Posté par Patrice Guerin le 20 mars 2011
En 1866 Ernst PLANK fonde la “Fabrik Optischer und Mechanischer Waren”. C’est l’un des premiers constructeurs de moteurs à vapeur en réduction, qu’il commercialise sous forme de petites machines individuelles ou à l’intérieur de locomotives ou de bateaux.

La “Fabrik” est aussi connue comme étant un important constructeur de lanternes magiques en Allemagne. Progressivement, il devient même le deuxième plus grand fabricant de lanternes magiques à Nuremberg après BING. Cette ville est un centre important de production et d’exportation de jouets en métal dans la dernière partie du XIXe siècle et jusqu’à la Première Guerre mondiale.
Ces lanternes sont généralement identifiables par les lettres “EP”. Celles-ci sont surmontées d’une roue avec deux ailes. Ce logo a été conservé durant des décennies avec de légères modifications dans le dessin des ailes.

Comme beaucoup de jouets fabriqués en Allemagne au cours de cette période, le nom du produit qui figure sur la boîte ou dans la notice apparaît souvent dans trois ou quatre langues, car il est destiné à être vendu à travers l’Europe. Dans les années 1900 l’entreprise fabriquait environ 150 000 lanternes chaque année. Chaque modèle portait un nom tel que : Acme, Atlas, Climax, Evening Star, Globus, Gloria, Helios, Prophet, Skioptikon, Solid, Standard, Triumph, etc.
Voir : La lanterne magique GLORIA de Ernst PLANK - Accessoires pour projections familiales
Ces lanternes ont été directement vendues par Ernst PLANK, mais aussi par des détaillants bien connus à Nuremberg. C’est pourquoi on trouve dans leurs catalogues des publicités pour des lanternes sur lesquelles on peut voir le sigle EP.
Collection F.B.
La société Ernst PLANK dépendant beaucoup des exportations, elle rencontre de gros problèmes financiers lors de la crise économique mondiale de 1929. À partir de 1930, la diminution très importante des échanges internationaux est dramatique pour l’Allemagne qui est un grand pays exportateur de machines et d’objets. Au début de 1933, l’Allemagne compte six millions de chômeurs complets auxquels s’ajoutent huit millions de chômeurs partiels. Elle est achetée en 1935 par les frères Hans et Fritz SCHALLER de Nuremberg.
Voir : Projecteurs Noris
Catalogue à consulter : CLIQUER ICI
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Posté par Patrice Guerin le 18 mars 2011
Le Lampascope est une lanterne magique sans éclairage fixe qui se pose sur une lampe à huile ou à pétrole, exactement comme un globe de cristal.
Voir : Les progrès de la lampe à huile à la fin du XVIIIe siècle

Pour ajuster le foyer lumineux avec l’axe optique on peut ajouter quelques rondelles en carton pour rehausser le lampascope. Ce système d’éclairage permet d’obtenir une lumière beaucoup plus puissante qu’avec les lanternes magiques ordinaires équipées de petites lampes peu lumineuses.
Voir ci-dessous et : Lanternes magiques jouet

De plus, la projection avec un lampascope ne nécessite aucun préparatif puisqu’il se pose directement sur les lampes à pétrole de tous modèles et de toutes formes utilisées par les familles pour s’éclairer quotidiennement. Il faut savoir que dans les années 1850-80 il n’y avait aucun réseau électrique et la seule possibilité pour avoir de l’électricité consistait à disposer de piles encombrantes et onéreuses.

Dans un numéro du “Journal Amusant” datant de 1862 (image ci-dessus à gauche) on peut lire cette annonce : « L’inventeur s’est engagé à adresser un Lampascope avec douze verres à toute personne abonnée au “Journal Amusant” qui enverra un bon de poste de 15 francs au lieu de 20 francs dans le commerce. L’appareil et les verres seront envoyés bien emballés, dans une caisse en bois et l’expédition sera faite port affranchi ».
Dans le même style d’appareil, le Lampadorama permet de projeter des vues opaques (cartes postales entre autres). Il possède souvent deux emplacements pour lampes à pétrole afin d’obtenir un éclairage plus puissant nécessaire à l’absorption de la lumière par le document opaque.
Voir : Mégascope LEFEVRE ou Lampadorama
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Posté par Patrice Guerin le 28 janvier 2011
En 1923, Pathé, qui s’implante depuis quelques années auprès des particuliers avec le fameux Pathé-Baby, lance un nouveau produit, le Pathéorama.

