée est toujours sillonnée des couleurs du spectre, surtout près de ses contours et près des parties les plus opaques. Messieurs Vincent & Charles CHEVALIER sont parvenus à éviter cet inconvénient en utilisant des lentilles achromatiques d’un assez court foyer. Pour obtenir de forts grossissements on peut employer deux ou trois de ces lentilles. »  Source : Elémens de physique expérimentale par M. POUILLET chez BECHET Jeune à Paris – 1832

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On trouvait chez certains fabricants un appareil à miroir articulé sur lequel on pouvait monter l’objectif et le microscope de son choix. « Pour employer ce microscope, il faut d’abord rendre la pièce complètement obscure, ce que l’on obtient facilement au moyen de volets bien joints. Puis l’on pratique dans l’un d’eux une ouverture circulaire pour insérer le miroir du microscope qui se trouve ainsi à l’extérieur et l’on fixe à l’intérieur du volet la plaque de support en cuivre avec de fortes vis. Quant à la situation de la fenêtre, elle doit être telle que les rayons solaires puissent y arriver sans obstacle durant un certain temps ».

microsolaire-15-106x150  En bas de cette gravure : à gauche microscope “électrique” Duboscq, à droite microscope solaire. Nuvoa Enciclopedia – 1866

Pour palier à la difficulté de réglage du miroir et à l’absence fréquente de soleil, le microscope solaire sera progressivement remplacé par le microscope à gaz ou électrique, dès lors que l’on aura une source lumineuse suffisamment puissante pour “remplacer” le soleil.

Voir : Lanterne de projection DUBOSCQMicroscope de projection FLATTERS et GARNETT

microsolaire-09-300x166  microsolaire-10-150x107  microsolaire-08-300x160A droite microscope solaire Duboscq – Collection G.V.

Les principaux fabricants furent S‘Gravesende, Gambey, Silbermann, Foucault, Derogy, etc. Pour plus de précisions sur certains appareils, voir ci-dessous :
Microscope solaire de BERTSCH
Microscope solaire de CHEVALIER
Microscope solaire de SECRETAN

Pour en savoir plus sur les microscopes : cliquer ici.

 

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Le KROMSKOPE commercialisé par Clément & Gilmer

Posté par Patrice Guerin le 22 mai 2013

Le KROMSKOPE commercialisé par Clément & Gilmer dans Images projetees kromskop-21-300x106

En France, le Kromskop de IVES (voir PORTRAITS) est commercialisé par Clément & Gilmer avec un nom francisé : Kromskope. L’entreprise précise à ses revendeurs que « c’est par la publicité seulement qu’on parvient à vendre les articles spéciaux de ce genre qui atteignent un certain prix. » Le prix du Kromskope, avec “écran dépoli et 4 Kromogrammes renfermé dans une boîte à crochets et poignées” est de 200 fr.

Voir :  Visionneuse stéréo PHOTOCHROMOSCOPE ou KROMSKOP de IVES

kromskop-22-113x150 dans Projections scientifiques  kromskop-23-114x150  kromskop-24-114x150  Collection E.L.

La notice publiée par Clément & Gilmer donne un certain nombre de précisions concernant l’appareil.

Tout d’abord, elle insiste sur la comparaison avec le phonographe et le cinématographe : « Le cylindre du phonographe doit être placé dans un phonographe avant qu’on puisse lui faire reproduire les sons enregistrés. La bande ou film du Cinématographe doit passer dans le cinématographe pour reproduire le mouvement du sujet et le Kromogramme doit être placé dans le Kromscope pour reproduire à nos yeux l’objet photographié avec ses couleurs naturelles. »

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Ensuite elle indique que cet appareil d’optique « est un merveilleux instrument qui a sa place dans les salons, auprès de ceux que l’art occupe et passionne ; c’est en même temps une démonstration vivante et l’enseignement précieux d’une des plus belles et des plus mystérieuses lois de la nature (la couleur). » Il peut être vendu avec un coffret de transport ou avec un meuble plus important permettant à la fois de ranger le Kromskope et les Kromogrammes.

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Les vues utilisées dans cet appareil, appelées Kromogrammes, peuvent être achetée prêtes à être visionnées, comme l’indique le répertoire ci-dessus, ou peuvent être prises par les “amateurs photographes” auxquels « nous pourrons offrir sous peu, à un prix très modéré, le matériel photographique nécessaire pour établir eux-mêmes des Kromogrammes de tous sujets, portraits, paysages, objets d’art, etc. »

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Enfin la notice précise comment utiliser le Kromskope « Placer le Kromskope près d’une fenêtre de façon que la lumière du ciel tombe directement dessus… Si le ciel est inégal ou que des obstacles extérieurs soient inévitables, on égalisera l’éclairage à l’aide d’un verre dépoli monté sur un cadre métallique qu’on posera sur l’appareil à l’aide de deux goupilles inférieures qu’on engagera simplement dans les fentes pratiquées en haut du miroir. »

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Lorsque l’on emploie le Kromskope le soir ou dans une pièce trop sombre il est possible d’utiliser un accessoire appelé Lampe-Kromskope qui permet d’obtenir un excellent éclairage très uniforme. Celle-ci est garnie de verres dépolis et de miroirs réflecteurs et contient un bec de gaz incandescent de type Auer. Cette Lampe-Kromskope avec support de bec Auer est vendue 55 fr.

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Visionneuse stéréo PHOTOCHROMOSCOPE ou KROMSKOP de IVES

Posté par Patrice Guerin le 17 mai 2013

Les recherches de l’américain Frédéric Eugène IVES (voir PORTRAITS), dont celles appliquées à la réalisations d’appareils trichromes, joua un rôle déterminant dans l’histoire de la photographie en couleurs.

Voir : La projection de photographies en couleurs, procédé TRICHROME

Visionneuse stéréo PHOTOCHROMOSCOPE ou KROMSKOP de IVES dans Images projetees kromskop-01-150x95  kromskop-02-150x95 dans Projections scientifiques  kromskop-03-150x95  Collection G.V.

Le 18 décembre 1894, F.E. IVES dépose un brevet aux Etats-Unis  pour un “Photochromoscope and Photochromoscope Camera”, suivi et complété, le 6 août 1895 par un brevet anglais. Ces brevets font suite à une première série de brevets déposés en 1890 et 1892 aux USA et en Grande-Bretagne décrivant le principe de la photographie trichrome et des Chromograms.

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Frederic IVES  présente ainsi son invention « Le Kromskop est un instrument optique qui accomplit pour la lumière et la couleur ce que le phonographe accomplit pour le son et la Kinetoscope pour le cinéma. »

kromskop-05-300x209  La Nature 1895 – Collection G.V.

Le Kromskop est la première visionneuse stéréoscopique couleur pour vues photographiques en couleurs réellement efficace. Il se compose d’une boîte en forme d’escalier (2), portant sur la face avant deux oculaires. Elle repose sur un socle articulé qui permet d’orienter convenablement la visionneuse (3) par rapport à la lumière et à l’observateur. A l’arrière, un miroir M inclinable permet d’envoyer la lumière dans la fenêtre verticale V. Si nécessaire, un verre dépoli D peut se placer sur le dessus pour adoucir la lumière et la rendre plus uniforme. En effet, s’il y a trop de lumière sur l’une des trois vues, cela crée une couleur dominante qui modifie la coloration globale.

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Le Chromogram est une bande articulée composée de trois positifs noir et blanc montés dans des caches en cartons reliés entre-eux par des bandes de tissus. En visualisant chaque plaque à travers un filtre de couleur appropriée, puis en les fusionnant, on obtient une photographie avec ses couleurs d’origine. Pour cela, il suffit d’introduire la première vue dans les rainures verticales disposées à l’arrière de l’appareil et de laisser les autres plaques reposer à leur place respective pour observer l’image en couleurs.

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Sur la partie arrière du Kromskop, se trouve un verre de couleur verte. Sur la partie supérieure de la boîte, sont situés un verre bleu au centre et un verre rouge sur la partie haute de l’appareil. A l’intérieur de la boîte, entre les oculaires et le verre situé directement en face, se trouvent deux glaces inclinées à 45°. Elles sont transparents, l’une à l’avant est colorée en bleu (cyan), l’autre à l’arrière est colorée en vert.

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Lorsque l’on se place à l’avant de l’appareil, l’œil voit directement la première image au travers d’un filtre vert puis des miroirs sans teint vert et cyan ; il voit superposée la seconde image à travers le filtre bleu et réfléchie par le miroir vert ; et enfin il voit aussi la troisième image à travers le filtre rouge et réfléchie par le miroir cyan ; le tout se mélangeant pour donner une image aux couleurs parfaitement équilibrées. Les principaux problèmes consistent d’une part à superposer parfaitement les trois images pour obtenir une photographie couleur satisfaisante et d’autre part à disposer d’une source de lumière suffisamment puissance pour compenser la densité des filtres colorés.

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« Cet appareil trouve sa place dans les familles aussi bien que dans les laboratoires de physique, car, à côté de l’intérêt d’observer des images en couleurs, il permet de démontrer facilement le principe exposé par M. DUCOS DU HAURON quelques années auparavant. » Toutefois, le Kromskop et ses Chromograms mettent “trop de technologie” entre le spectateur et l’objet. IVES reconnaît d’ailleurs que «ce n’est pas le genre de photographies couleurs que le monde recherche… car elle ne génère pas d’images en couleur fixes qui peuvent être encadrées et accrochées sur le mur.»

En France, le Kromskop est commercialisé par la société Clément & Gilmer.
Voir : Le KROMSKOPE commercialisé par Clément & Gilmer

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Il existe une version monoculaire de cette visionneuse dénommée “Junior Kromskop”, construite sur le même principe que ce Kromskop.

kromskop-16-150x132Collection E.L.

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Lanterne de projection DUBOSCQ

Posté par Patrice Guerin le 26 août 2012

Lanterne de projection DUBOSCQ dans Lanternes projection Duboscq-51-76x150  Duboscq-52-65x150 dans Projections scientifiques  Duboscq-53-79x150  Duboscq-54-78x150Collection G.V.