Il s’agit d’une visionneuse pour films fixes 35mm qui peut s’adapter sur des petites lanternes de projection afin de former une sorte de lanterne magique des temps modernes. Le but est principalement de pouvoir commercialiser un catalogue de films et d’actualités très riche (350 titres environ) provenant du département cinéma, donc déjà amorti et fabriqué à moindre coût. D’ailleurs les prix de vente confirment bien cet objectif commercial, en 1926 la visionneuse Pathéorama est vendue 14fr.80 pour le modèle laqué noir et 24fr.80 pour le modèle en matière moulé et le film de 2 à 4 frs, quant à la lanterne Cocorico, elle ne valait que 96 francs !

Les visionneuses Pathéorama
Le premier modèle de visionneuse est en carton bouilli laqué noir, avec un objectif constitué d’une lentille convexe servant de loupe pour visionner le film à la lumière du jour « qui en augmente les dimensions et le relief ». Une porte latérale permet d’introduire le film que l’on déroule ensuite à l’aide d’une grosse molette placée sur le côté opposé à la porte. Au dos de cette porte se trouvent les instructions pour charger le film.

Sur ces pages, on voit que le modèle 1924 est laqué noir (mais aussi bleu, tango ou vert) tandis que celui de 1927 est en matière moulée. Par la suite ces visionneuses seront en tôle emboutie et même entièrement en bakélite pour la dernière visionneuse produite après la seconde Guerre Mondiale.
Les lanternes Cocorico
Afin de permettre la projection familiale, Pathé commercialise une petite lanterne fonctionnant à l’électricité, à l’avant de laquelle se place la visionneuse (ci-dessus à gauche Cocorico n°3). Le système est très simple et permet d’accroître l’usage du Pathéorama à toute la famille, car elle « amène la joie dans les familles en amusant les petits, en intéressant les grands et en instruisant tout le monde ». Il existe différents modèles de lanterne de projection, construite en tôle. Elle est composé d’un socle, d’une boîte à lumière surmontée d’une petite cheminée et d’un emplacement permettant de placer la visionneuse à l’avant duquel se trouve un objectif de moindre qualité qui coulisse dans un tube métallique afin de faire la mise au point.
Voir : La lanterne Pathé Cocorico n°6
Les Films
Contenu dans des petites boîtes carrées de couleur rose, chaque film mesure un mètre environ et contient entre 35 et 40 vues. Il est constitué par du film 35mm ininflammable dont une des deux rangées de perforations a été supprimé pour le rendre moins large. Ces films existaient en noir, en sépia, coloré (peints à la main) ou en bleu.
Voir : Les débuts du Filmstrip ou Films en bande 35mm
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Posté par Patrice Guerin le 27 décembre 2010

Lorsque la lanterne magique devint populaire à partir du milieu du XIXe siècle et fabriquée industriellement, elle entra dans de nombreuses familles au détriment des montreurs de lanterne magique.
Voir : Montreurs de lanterne magique - Une séance de lanterne magique chez les Grandpierre – La lanterne magique ou le spectacle amusant

Des petits manuels furent édités pour donner des conseils et révéler les “trucs, astuces et secrets des grands projectionnistes”. Dans l’un de ces documents on peut lire les recommandations suivantes :
« D’un écran blanc te muniras
et d’une lampe mêmement.
L’obscurité demanderas,
Il te la faut absolument.
Devant l’écran te placeras,
Ou derrière indifféremment.
Le pétrole tu emploieras,
Ou l’oxhydrique plus brillant.
Lors la lumière allumeras,
La réglant minutieusement.
Cela faisant tu connaîtras,
Le juste point exactement.
Tes vues alors tu passeras,
Tête en bas sans manquement.
Tes sujets accompagneras,
D’un court texte les expliquant.
De ton public tu recevras,
De justes applaudissements.
Puis le lendemain tu feras,
Comme la veille absolument. »
Voir : Petit spectacle de lanterne magique

Dans les décennies qui suivront et tout au long du XXe siècle, on trouvera de petits projecteurs économiques destinés aux enfants.
Voir : Le COMICSCOPE et les B.D. américaines des années 40
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Posté par Patrice Guerin le 19 décembre 2010

Une lanterne magique est un instrument d’optique qui permet de projeter une image agrandie sur une surface (ou écran) plus ou moins éloignée.