En 1850, « la lanterne en cuivre à 4 colonnes et le régulateur électrique » sont présentés par ARAGO à l’Académie des Science. Jules DUBOSCQ (voir PORTRAITS) fabrique cette grosse lanterne de projection ainsi que le régulateur à arc mis au point par monsieur FOUCAULT (voir PORTRAITS) en 1849. Ils obtiennent la grande médaille du Conseil à l’Exposition De Londres en 1851.

Voir : Régulateur à arc électrique FOUCAULT DUBOSCQ - Les débuts de l’Arc Voltaïque

 

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« La lanterne photogénique de monsieur DUBOSCQ se compose d’une espèce de boîte de cuivre bronzé, qui enveloppe la partie supérieure du régulateur. Pour prendre moins de place, la colonne de ce dernier appareil est enfermée dans une espèce de cheminée qui termine la boîte, et le pied se trouve au-dessous, entre les quatre colonnes qui supportent la lanterne ».

Duboscq-56-150x100 Collection G.V.

« Pour que cette boîte ferme hermétiquement, de petits volets mus par des crémaillères viennent fermer le dessus et le dessous de la boîte en même temps qu’on en ferme la porte, de sorte que les coupures faites à l’instrument, pour qu’on puisse y introduire le régulateur, se trouvent bouchées. L’intérieur de cette lanterne est muni d’un miroir réflecteur et de deux tiges plongeantes sur lesquelles peuvent s’adapter deux autres miroirs pour renvoyer la lumière dans les lentilles d’un appareil particulier que l’on adapte à la lanterne pour certaines expériences, et que l’on appelle “polyorama” ».

Duboscq-57-150x58 Equipement à 2 miroirs et 2 objectifs pour polyorama

Voir : Le Polyorama de DUBOSCQ

« Enfin sur le côté de la lanterne se trouve un petit œil de bœuf muni d’un verre violet par lequel on examine la marche de la lumière électrique. Afin de régler facilement la position du point lumineux qui, dans certaines expériences délicates, a besoin d’être déterminée d’une manière tout à fait rigoureuse, le régulateur se trouve posé sur un socle qui, au moyen de deux vis de rappel, peut être déplacé dans deux directions rectangulaires comme le miroir des porte-lumières ». Source : L’éclairage électrique par le comte Théodore Du MONCEL – Librairie Hachette et Cie Paris 1880

Duboscq-58-150x102  Duboscq-59-150x105  Duboscq-63-150x131

Cette lanterne est principalement destinée à des usages scientifiques. Pour cela elle peut être équipée de différents objectifs, microscope de projections, primes, polarisateurs et autres accessoires permettant d’effectuer de nombreuses expériences lumineuses telles que celles de BARTON, de GRIMALDI, d’ARAGO, du docteur GUERARD, etc.

Duboscq-61-150x86Polariscope de projection – Collection P.T. (GB)

Voir : Polariscope de projection PELLIN

« Les expériences de projection peuvent être faites à toute distance ; seulement, elles perdent de leur éclat et de leur netteté quand les distances ne sont pas en rapport avec l’intensité lumineuse : 5 mètres représentent ordinairement la distance la plus convenable pour la lumière d’une pile de cinquante éléments ».

Duboscq-60-150x105 Cône de projection

Cet accessoire se fixe à la place de l’objectif pour projeter des épreuves photographiques transparentes. Le cône contient un système de lentilles achromatiques. « Cette lanterne, si puissante qu’elle soit, ne peut cependant pas remplacer le microscope solaire, si utile pour la projection d’objets très petits. Mais si l’on prend d’abord une photographie déjà agrandie des objets microscopiques, et si l’on projette de nouveau ces photographies à l’aide du cône de projection, on obtient sur l’écran des images semblables à celles que donnerait directement le microscope solaire ».

Duboscq-62-150x126  Microscope de projection – Collection G.V.  scientifique01.vignette

Parmi les nombreuses expériences effectuées avec cette lanterne, l’une des plus marquantes est la projection de dépêches microscopiques à l’aide d’un microscope, durant le siège de Paris.

Voir : Le siège de Paris en 1870Introduction aux projections scientifiques

Pendant près de 50 ans, la lanterne Duboscq et ses nombreux accessoires destinés à la projection scientifique, va se retrouver dans de très nombreuses grandes écoles et facultés, comme en témoigne cette vue représentant le grand amphithéâtre de l’Institut d’Agronomie à Paris.

Duboscq-64-150x89  Duboscq-65-150x95  A côté de la lanterne Duboscq, on voit une seconde lanterne, peut-être une Molteni et de nombreux accessoires posés sur la table dont un spectroscope à 3 lunettes.

Voir : La lanterne magique dans les cabinets de physique

En consultant différents catalogues de la maison DUBOSCQ PELLIN, ainsi que certaines revues du XIXe siècle dont “La Nature”, on constate que cette fameuse “lanterne photogénique” fabriquée n’est pas le seul projecteur portant la signature DUBOSCQ PELLIN.

Voir : Autres lanternes de projection DUBOSCQ PELLIN

 

 

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