Elle se compose de trois éléments principaux :
A – une source de lumière contenue dans une boîte opaque (camera obscura) souvent munie d’une cheminée ;
B – un objectif équipé de une ou plusieurs lentilles de verre permettant de focaliser, d’agrandir et de projeter l’image sur un écran blanc ;
C – des vues transparentes peintes sur verre qui se placent entre la source lumineuse et l’objectif.
Depuis plus de trois siècles, il existe différentes descriptions de la lanterne magique mais on l’a rarement vue et les quelques exemplaires figurant dans les musées ont servi à des expérimentations scientifiques ou à des spectacles fantastiques.

On peut considérer que la lanterne magique s’est surtout développée durant la deuxième moitié du XIXe siècle, en France (Lapierre, Aubert) et en Allemagne (Planck, Bing, Carette). Il s’agissait d’un jouet amusant pour les enfants et certaines grandes personnes, mais peu efficace car possédant une source lumineuse trop faible (bougie ou lampe à pétrole). Elle faisait partie des incontournables cadeaux de Noël vendues dans de luxueux petits coffrets “tout équipé”.
VOIR : Lanterne magique cylindrique Aubert
Collection F.B.
Il existait deux grandes familles de lanternes magiques. Les lanternes “simples“ à l’intérieur desquelles se trouvait un système d’éclairage rudimentaire (bougie, lampe à huile ou mini lampe à pétrole) et les Lampascopes qui ne comportaient pas de source lumineuse, car ils se plaçaient comme un globe sur les lampes à pétrole ou à huile de type courant.


A la fin du XIXe siècle la naissance du cinéma offrit un regain d’intérêt pour ces petites lanternes magiques tombées en désuétude au profit de lanternes de projection plus puissantes, destinées à d’autres usages.
Voir : Lanternes de projection et d’agrandissement – La lanterne magique ou le spectacle amusant - Les projecteurs publicitaires en carton des années 50
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Posté par Patrice Guerin le 19 décembre 2010
Beaucoup de lanternes magiques du XIXe siècle étaient fabriquées selon différents modèles et différentes tailles par modèle.

Cette lanterne, dite “classique” est la plus courante et possède de très nombreuses versions et dimensions.
Extrait du catalogue Deloye 1895
Voir : Lanterne magique vernie noir - Les progrès de la lampe à huile à la fin du XVIIIe siècle
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Posté par Patrice Guerin le 16 novembre 2010

Le procédé des ombres blanches consiste à projeter de la lumière à travers un carton découpé, ce qui dessine la silhouette d’une forme ou d’un personnage en blanc (ou jaune sur le dessin ci-dessus) tandis que le fond reste noir (ce qui est l’inverse des ombres chinoises).
Ce procédé était très en vogue au XIXe siècle et, dans les salons, on rivalisait de dextérité pour découper de véritables chef-d’œuvres.
Voir : Ombres chinoises et silhouettes
On peut aussi composer des images multiples comme le montre ce chromo. « On prend deux feuilles de carton ou mieux encore une seule de grandeur double que l’on plie au milieu. Dans ce carton on coupe à la même hauteur deux ouvertures de formes différentes par lesquelles on laisse passer les rayons de la lumière de deux bougies posées derrière ; sur la muraille apparaît alors une figure de forme nouvelle ».
Lorsque la projection est faites avec plusieurs bougies que l ‘on déplaçe derrière la découpe d’un diable ou d’un monstre, on parle de « danse des sorciers ».
Pour plus d’informations cliquer ici
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Posté par Patrice Guerin le 15 novembre 2010
« Qu’elles sont délicieuses les réunions dans lesquelles l’enfance, la jeunesse et l’âge mûr prennent, par différents motifs, un intérêt égal aux scènes, même comiques, si vivement projetées sur l’écran. Quel doux spectacle que celui d’enfants si agréablement transportés par les changements rapides de forme et de couleur, par ces poses grotesques, et dont les éclats de rire, naïvement contagieux, trouvent dans la jeunesse et la vieillesse des échos spontanément sympathiques. »
“L’art des projections”, par l’abbé MOIGNO 1872 (voir PORTRAITS).

NB L’avant-dernière vue figure sur un coffret de lanterne magique. Dans le dernier chromo, l’image projetée se voit en transparence à travers le carton.
Voir : La lanterne magique ou le spectacle amusant
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